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29/05/2015

« Ayez foi en Dieu ! »

1. Ce passage se situe dans la dernière section de l’Évangile de Marc, c’est-à-dire que nous sommes proches des jours de la Passion, mort et Résurrection de Jésus. Ces jours si saints sont toujours qualifiés par un nom propre en grec, le « kairos », qu’on peut traduire comme « le temps », non pas au sens chronologique, mais au sens du « temps du salut ». C’est cette même expression que Marc emploie ici pour rappeler que « la saison ou le temps » des figues n’était pas encore là. Oui, le temps du salut n’est pas encore arrivé. En cette saison, ce n’est pas le figuier, symbole de paix et de prospérité en Israël, qui va donner du fruit. Jésus lui enjoint même de ne plus le faire. Au temple, Jésus a vu comment les vendeurs et les changeurs ont fait de la maison de son Père un repaire de bandits. Le temple, signe de la présence de Dieu ne donne plus de fruit. On n’y rencontre plus Dieu. Saine colère que celle de Jésus qui empêchera le va-et-vient des marchands dans le temple pour stopper leur commerce. Les hommes ont échangé la foi en la présence de Dieu au temple contre une course à l’argent. Ils ont préféré mettre leur confiance en des biens palpables, mais périssables, plutôt qu’en Dieu.

2. Le lendemain, voilà que le figuier est desséché jusqu’aux racines. Oui, car la parole de Jésus, comme celle de son Père, est efficace. Ce que Dieu dit, cela se réalise. La Parole de Dieu est avant tout créatrice. Qu’est-ce que Jésus est en train de créer ? Israël n’a pas donné le fruit espéré. Il faut donc attendre un autre fruit que des figues. Ce fruit, ce sera Jésus lui-même, que les femmes fidèles et le disciple Jean cueilleront sur l’arbre de la croix. Le jour où Jésus donne son sang sur la croix, c’est le temps du salut, c’est la création nouvelle. Désormais réconciliés avec Dieu, désormais re-créés en Jésus, nous n’avons plus besoin d’aller offrir des sacrifices au temple. Le temple a passé.

3. Surpris de voir le figuier de la veille desséché jusqu’aux racines, Pierre interpelle Jésus. Ce dernier lui répond : « Ayez foi en Dieu ! » Oui, car tout ce que Dieu a dit, il le fait. Le salut est sur le point d’être réalisé, la mort de Jésus est imminente. Pierre ne voit rien encore et ne se doute de rien, mais Jésus l’invite à une profonde attitude de foi et de confiance. « Tout ce que vous demandez dans la prière, dit Jésus, croyez que vous l’avez obtenu, et cela vous sera accordé ». Car Dieu agit quand il veut et comme il veut, mais il est toujours à l’œuvre. Le croyons-nous ? « Et quand vous vous tenez en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes », continue Jésus. La prière, même faite avec une très grande foi, a besoin d’être soutenue par la vertu de la charité fraternelle. Quelques jours avant son offrande sur la croix, Jésus invite ses disciples - et nous invite - à pardonner, car lui-même nous pardonne tout. Pour cueillir le fruit de l’arbre de la croix, il faut convertir son cœur à la manière de Jésus.

Dialogue avec le Christ
Jésus, j’ai foi en toi. J’ai foi en ta parole. Je te confie toutes mes intentions les plus chères. Agis, Seigneur, de la meilleure manière qui soit. J’ai confiance en toi. Je sais que tu es toujours à l’œuvre. Je sais que « ton temps » n’est pas toujours le même que le mien. Je sais que tes chemins sont souvent bien loin des miens. Mais j’ai confiance en toi. Je sais que tu agis toujours.

Résolution
Aujourd’hui, je demanderai à Jésus la grâce de pardonner ce que je peux avoir gardé et accumulé sous forme de rancune dans mon cœur.

Emanuelle Pastore, consacrée de Regnum Christi - Catholique.org

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28/05/2015

« Rabbouni, que je retrouve la vue ! »

1. « Jésus sortait de Jéricho ». La ville païenne de Jéricho, aux antipodes religieux de Jérusalem, s’est vue traversée par la divine miséricorde dans le visage humain de Jésus. Le publicain Zachée avait été converti (cf. Luc 19, 1-10) et une foule a reçu un message de réconciliation avec Dieu.
De la même manière, l’Évangile du salut a traversé notre histoire bimillénaire. Comme Bartimée, nous voici, à la sortie d’un passé profondément chrétien. Nous avons entendu parler de Jésus, grâce au témoignage de foi transmis de génération en génération, que l’on appelle la Tradition, mais nous n’avons pas vu son visage. Sommes-nous capables de ce même acte de foi et d’espérance que Bartimée : « Fils de David, prends pitié de moi ! » ?

2. « Appelez-le ». Entre Jésus et Bartimée, il y a une foule : des disciples et des témoins. La foule accapare Jésus pour soi, selon la loi du plus fort, et le rend inaccessible au plus faible. Mais Jésus veut transformer cet obstacle en tremplin d’évangélisation. Le mandat d’appeler concerne tout baptisé qui se veut être disciple du Christ.
Jésus se sert de la médiation humaine pour faire parvenir l’Évangile non seulement dans l’extension spatio-temporelle de la création, mais aussi dans les profondeurs des âmes et des cœurs. « Appelez-le » veut dire : Annoncez au monde que je m’intéresse personnellement à chaque homme. Mon message de salut n’est pas un manifeste politique, mais un appel à un chemin individuel de conversion. Et moi, est-ce que j’ouvre un chemin vers Jésus ou suis-je un barrage, autant pour les autres que pour moi-même ?

3. « Va, ta foi t’a sauvé ». La guérison que Jésus réalise sur l’aveugle est un signe très fort, car il le sort de sa nuit où il était enfermé. Jésus veut être la lumière de nos vies : « Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jean 8, 12). Dans la nuit de mon existence et plus encore de mon péché, ne suis-je pas ce « Bartimée » ?
À l’écoute de l’appel de Jésus, les dispositions de Bartimée permettent à l’œuvre de salut de porter son fruit : en quittant son manteau, il abandonne sa vie ancienne pour se lancer vers Jésus. Il n’a rien à perdre et tout à gagner : au-delà de la vue, il trouve un idéal de vie qui donne sens et but à l’existence ? la foi. En fin de compte, l’aveugle a vu ce que les voyants ne voient pas : l’âme a soif d’une rencontre de miséricorde avec le Seigneur. Lorsque Jésus m’appelle, ai-je la sensation de perdre quelque chose ? Le nouvel idéal me fascine-t-il inlassablement ou me lasse-t-il sans me fasciner ?

Dialogue avec le Christ
Jésus-Christ, mon Maître et Seigneur, tu traverses ma vie. Donne-moi de te voir avec foi, pour laisser les profondeurs de mon âme être pénétrées par ta grâce et pour conduire à toi ceux qui t’implorent avec insistance : « Fils de David, prends pitié de moi ».

Résolution
Aujourd’hui je cultive la vie intérieure (vie spirituelle), pour vivre, en pensée, en présence de Jésus, dans la paix, la joie et la sérénité profondes.

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC - Catholique.org

21:10 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

27/05/2015

La gloire dans le service de nos frères

1. Donner sa vie pour porter du fruit. Ce passage de l’Évangile nous présente la troisième et la dernière annonce de la Passion du Christ à ses disciples. En effet, Jésus se rapproche de Jérusalem et il veut préparer ses disciples à ce qui va se passer. Il veut leur faire comprendre que sa mission passe par le mystère de sa Passion, que c’est seulement avec sa mort qu’il y aura la Résurrection. Un chemin à suivre pour tout chrétien. Rappelons-nous ces paroles du Christ : « Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12, 24) ou encore « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera » (Matthieu 16, 25).

2. Boire le calice. Cependant les disciples semblent ne pas avoir encore tout compris. Voilà que Jacques et Jean demandent à être à sa droite et à sa gauche dans son royaume. Et Jésus de répondre : « vous ne savez pas ce que vous demandez ». En effet, avant de prétendre être à sa droite, il faut suivre le Christ jusqu’au bout, c’est-à-dire boire au même calice et être baptisé du même baptême. Le calice que Jésus boira sera celui du jardin de Gethsémani : celui de sa Passion, et son baptême aboutira à la croix.
Le Christ, de nos jours, nous pose aussi la question, à nous qui voulons le suivre. A chaque chrétien il demande : « Es-tu prêt à boire mon calice, à souffrir, à être persécuté, insulté, tout cela à cause de mon nom ? ». Car, comme nous le rappelle Jésus : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15, 20). Mais n’oublions jamais que le Christ n’est pas mort en vain, de la même façon, mort et renoncement à nous-mêmes aboutiront à la Résurrection et porteront du fruit.

3. Serviteur de tous. Jésus, à la fin ce cet Évangile, souligne encore une fois que son règne n’est pas comme celui de ce monde. Il n’est pas un messie politique qui prétendrait expulser les romains de Palestine. Son règne, au contraire, passe par l’humilité et le service.
Souvenons-nous du message adressé par le Pape François aux jeunes lors des JMJ à Rio : « La vie de Jésus est une vie pour les autres. C’est une vie de service. Saint Paul, dans la lecture que nous venons d’entendre disait : "Je me suis fait le serviteur de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible" (1 Co 9, 19). Pour annoncer Jésus, Paul s’est fait "serviteur de tous". Évangéliser, c’est témoigner en premier l’amour de Dieu, c’est dépasser nos égoïsmes, c’est servir en nous inclinant pour laver les pieds de nos frères comme a fait Jésus ». N’espérons donc pas une vie commode, tranquille, sans croix. Suivons donc l’exemple que le Seigneur nous a donné, c’est-à-dire être serviteur de tous.

Dialogue avec le Christ
Seigneur, tu nous as dit : « Je suis venu dans le monde non pour être servi, mais pour servir ». Apprends-nous à t’imiter, à ne pas penser à nous-mêmes et à notre propre confort. Aide-nous à nous mettre au service de nos frères les hommes.

Résolution
Aujourd’hui, chercher à rendre service sans penser à mon propre confort.

Catholique. org

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25/05/2015

« Mais alors, qui peut être sauvé ? »

En réponse à la question que lui posait un homme riche, Jésus avait révélé comment on peut parvenir à la vie éternelle. Mais l'idée de devoir abandonner ses richesses a rendu cet homme tout triste et il est parti. Alors Jésus a déclaré : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ». À son tour, Pierre s'approche de Jésus, lui qui s'est dépouillé de tout en renonçant à son métier et à sa barque, qui ne possède même plus un hameçon. Et il pose cette question à Jésus : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »

Remarque à la fois la réserve et le zèle de ce disciple. Il n'a pas dit : « Tu ordonnes l'impossible, ce commandement est trop difficile, cette loi est trop exigeante ». Il n'est pas non plus resté silencieux. Mais, sans manquer de respect et montrant combien il était attentif aux autres, il a dit : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » C'est qu'avant même d'être pasteur, il en avait l'âme ; avant d'être investi de l'autorité..., il se préoccupait déjà de la terre entière. Un homme riche aurait probablement demandé cela par intérêt, par souci de sa situation personnelle et sans penser aux autres. Mais Pierre, qui était pauvre, ne peut pas être soupçonné d'avoir posé sa question pour des motifs pareils. C'est le signe qu'il se préoccupait du salut des autres, et qu'il désirait apprendre de son Maître comment on y parvient.

D'où la réponse encourageante du Christ : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ». Il veut dire : « Ne pensez pas que je vous laisse à l'abandon. Moi-même, je vous assisterai dans une affaire aussi importante, et je rendrai facile et aisé ce qui est difficile ».

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), 

10:50 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

23/05/2015

Dieu crée un monde ordonné et bon

299 Puisque Dieu crée avec sagesse, la création est ordonnée : " Tu as tout disposé avec mesure, nombre et poids " (Sg 11, 20). Créée dans et par le Verbe éternel, " image du Dieu invisible " (Col 1, 15), elle est destinée, adressée à l’homme, image de Dieu (cf. Gn 1, 26), appelé à une relation personnelle avec Dieu. Notre intelligence, participant à la lumière de l’Intellect divin, peut entendre ce que Dieu nous dit par sa création (cf. Ps 19, 2-5), certes non sans grand effort et dans un esprit d’humilité et de respect devant le Créateur et son œuvre (cf. Jb 42, 3). Issue de la bonté divine, la création participe à cette bonté (" Et Dieu vit que cela était bon (...) très bon " : Gn 1, 4. 10. 12. 18. 21. 31). Car la création est voulue par Dieu comme un don adressé à l’homme, comme un héritage qui lui est destiné et confié . L’Église a dû, à maintes reprises, défendre la bonté de la création, y compris du monde matériel (cf. DS 286 ; 455-463 ; 800 ; 1333 ; 3002).

Catéchisme de l'Église Catholique

14:01 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

« C’est ce disciple qui a écrit ces choses ; son témoignage est vrai »

1. Aujourd’hui, dernier jour du temps pascal, la liturgie nous propose les derniers versets de l’Évangile selon saint Jean. Nous y voyons la dernière apparition de Jésus aux douze, sur les rives de la mer de Galilée. Ces dernières images du Christ resteront gravées dans la mémoire des apôtres toute leur vie. Ils ont conscience que c’est la fin d’une étape de leur vie. Maintenant, ils ne verront plus le Seigneur de leurs yeux, ils n’entendront plus le son de sa voix, ils ne croiseront plus son regard. Pendant trois ans, ils l’avaient suivi partout. Maintenant, c’est terminé. Le Christ va disparaître à leurs regards.

Pour moi aussi, c’est la fin d’une étape. Le temps pascal parvient à sa fin, le temps ordinaire commence. Cela fait près de cent jours que j’accompagne le Christ souffrant, mort puis ressuscité. Tout au long du Carême et du temps pascal, j’ai eu tout le loisir de le rencontrer. Maintenant vient le moment de rendre témoignage de cette rencontre.

2. Ces derniers versets de l’Évangile selon saint Jean parlent précisément du témoignage : « C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai ». Comment mon témoignage peut-il être vrai ? Si je me dédiais à faire de la publicité pour les pneus Michelin, ma publicité ne serait vraie que si j’avais été mandaté par l’entreprise. D’autre part, je devrais respecter les indications données par les patrons de Michelin. C’est pareil pour le témoignage chrétien : c’est une mission que le Christ confie à ses disciples, et ceux-ci doivent l’accomplir selon la volonté du Seigneur.

Dans ce passage de l’Évangile, Jésus confie cette mission à Pierre et à Jean, de deux façons différentes. Saint Pierre devra rendre le témoignage suprême, celui du martyre. Saint Jean, lui, devra témoigner autrement : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? » Demeurer avec le Christ, c’était la meilleure part que Marie de Béthanie avait choisie, tandis que sa sœur Marthe s’affairait au service du repas. Saint Jean aussi a reçu cette meilleure part, il a reposé sur la poitrine du Christ. Dorénavant, il devra rendre témoignage de ces moments d’intimité passés avec le Maître. Et moi ? Quelle mission ai-je reçue du Seigneur ? M’appelle-t-il à témoigner par le martyre ? Ou veut-il faire de moi un confesseur, quelqu’un qui rende témoignage par la parole ?

3. Une question reste encore en suspens : pourquoi saint Pierre se retourne-t-il ? Est-il curieux du sort réservé à saint Jean ? A-t-il peur d’être conduit au martyre tout seul ? Est-il jaloux ? Il agit comme les disciples de Jean-Baptiste qui, tout amaigri par le jeûne, critiquaient les disciples de Jésus qui faisaient bonne chère. S’ils faisaient vraiment pénitence avec ferveur, ils ne penseraient même pas à critiquer ceux qui négligent le jeûne. Mais eux-mêmes jeûnaient à contrecœur. Ici, Pierre aussi regarde le martyre à contrecœur. Le Christ le reprend vigoureusement : « Que t’importe ? Toi, suis-moi ». Moi aussi, je renâcle parfois à la mission que j’ai reçue du Christ et je regarde les autres avec envie. Seigneur, apprends-moi à te suivre sans regarder en arrière ! Donne-moi le courage de te suivre sans peur.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, je voudrais te demander deux grâces aujourd’hui : fais-moi savoir quelle est ma mission et donne-moi la force de l’accomplir. Donne-moi le courage de témoigner de ton amour par la parole et par les actes, jusqu’au don de ma vie !

Résolution

Aujourd’hui, je rendrai témoignage en parlant de Jésus-Christ à quelqu’un que je rencontrerai.

Catholique.org.

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21/05/2015

"Que tous soient un"

« Que tous soient un ». Tel est l’appel pressant que Jésus adresse à son Père dans la finale du chapitre 17 de saint Jean proposée à notre méditation dans l’évangile de ce jour. Le vœu de Jésus quant à l’unité de ses disciples est relié à son exemplaire en Dieu par la particule « comme » qui, en grec, peut indiquer une comparaison ou un engendrement : « que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous » (v. 21) ; « qu’ils soient uns comme nous sommes uns : moi en eux et toi en moi » (v. 22). Nous sommes ici dans le deuxième cas de figure. Jésus veut nous montrer que l’unité ne résulte pas d’abord d’un effort humain mais qu’elle a sa source et son fondement dans l’unité même de Dieu. Il n’y a pas d’unité possible entre les hommes si ce n’est par référence à l’unité du “Nous” de Dieu.

Unité ne signifie pas uniformité. Car le Père et le Fils sont à la fois deux et un. Dieu ne cherche donc pas à uniformiser les êtres entre eux. Il veut les faire vivre en communion. L’uniformisation est synonyme de mort. La communion, c’est la vie, l’amour, qui tire son origine de l’amour même du Christ, qui est aussi celui du Père et qui en tant qu’amour conjoint du Père et du Fils est l’Esprit Saint.

La prière adressée par Jésus à son Père pour l’unité de ses disciples est donc un appel à l’Esprit Saint. Dans ce temps de préparation à la fête de Pentecôte, nous comprenons alors la place d’un tel évangile.

Pourtant nulle part dans notre péricope, Jésus ne mentionne ouvertement l’Esprit Saint… Quand on veut aller à l’essentiel d’un discours on se concentre sur sa conclusion. Notre passage s’achève par ces mots : « Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître et je le ferai connaître encore, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux » (v. 26). En faisant connaître à ses disciples le nom de son Père, Jésus manifeste que “Père” est le nom qui exprime le plus profondément l’être de Dieu. Mais un père ne peut exister sans fils et les deux ne peuvent subsister sans une relation d’amour qui les unit, laquelle dans le cas de Dieu n’est autre que l’Esprit Saint. Même si cela n’est pas explicité dans le vocabulaire, c’est donc bien l’Esprit Saint, l’Esprit d’amour, que le Fils à la veille de sa passion demande au Père pour ses disciples et pour tous ceux qui croiront en lui.

Jésus demande à son Père que tous ses disciples et tous ceux qui, dans la suite des âges, lui emboîteront le pas soient rassemblés dans une communion vivante. Au chapitre 11 de son évangile, saint Jean nous avait déjà dit que « Jésus allait mourir pour la nation, et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 51-52). Autrement dit, le sacrifice de Jésus sur la Croix est la source de l’unité des fils de Dieu. Pour saint Jean d’ailleurs, c’est déjà du haut de la Croix que Jésus souffle l’Esprit sur l’Eglise et lui fait le don de l’unité.

Pourtant, la dure réalité est bien là. Nos divisions intérieures et extérieures nous accablent et nous désolent. Elles contredisent ouvertement la volonté du Christ de rassembler les enfants du Père dispersés. Entre chrétiens, c’est-à-dire entre disciples, ces divisions sont même un scandale pour le monde. Comment rester divisés si par le baptême nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Seigneur, l’acte même par lequel il a détruit les barrières de la haine et de la discorde ! C’est ici qu’il ne nous faut pas oublier que notre communion est avant tout un don à recevoir de Dieu.

Mais Dieu n’agit pas sans nous. Dans cette prière qu’il adresse à son Père à la veille de sa passion, Jésus nous révèle la manière la plus éloquente de dépasser et de surmonter les facteurs de divisions : le don total de nous-mêmes au nom de l’Evangile.

« Seigneur Esprit Saint, introduis-nous dans la communion d’amour du Père et du Fils. Rends-nous participants de la gloire divine. Transformés et illuminés nous pourrons alors porter au monde ce témoignage de paix et d’unité dont il a tant besoin. »

Frère Elie

20:35 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |