topblog Ivoire blogs

29/12/2013

Les saints innocents

La fête des saints Innocents nous ramène à la question de Dieu face à la souffrance et au mal. Pourquoi Dieu n’intervient-il pas pour sauver ces enfants innocents ? Pourquoi laisse-t-il les soldats d’Hérode les assassiner ? Douloureuses interrogations… Comment effectivement ne pas rendre Dieu responsable, même indirectement, de ce massacre ! Comment ne pas voir en lui un Dieu injuste quand il permet à son Fils d’être sauvé alors qu’il ne fait rien pour ces enfants de Bethléem ! Attention à ne pas trop vite nous faire le juge de quelqu’un qui nous dépasse infiniment par ce qu’il est et par ce qu’il réalise. De plus, poser la question du mal à Dieu comme Créateur et Seigneur du monde, nous le savons bien, conduit à de multiples frustrations et à des conflits dans notre rapport avec Dieu voire même peut nous amener à la négation pure et simple de Dieu. Le mal et la souffrance obscurcissent l’image de Dieu et ce parfois de façon radicale, lorsqu’on est confronté au drame quotidien de tant de souffrances sans qu’il y ait eu faute, et de tant de fautes sans peines adéquates en retour. C’est ici qu’il est important de situer l’épisode du massacre des enfants de Bethléem sur l’horizon de la finalité de l’Incarnation du Fils de Dieu. Si celui-ci se trouve épargné grâce à l’intervention de Joseph inspiré par l’ange, c’est pour que ne soit pas mis en échec le salut de Dieu et que tous nous puissions être sauvés. Jésus est ici « sauvé » en vu de l’Heure de sa Passion où lui aussi traversera la mort pour la vaincre par le surcroît d’amour et de miséricorde dont il viendra l’habiter. A travers sa propre souffrance, accompagnant le don de sa vie par amour pour nous, le Fils unique nous sauvera. Tel est l’amour de Dieu envers l’homme, l’amour envers le « monde » : c’est l’amour sauveur. C’est d’ailleurs dans cet amour que ces enfants sont sauvés de façon anticipative. La mort des enfants innocents de l’évangile nous rappelle que le salut est lié étroitement au problème de la souffrance parce que sauver signifie libérer du mal. Parce qu’ils sont innocents, leur mort ne peut être qu’unie au sacrifice d’amour de Jésus sur la croix, lui l’Innocent, qui fait de toutes les morts innocentes des offrandes parfaites de charité consumées dans le feu de son Amour divin. C’est en ce sens que ces enfants sont de véritables martyrs. Comment ne pas penser à tous ces enfants innocents qui aujourd’hui encore souffrent ou meurent injustement, victimes d’avortements, de violences physiques ou morales… L’Ennemi semble pouvoir tuer et détruire à son gré. Mais il ne sait pas que la mort où il envoie ses victimes est déjà resplendissante de la Vie de celui qui l’a traversée pour en triompher par sa Résurrection. Lui qui est la Résurrection et la Vie accueille chacun de ces petits à qui il s’est uni par son sacrifice d’amour dans sa paix et dans sa gloire. Mieux que de rendre Dieu responsable de tous les maux du monde, il serait plus fécond de revenir à notre propre responsabilité de rendre manifeste avec l’aide de la grâce divine le triomphe de la Vie et de l’Amour divin au cœur de la culture de mort et de haine véhiculée par notre monde. Dans son encyclique Evangelium Vitae, Jean-Paul II exhortait : « Il est urgent de se livrer à une mobilisation des consciences pour mettre en œuvre une grande stratégie pour le service de la vie. Nous devons construire tous ensemble une nouvelle culture de vie. » « Seigneur, puisqu’en ce jour les saints Innocents ont annoncé ta gloire, non point par la parole, mais par leur seule mort, fais que toute notre existence témoigne de ce que notre bouche proclame : la foi dans le triomphe de ta résurrection et de ta vie. » Homelie.fr

11:48 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

25/12/2013

"Le Verbe s'est fait chair"

Aux récits de la Nativité fait suite dans la liturgie « du jour » le prologue de l’évangile selon saint Jean. L’événement a été raconté : un Enfant nous est né. Les anges l’ont proclamé : Il est le Sauveur, le Fils du Très-Haut. Saint Jean réfléchit sur la portée de l’événement, son sens pour l’Histoire, pour chaque homme. Prenons trois simples dimensions de ce passage si riche et dense 1. Recommencer. « Au commencement était le Verbe » (v 1) : c’est le premier verset de l’évangile selon saint Jean. La venue sur la terre du Fils de Dieu est un nouveau commencement. Après l’Incarnation, rien ne sera plus comme avant. Le Royaume des cieux sur terre est inauguré, la semence est plantée, elle va grandir jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ce que tout soit récapitulé par Lui dans le Père. Noël est le jour de l’espérance ! Le Pape François le redisait dans un récent Angélus (15 décembre 2013) : la joie fait partie de la vie chrétienne ! Car, avec Jésus, il est toujours possible de recommencer. Jésus est le commencement et recommencement de toutes les choses. 2. Accueillir. « à toux ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, ceux qui croient en son nom... » (v 12). Jésus est chez lui dans l’univers tout entier : au Ciel qui est sa demeure, dans la Création car « par lui tout a été fait ». Il ne demande pas la permission aux animaux et aux plantes pour régner sur eux. Mais pour habiter dans le cœur humain, il veut être accueilli librement. La créature humaine accueille librement l’avènement du Fils de Dieu en son cœur par la foi en son Nom. La vie publique de Jésus le confirmera : c’est là où ses interlocuteurs ont la foi qu’il accomplit des miracles 3. Contempler. « Le Verbe (...) a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire » (v 14). Ce que l’on fait le plus souvent devant un nouveau-né est tout simplement d’admirer sa simplicité, son calme, la gratuité de sa vie. C’est peut-être pour cela, finalement, que Jésus a voulu venir comme un simple nouveau-né. La première attitude vis-à-vis de lui, avant de l’écouter, d’analyser ses gestes, de s’émerveiller devant ses miracles, c’est tout simplement de l’admirer, de le contempler. C’est cela sa gloire, la grandeur de sa petitesse. Dialogue avec le Christ Seigneur, en ce jour je renouvelle ma foi en toi. Tu es venu dans le monde, pour moi, je veux t’accueillir comme mon Sauveur. Je voudrais te contempler. Tu es ma joie. Résolution Prendre un moment aujourd’hui pour contempler Jésus dans la crèche. Catholique. org

19:24 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

08/12/2013

"Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint"

La nouvelle logique de la foi est centrée sur le Christ. La foi dans le Christ nous sauve parce que c’est en lui que la vie s’ouvre radicalement à un Amour qui nous précède et nous transforme de l’intérieur, qui agit en nous et avec nous… Le Christ est descendu sur la terre et il est ressuscité des morts ; par son incarnation et sa résurrection, le Fils de Dieu a embrassé toute la marche de l’homme et demeure dans nos cœurs par l’Esprit Saint. La foi sait que Dieu s’est fait tout proche de nous, que le Christ est un grand don qui nous a été fait, don qui nous transforme intérieurement, nous habite, et ainsi nous donne la lumière qui éclaire l’origine et la fin de la vie, tout l’espace de la marche de l’homme.

Nous pouvons ainsi comprendre la nouveauté à laquelle la foi nous conduit. Le croyant est transformé par l’Amour, auquel il s’est ouvert dans la foi, et dans son ouverture à cet Amour qui lui est offert, son existence se dilate au-delà de lui-même. Saint Paul peut affirmer : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi », et exhorter : « Que le Christ habite en vos cœurs par la foi » (Ga 2,20; Ep 3,17). Dans la foi, le moi du croyant grandit pour être habité par un Autre, pour vivre dans un Autre, et ainsi sa vie s’élargit dans l’Amour. Là se situe l’action propre de l’Esprit Saint. Le chrétien peut avoir les yeux de Jésus, ses sentiments, sa disposition filiale, parce qu’il est rendu participant à son Amour, qui est l’Esprit. C’est dans cet Amour que se reçoit en quelque sorte la vision propre de Jésus. Hors de cette conformation dans l’Amour, hors de la présence de l’Esprit qui le répand dans nos cœurs, il est impossible de confesser Jésus comme Seigneur (cf Rm 5,5; 1Co 12,3).

Pape François 

 

10:33 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

05/11/2013

"Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu !"

« Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » : on aurait aimé entendre les propos de Jésus sur le Royaume qui arrachent ce cri d’émerveillement à un de ses auditeurs !
Pourtant la réponse du Seigneur résonne comme une sérieuse mise en garde, car cet interlocuteur juif – tout comme l’auditeur chrétien que je suis - fait partie des premiers invités à ce « grand dîner ». Il ne suffit pas de s’émerveiller devant les conditions du repas messianique ; il faut surtout veiller à ne pas repousser l’invitation lorsqu’elle se présente.
Nous espérons tous jouir un jour du bonheur du ciel, mais… après avoir fait le tour des joies terrestres, et épuisé toutes les possibilités que nous offre notre humanité ! Les occupations présentées comme excuses pour ne pas avoir à répondre à l’invitation, n’ont rien d’extravagant ou de peccamineux : il s’agit d’activités normales de la vie. Pourtant, la parabole dénonce qu’elles peuvent constituer un dangereux obstacle à la participation au Royaume. 
Les invités n’ont pas été surpris à l’improviste : ils avaient été avertis, et lorsque selon la coutume le serviteur vient leur signifier le début des festivités, il auraient dû accourir sans tarder. La désinvolture avec laquelle ils repoussent l’invitation qui leur est faite, est une forme subtile de mépris envers celui qui leur fait l’honneur de les convier. 
On comprend la colère de cet homme, qui ne décommande pas pour autant son repas : puisque les invités étaient indignes, d’autres profiteront de ce qui leur était destiné. Non seulement « les pauvres, estropiés, aveugles et boiteux » - bref : les déshérités de la vie, les exclus de la convivialité sociale - sont « invités », mais ils sont « amenés » par le serviteur jusqu’à la salle des fêtes. On imagine sans peine que ceux qui n’ont rien à perdre, se font moins prier et répondent avec bien plus d’empressement à cette invitation inespérée !
Profitant de l’effet de surprise de ce dénouement inattendu, Jésus interprète lui-même la parabole en s’identifiant à un des personnages : « Je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner ». C’est donc lui le Maître de maison qui convoque en vain les invités de la première heure - entendons Israël. Mais l’endurcissement du peuple de la première Alliance, qui n’a pas voulu reconnaître le temps où Dieu le visitait, son refus obstiné d’entrer dans le Royaume promis, va en ouvrir les portes à tous les exclus, c'est-à-dire à tous les païens qui se convertiront à l’Evangile.
Cette parabole vaut pour les Juifs du temps de Jésus, mais aussi pour nous chrétiens d’aujourd’hui. Qui d’entre nous n’a pas un jour ou l’autre refusé une sollicitation de l’Esprit sous prétexte que nous étions trop occupés, trahissant ainsi que nous nous sommes bel et bien appropriés les activités que le Seigneur nous a confiées ? La première invitation nous est parvenue, et nous y avons répondu le jour de notre baptême ; mais nous tenons-nous prêts à chaque instant pour la convocation définitive ? Sommes-nous disposer à tout quitter pour répondre à l’appel du Seigneur quand il viendra ?
« Attends le Seigneur Israël, nous exhorte le Psalmiste maintenant et à jamais ». Et il nous indique le chemin pour garder notre cœur dans cette attitude de paisible vigilance : « Je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins ni merveilles qui me dépassent. Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère ». L’humilité ne consiste pas à prétendre que nous ne sommes bons à rien ; mais plutôt à accomplir ce que le Seigneur attend de nous dans la reconnaissance pour la confiance qu’il nous témoigne, et dans la simplicité d’un cœur tout tourné vers lui et prêt à lui répondre au moindre appel. « Vers toi j’ai les yeux levés, vers toi qui es au ciel. Comme les yeux de la servante vers la main de sa maîtresse, nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu, attendent sa pitié » (Ps 123[122]).

« Seigneur, de quoi nous rassasierons-nous au repas dans ton Royaume, sinon de la l’Esprit de charité que tu nous donneras en surabondance ? Apprends-nous à vivre dès à présent dans la communion fraternelle, plus soucieux du bien commun que du nôtre ; alors nous ne serons ni surpris, ni dérangés par ton appel, qui ne fera que confirmer l’orientation que nous aurons donnée à notre vie, sous la conduite de ta grâce. Plutôt que de “contrister l’Esprit” (cf. Ep 4, 30), accorde-nous de “le laisser jaillir” (cf. Rm 12, 11) pour ton service et celui de nos frères. »
 
Père Joseph-Marie - Famille de Saint Joseph

00:05 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

03/11/2013

Zachée

Zachée est sans doute un des personnages les plus connus et aussi les plus sympathiques des évangiles. Pourtant on ne peut pas dire que ce soit un homme très fréquentable – du moins au départ de son itinéraire. Il est non seulement collecteur, mais « chef des collecteurs d’impôts » c’est-à-dire l’intermédiaire entre les receveurs de taxes et l’administration romaine. Ce poste était fort envié, car il permettait de brasser pas mal d’argent ; mais celui qui l’occupait était ipso facto exclu de la société civile et religieuse juive, en tant que collaborateur direct de l’occupant. 
Saint Luc nous apprend qu’il « était de petite taille » : était-ce pour compenser un complexe d’infériorité qu’il avait consenti à ce métier peu honorable, mais qui lui donnait un pouvoir exorbitant sur son entourage ? Était-ce pour se venger des quolibets qu’il avait dû endurer durant son enfance ? Quoi qu’il en soit, sa petite taille lui joue à nouveau un mauvais tour puisqu’elle l’empêche de voir la route où Jésus va passer. On imagine sans peine les rires sarcastiques et revanchards de la foule qui, à la vue du petit homme, se ressert encore davantage pour l’empêcher de se glisser au premier rang. 
« Il courut en avant et il grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là » : c’est probablement la détermination et l’astuce de Zachée, associées à l’absence de respect humain, qui le rendent sympathique malgré tous les antécédents qui plaident contre lui. La scène a quelque chose à la fois de cocasse et de bon enfant : un homme adulte, perché maladroitement sur un arbre et cherchant à se cacher dans les frondaisons qui s’étendent au-dessus de la route. La foule l’a bien sûr remarqué et ne manque pas de se moquer bruyamment de lui, trop heureuse de voir s’exposer au ridicule celui qu’elle redoute en d’autres circonstances.
La surprise vient de la réaction de Jésus, qui va faire basculer le récit. Loin de se joindre aux sarcasmes et aux mépris de la foule, Notre-Seigneur s’arrête et pose sur Zachée un regard amusé certes, mais bienveillant. Jésus « lève les yeux » comme pour cueillir un fruit mûr et ouvre le dialogue avec lui : « “Zachée descends vite” : tu veux t’élever, te grandir aux yeux de tous pour compenser ta petite taille mais ce n’est pas ainsi que tu pourras me rencontrer. Le Dieu que tu as trahi et que pourtant tu cherches dans ton cœur, n’est pas dans les hauteurs : “devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même” (Ph 2, 7-8), il est descendu jusqu’à toi, il se tient même en dessous de toi pour ne pas t’humilier comme le font tes concitoyens ; et il vient jusqu’à toi pour mendier ton hospitalité : “aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi” ». 
« Il faut que » : étonnante nécessité, à laquelle fera écho cet autre parole de Jésus Ressuscité aux disciples d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Messie souffrit tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24, 26) Cette halte du Seigneur dans la maison de Zachée, juste avant sa Passion, résume tout son ministère : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Notre-Seigneur n’a pas dit « celui qui était perdu », mais « ce qui était perdu ». Qu’avait donc perdu Zachée, sinon la grâce, dont le péché l’a privé ? « Il fallait » que le Fils de l’homme descende dans notre humanité, pour nous rendre la vie filiale que nous avions perdue par nos fautes. 
Surpris de voir le Maître « lever le regard » vers lui, Zachée esquisse un geste de recul, cherchant à s’enfoncer plus profondément dans la frondaison. Mais lorsque Jésus lui intime de descendre pour l’accueillir, il n’ose en croire ses oreilles ; cependant l’ordre du Maître s’impose à lui, et fou de joie il descend à toute vitesse de son perchoir pour rejoindre Jésus et l’introduire dans sa maison. 
Jamais dans tout son récit, saint Luc ne précise que les pharisiens reçoivent Jésus à leur table « avec joie ». Or dans le troisième évangile - appelé encore « l’évangile de la joie » - celle-ci trahit toujours la présence de l’Esprit Saint. Pensons en particulier à l’atmosphère de joie et même d’allégresse spirituelle, qui préside à la rencontre de Marie et d’Élisabeth dans l’épisode de la visitation (Lc 1, 39-56). Serait-ce donc que l’Esprit habite davantage le cœur du pécheur Zachée que celui des chefs religieux, ces hommes réputés « justes » en raison de leur stricte observance de la loi ? Ce n’est certes pas le péché qui a attiré l’Esprit Saint dans le cœur de Zachée ; mais force nous est de constater que ce ne sont pas davantage les œuvres des pharisiens qui les sanctifient. 
La joie résulte du repos de l’âme dans un bien aimé et ardemment désiré. Telle est la joie de Zachée, qui s’est laissé toucher par les propos de Jésus dont il a entendu les enseignements à l’abri des regards indiscrets. Il s’est pris à aimer ce rabbi dont les paroles de miséricorde ont transpercé son cœur. Aussi brûlait-il secrètement du désir de le voir. Lorsqu’en s’invitant chez lui, Jésus vient au devant de ce désir, Zachée ouvre son cœur à la grâce, et l’Esprit manifeste immédiatement sa présence, non seulement par la joie qui l’envahit, mais aussi en le libérant de son avarice et en lui donnant accès à la liberté du don. 
Telles ne sont pas les dispositions intérieures des pharisiens, plus préoccupés de saisir le moindre motif de critique, voire de condamnation dans les propos et les agissements de ce rabbi qui leur fait de l’ombre. Loin de brûler d’amour pour Jésus, c’est plutôt la flamme de la haine qui embrase leur cœur. Devant l’enthousiasme des foules, leur aversion ne fait que croître, et leur tristesse morbide se transforme en rage meurtrière. Comment pourraient-ils « recevoir Jésus avec joie » ? 
Le secret de Zachée, c’est d’avoir su distinguer clairement sa malice objective, dont il avait bien conscience, et la bienveillance - bien plus objective encore - de Jésus, dont il s’est perçu aimé, non pas malgré ses fautes, mais à cause de son péché. Se convertir ne signifie pas changer de vie de manière volontariste, mais se laisser trouver par Jésus, qui désire être l’hôte de nos cœurs. Ce n’est que dans la mesure où nous accueillons « le salut dans notre maison », que le Seigneur « par sa puissance, nous donnera d’accomplir tout le bien que nous désirons, et qu’il rendra active notre foi ». 

« Seigneur, tu poses ce même regard de tendresse à chaque instant sur chacun de nous ; un regard porteur du même message d’espérance. “Tu fermes les yeux sur nos péchés pour que nous nous convertissions et que nous puissions croire vraiment en toi” (1ère lect.). Tu ne désires rien d’autre que de nous voir participer à ta gloire, en nous donnant part à ta vie dans l’Esprit (cf. 2nd lect.). Ce n’est pas nous qui te cherchons, mais c’est toi qui vient au-devant de nous en mendiant notre hospitalité. Aujourd’hui, moi aussi, comme Zachée, je veux te recevoir avec joie, toi qui es venu pour me combler de la grâce que j’avais perdue et que je peux enfin retrouver en toi. »
 
Père Joseph-Marie - Famille de Saint Joseph

13:50 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

02/11/2013

"Le mauvais riche et le pauvre Lazare"

Luc 16.19/31

Certains supposent que ce texte n’est pas une parabole mais un récit authentique. Il est évidemment impossible de trancher d’une manière absolue, et chacun peut adopter l’hypothèse qui lui convient. En tout cas, le simple fait que la question soit posée, met en évidence le réalisme du récit.

Comme chaque fois, il fait naître en nous des images, que nous diviserons en tableaux. Nous pouvons les placer dans le cadre qui nous convient.

Le premier va se situer dans une luxueuse villa. Nous pouvons y placer des scènes de festins ! Y ajouter des musiques que nous aimons, des costumes de soirées, cela à notre goût. Nous pouvons encore y faire évoluer toute une compagnie légère et insouciante peut être aussi un peu avinée !

Deuxième tableau : rendons-nous dehors, devant la maison, nous pouvons y apercevoir, non loin de la belle porte, un mendiant qui gît à même le sol, en compagnie d’un chien ou de plusieurs, tout comme les SDF de nos villes.

L’air est chargé d’odeurs festives, nos oreilles perçoivent des échos de la musique, compagne fidèle de toutes les fêtes.

C’est ce contraste douloureux entre la misère et le luxe que Jésus veut mettre en évidence, il veut par ce moyen, provoquer et même contraindre à la réflexion et préparer le tableau suivant.

Troisième tableau : C’est un enterrement. Le défunt n’a pas d’ami, pas de tombeau, pas de discours. Peut être ses chiens suivent-ils de loin ? Les hommes se débarrassent en silence d’un problème nommé Lazare, il n’est plus gênant, il sera vite oublié…

Pour cette occasion, tout comme autrefois Elisée ouvrit les yeux de son serviteur 1, Jésus ouvre les notre pour que nous puissions un instant voir l’invisible. Des anges sont là qui, nous dit le maître, conduisent l’âme du mendiant dans ce lieu que Jésus appelle le « sein d’Abraham ».

Rien ne nous interdit de croire que son arrivée en une telle compagnie fut fêtée comme il se doit ! Lazare était connu, il a un nom, un nom qui signifie : Dieu mon aide…

Nom prophétique, s’il en est !

Quatrième tableau : C’est le tour du riche d’être conduit au cimetière, cet homme n’a pas de nom. Pour des générations de lecteurs de la Bible, il est resté « le mauvais riche », et pour Dieu il en est de même, son nom n’est écrit nulle part. Nous le savons bien, devant la mort tous les hommes sont égaux, avec ou sans nom elle nous guette, sans faire la moindre préférence. Mais, où les choses varies, c’est sur l’habillage qu’on lui donne.

L’enterrement fut somptueux. Discours, fleurs, mines attristées, un très bel enterrement en somme, une dernière fête, un dernier hommage, avant de se partager à partager l’héritage ! Il y a là tout le monde. Les notables, les anciens combattants, le maire et même le préfet, les autorités civiles et religieuses, croyants et mécréants, tous sont là ! Hommage lui est rendu par de beaux et longs discours… Mais… pas d’anges, pas le plus petit ange, rien ! Jésus ne nous montre rien, c’est normal, là, il n’y a rien à recevoir.

Cinquième tableau : L’instant d’après, nous voilà pour un instant transportés dans le séjour des morts. Spectateurs et auditeurs silencieux, nous voyons et entendons des choses étranges ! Heureusement, le Seigneur nous tient par la main, seuls nous aurions très peur.

L’ex-riche sans nom, est là. Il scrute un horizon lointain, met la main sur ses yeux, pour préciser sa vision, et ce qu’il voit l’émeut au plus haut point. Il aperçoit Lazare « son SDF », il le reconnait bien ! Il l’a si souvent croisé en sortant de chez lui, même de temps à autre, grand seigneur, il lui jetait quelques monnaies… Lazare est « dans le sein d’Abraham » il est heureux serein, apaisé, il a visiblement tout ce que lui, l’ex-riche n’a pas, n’a jamais eu. Qu’il n’a jamais pu avoir et qu’il n’aura certainement plus jamais !

Nous sommes invités à écouter un dialogue surréaliste entre le ciel et l’enfer, le patriarche et le déchu ! Celui-ci, pour qui la prière n’a jamais été que dominicale 3, fait une tentative. Il interpelle Abraham ! Sa voix est forte, vibrante de sincérité, peut être même, y a-t-il une larme dans cet appel d’outre tombe !

Quel est donc le sujet de cette requête ? Abraham devrait, selon notre pauvre riche, envoyer Lazare pour qu’il se mette à son service et lui rafraîchisse la langue ! Cela de toute urgence ! La repentance n’est pas en ce lieu de tourment. Même là, cet homme se croit encore supérieur, et a l’outrecuidance de requérir les services, gratuits de « son » ex EDF ! On croit rêver… N’avons-nous pas là, une sorte de définition de ce que sera l’enfer ? Un lieu ou des hommes, incapables de la moindre repentance, seront rassemblés, et ou ils mettront en commun leurs haines, leurs vanités, leur orgueil etc…

Le patriarche ainsi interpellé, explique : Non ! La chose est impossible. Elle ne dépend pas de lui. Même si Lazare le souhaitait, il ne pourrait pas le faire, un abîme est entre eux ! D'ailleurs, lui, le riche, devait comprendre : il a eu la récompense de son choix : les plaisirs sur la terre. Il les a tous eu, sauf un : Celui de partager avec Lazare ! Maintenant c’est au tour de Lazare d’être heureux… La justice est satisfaite. De toutes manières, un abîme les sépare, rien de moins. Un abîme qui a été creusé sur la terre à coup de fêtes, d’insouciances, d’indifférences, d’impiétés. Cet abîme c’est lui, le riche-pauvre, qui l’a empêché de voir la misère et le dénuement complet de son voisin !

Cela est vrai aussi pour tous les autres « riches-pauvres » qui vivent insouciants… cet avertissement sans frais est adressé à tous les hommes : Attention vous creusez votre propre abîme !

Ne pouvant plus penser efficacement à lui, notre homme, un peu tardivement il est vrai, se met à penser aux autres ! Ô pas à tous les autres ! Non à ses cinq frères ! Petit cercle de famille, anciens compagnons de réjouissances ! Nous pouvons aussi voir en eux des frères en religion, en philosophie, en politique, en sport…que sais-je encore ? Lazare, toujours lui, devrait revenir sur la terre pour expliquer à ses frères, ses cinq frères, pas plus, quelle a été son erreur et leur décrire la conséquence dramatique !

Ses cinq frères suffisent à son inquiétude. Et les autres ? En fait, il ne les a jamais connus, pas même vus, ils étaient transparents, comme Lazare ! Pourquoi existeraient-ils maintenant, En enfer, nous l’avons dit, point de repentance, point de changements, l’homme est figé, telle la femme de Lot, changée en statue de sel à jamais stérile !

Le dialogue s’arrête là, le rideau tombe, et nous laisse seul avec nous même et nos réflexions ! Jésus, laisse ses auditeurs juifs face au père qu’ils revendiquent si haut et si fort ! Nous avons, disent-ils haut et fort, Abraham pour père ! Quand à nous, Jésus nous laisse face à sa parole, il nous suggère de bien réfléchir au fait que notre vie est unique, qu’il n’y a pas de nouvelle chance. Il est, lui notre seule chance.

Ce riche est en réalité pauvre, ces richesses ont été rongées pas la teigne et la rouille ! De quoi sommes-nous riches ?

Lazare était un pauvre riche ! Riche de sa confiance en Dieu. Cette confiance, c’est son nom ! Dieu soit mon aide ! Ce qui caractérise cet homme, ce qui lui confère une identité connue dans le monde entier, c’est cette confiance en Dieu qui aurait fait ricaner les riches s’il avait pu en témoigner. Il a perdu sa vie ? Non, il semait pour l’éternité, le riche aussi, mais pas la même semence ! Et nous, quelle semence jetons-nous dans le champ de notre vie ?

Ce qu’un homme sème, il le moissonne !

Daniel QUINTIN

http://www.eglisesencevennes.com/multimedia/articles/lazare.html

11:27 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

26/10/2013

"Dieu nous invite à nous convertir"

1. Pilate venait de mettre à mort des Galiléens qui avaient pris des armes contre l’occupation romaine. Dix-huit personnes sont mortes dans la chute de la tour de Siloé. Ces événements tragiques avaient bien évidement marqué les esprits et beaucoup de gens se demandaient si ce n’était pas une punition de la part de Dieu pour les péchés de ces victimes. Nous pensons souvent à la conversion du cœur de notre prochain. Nous voudrions qu’ils changent leur façon d’être, de penser, de vivre. Nous passons vite au jugement. Même si nous avons objectivement raison, le Seigneur nous fait comprendre que l’appel à la conversion est pour tous et que nous ne devons pas oublier que nous sommes, nous-même, les premiers concernés. Changer l’autre est souvent au-delà de nos possibilités mais changer soi-même est toujours à notre portée avec l’aide de la grâce de Dieu. Il y a des choses dans l’autres que je n’arriverai peut être jamais à changer. Demandons au Seigneur le courage et la sérénité de l’accepter et la confiance pour remettre la conversion de notre prochain entre ses mains. Demandons lui aussi de changer notre cœur. En tournant notre cœur d’avantage vers le Seigneur nous donnerons peut être envie aux autres à faire de même dans leur vie.

2. Dans la parabole du figuier stérile, le Seigneur nous invite à la patience et à la persévérance dans nos efforts pour convertir notre cœur. Nous pouvons souvent nous décourager en constatant le peu de fruit ou de progrès dans notre cheminement de foi. Nous sommes parfois comme ce maître de la vigne qui a envie de tout couper. Cette attitude ne vient pas du Seigneur mais de notre orgueil blessé, d’une lassitude malsaine, ou même du démon qui souhaite mettre fin à notre cheminement dans la foi. L’attitude de Jésus envers nous est comme celui du vigneron. Il pose sur nous un regard plein de miséricorde, d’espérance et de confiance. La conversion du cœur est une œuvre qui s’étend sur toute une vie. Le Seigneur est toujours prêt à renouveler son pardon dans notre vie et à nous donner sa grâce pour nous permettre un nouveau départ. Est-ce que je donne l’occasion au Seigneur de mettre le doux parfum de son pardon et de sa miséricorde en participant régulièrement au sacrement de la Réconciliation ? Est-ce que je nourris mon âme de sa Parole et de sa présence dans la prière et l’Eucharistie ? Comme nous dit St Paul dans sa lettre, « Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force. » (Phil 4, 13)

Dialogue avec le Christ
Seigneur Jésus me voici humble et petit devant toi. Tu m’appelles à la conversion du cœur. Faite que mon cœur soit chaque jour d’avantage à toi et fidèle à ta volonté. Viens changer en moi tout ce qui m’éloigne de ton amour et de mon prochain. Si mon cœur se laisse emporter par la lassitude, l’impatience ou le découragement viens rallumer en mon âme le feu de ton espérance. Marie, Mère de l’Espérance, toi qui n’a jamais abandonné la foi en ton Fils en dépit des difficultés et cela jusqu'au pied de la Croix, prie pour moi, pauvres pécheurs. Remplis mon cœur de ton espérance.

Résolution
En ce mois dédié à Notre Dame du Rosaire je prierai à ma Mère du Ciel un chapelet pour la conversion de mon cœur et des âmes qui me sont confiées

Catholique.org

12:03 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

19/10/2013

"S’en remettre au Christ"

1. La vie chrétienne n’est pas une pratique artificielle de commandements ou de normes. Elle est une vie nouvelle qui nous est donnée, symbolisée par un vêtement blanc : vie de foi, d’amour, d’espérance. Celui qui est profondément identifié avec le Christ et avec l’Évangile se trouvera bien à l’aise avec sa foi, y compris dans les désagréments de persécutions sournoises ou explicites.
Il n’est pas rare que, dans une civilisation qui se veut enracinée dans la philosophie des lumières, comme hélas le prétendent les dirigeants actuels du monde occidental, la « laïcité », réservée à l’Etat, s’impose à toute la société. La pluralité garantie par la liberté religieuse se transforme alors en uniformité de pensée, où la religion, et en particulier le christianisme, devient un obstacle et un tabou : impossible d’en parler au travail, à l’école... Laïcité totalitaire, à caractère religieux. Celui qui croit vraiment au Christ n’a pas honte de sa foi. Qu’il n’hésite pas à porter une croix, à tenir un évangile à proximité, à prendre discrètement des moments de prière.

2. Lorsqu’on s’en remet au Christ pour établir les bases de sa vie, l’orienter, fonder ses convictions et ses comportements, le Christ fait transcender la vie, de l’état naturel à l’état surnaturel, et nous fait répondre - bien plus, il répond pour nous - devant Dieu notre créateur. Quel meilleur avocat, quel meilleur intercesseur que le Roi de Miséricorde, le Fils de Dieu, Jésus notre sauveur.
Par contre, celui qui a peur des hommes, se montre sujet du dieu qu’incarnerait la Société, alors que cette divinité n’est qu’un produit de l’abstraction humaine : les superstitions de la « volonté générale » ou de « ce qui est en vogue » n’ont rien de personnel et de valorisant. Ces concepts sont le commun dénominateur collectif, distillé par tout ce qu’il y a d’individuel et d’existentiel : voilà le péché contre l’Esprit Saint de notre époque « des lumières ». Dieu ne nous traite pas en collectif, comme on traite des vaches en étable. Il nous est un Père, par Jésus notre Sauveur, dans l’Esprit qui nous unit en son Église.

3. L’évangile, médité et souffert, devient non seulement un vêtement « blanc » extérieur, mais une nouvelle « peau », une façon d’être et de penser. C’est l’esprit qui souffle et qui parle en nous : voilà ce que le Christ nous appelle à croire et à vivre. La foi nous rend justes, nous dit saint Paul dans sa lettre aux Romains (cf. Romains 4, 16-18), car la foi n’est pas uniquement une connaissance qui informe notre intelligence, mais une lumière, un feu qui conforme notre pratique.
Comment passer de la connaissance (« le christianisme dit que » au même titre que le bouddhisme dit autre chose) à la conviction de foi ? Comment Jésus, Fils de Dieu, devient il réellement mon Sauveur ? La véritable foi est un don de l’Esprit Saint, qui est à demander et à cultiver.

Dialogue avec le Christ
« Seigneur donne-nous ton Esprit, pour bâtir ton royaume » ; Fils de l'homme et Fils de Dieu, intercède pour nous auprès du Père. Conduis-moi par ton Esprit vers le Père. Je veux rendre témoignage de toi autour de moi ; éclaire-moi, afin que ce soit toi qui parles par ma présence et que ma parole, ou mon comportement, ne soit pas un obstacle.

Résolution
Rayonner de sérénité et d'enthousiasme d'une vie fondée sur la foi.

Catholique.org

14:28 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

18/09/2013

"Etre des instruments au service de la construction du Royaume de Dieu"

Soyons francs : « Quels sales gamins ! ». Mais cette exclamation fait également sourire car nous avons tous fait partie, d’une façon ou d’une autre, d’une de ces bandes qui traînent sur la place du village après l’heure de l’école, qui s’interpellent et qui rivalisent. Quel village en effet n’est pas symboliquement coupé en deux : « le-Haut » et « le-Bas » ? Ligne d’identification plus que de démarcation. Chaque bande trône impérialement sur un des bancs de la place et cherche à organiser l’espace de jeu. En vain. Quand ceux « d’en-Haut » sortent les flûtes et appellent à la danse, ceux « d’en-Bas » boudent l’invitation. A leur tour, ceux « d’en-Bas » prennent l’initiative et entonnent des chants de deuil, mais ils ne trouvent personne pour jouer aux funérailles. Et de s’accuser mutuellement d’un manque honteux de coopération, d’un refus obstiné de reconnaître ses erreurs, d’un orgueil empêchant d’accepter comme bons les jeux organisés par l’autre banc. Au final, personne ne joue. « Ils sont assis » nous dit Jésus, leur vie spirituelle est à l’arrêt.

Ainsi Jésus voit-il ses contemporains. Plus préoccupés d’eux-mêmes que du bien commun, ils se chamaillent et invoquent une litanie de bonnes raisons pour ne pas suivre Jean-Baptiste qui ne peut être qu’un possédé puisqu’il vit comme un ascète au milieu d’un peuple profitant de l’abondance de ses richesses. Ils pontifient encore sur les raisons de ne pas écouter Jésus, un glouton et un ivrogne, puisqu’il s’attable chez les pécheurs, bien loin de l’attitude religieusement correcte.

Du haut de notre XXIème siècle, l’anecdote ferait sourire si la situation avait évoluée. Mais l’homme n’a pas changé. Nous n’avons pas changé. Notre monde continue d’ergoter, de ressasser ses bons motifs de s’entêter loin des chemins de la raison, de justifier ses égarements en jetant des accusations et des excuses par delà la place du village. 

Cette situation ne peut cependant pas être source de découragement : dire que l’homme n’a pas changé, est aussi dire que les conditions sont les mêmes qu’au temps des Apôtres. C’est donc dire également que ce refus obstiné n’est pas un empêchement à vivre l’Évangile. Car nous n’enseignons pas une philosophie ou une théorie quelconque, nous annonçons Jésus ressuscité ! Nous ne cherchons pas à clore les débats ni à faire taire les esprits raisonneurs, nous proclamons la venue du Royaume. Nous n’essayons de convaincre personne, nous disons que nous avons fait un choix pour la personne de Jésus. Nous avons choisi de mettre Jésus au centre de notre vie, et cela change tout, cela fait notre joie. Cela empêche que nous restions assis sur les bancs convenus des disputes rituelles. On peut nous accuser d’être des mauvais joueurs, des empêcheurs de tourner en rond, notre propos n’est ni dans un raisonnement ni dans une querelle, il est dans le dialogue d’amour que nous voulons entretenir avec notre Seigneur, par toute notre vie et quoi que cela nous coûte. Une chose est de chercher à répondre aux questions de notre temps, une autre est de se laisser entraîner dans la spirale verbeuse de l’esprit du monde.

Ainsi, au-delà de tout ce vacarme infantile, le témoignage de vie des chrétiens rejoint les pauvres, les petits, les publicains, ceux qui n’attendent pas leur salut d’un savoir mais d’un sauveur. Voilà l’essentiel, dont Jésus se réjouit.

Seigneur Jésus, fais que nous ne soyons plus prisonniers de nos jeux. Les tenant pour une réalité de la plus haute importance, nous passerions à côté de l’essentiel. Garde-nous de vouloir t’attirer sur nos cours de récréation quand tu nous attends sur les chemins de l’enfance spirituelle. Des gamins effrontés que nous sommes, tu veux faire des enfants épanouis qui savent reconnaître la sagesse quand elle se manifeste et qui ne craignent pas de la proclamer quand ils l’ont rencontrée. En ce jour, fais en nous ce que tu dis. Empare-toi de nous, habite chacune de nos paroles, illumine de ton Esprit chacun de nos actes, pour que nous soyons de dociles instruments au service de la construction de ton Royaume. Par notre élan, que nos contemporains découvrent la joie de te suivre et se lèvent. Que par toute notre vie, nous aidions à ce que « la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de tous ses enfants ».
 
Frère Dominique - Famille de Saint Joseph

08:51 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

17/09/2013

"Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi"

Nous trouvons dans l’Évangile trois morts ressuscités visiblement par le Seigneur, mais des milliers invisiblement… La fille du chef de la synagogue (Marc 5,22s), le fils de la veuve de Naïm et Lazare (Jean 11)…sont le symbole des trois sortes de pécheurs que le Christ ressuscite aujourd’hui encore. La jeune fille était encore dans la maison de son père…; le fils de la veuve de Naïm n’était plus dans la maison de sa mère, mais pas encore dans le tombeau…; Lazare était enseveli…

Il y a donc des gens dont le péché reste dans le cœur, mais qui ne l’ont pas commis en acte… Ils ont consenti au péché, le mort est à l’intérieur de l’âme, il n’est pas encore transporté au-dehors. Or, il arrive souvent…que des hommes fassent cette expérience en eux-mêmes : après avoir entendu la parole de Dieu, le Seigneur semble leur dire : « Lève-toi. » Ils condamnent le consentement qu’ils ont donné au mal, et ils reprennent souffle pour vivre dans le salut et la justice… D'autres, après le consentement, vont jusqu'à l’acte ; ils transportent le mort qui était caché dans le secret de leur demeure et l’exposent devant tous. Faut-il désespérer d’eux ? Le Sauveur n’a-t-il pas dit à ce jeune homme : « Je te l’ordonne, lève-toi » ? Ne l’a-t-il pas rendu à sa mère ? Il en est ainsi de celui qui a agi de la sorte : s’il est touché et remué par la parole de vérité, il ressuscite à la voix du Christ, il est rendu à la vie. Il a pu faire un pas de plus dans la voie du péché, mais il n’a pas pu périr pour toujours. 

Quant à ceux qui s’enchaînent dans des habitudes mauvaises au point de leur ôter même la vue du mal qu’ils commettent, ils entreprennent de défendre leurs actes mauvais, ils s’irritent quand on les leur reproche… Ceux-là, écrasés sous le poids de l’habitude du péché, sont comme ensevelis dans le tombeau… Cette pierre placée sur le sépulcre, c’est la force tyrannique de l’habitude qui accable l’âme et ne lui permet ni de se lever ni de respirer…

Écoutons donc, frères très chers, et faisons en sorte que ceux qui vivent, vivent, et que ceux qui sont morts, revivent… Que tous ces morts fassent pénitence… Que ceux qui vivent, conservent cette vie, et que ceux qui sont morts se hâtent de ressusciter.

Saint Augustin (354-430), évêque et docteur de l'Église - L'Evangile au quotidien

09:38 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |