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26/03/2014

Prodige Eucharistique : Le miracle de Lanciano

Une foule de pèlerins, chaque année, du 24 au 31 octobre, se dirigent sur la colline ou s'élève la petite ville de Lanciano, dans la province de Chieti. Des cérémonies se succèdent dans l'église pendant une semaine entière et tous veulent contempler les Saintes Espèces Eucharistiques qui constituent un miracle perpétuel. Le fait remonte à douze siècles passés. Mais à cause de son importance historique il mérite d'être examiné dans tous ses détails et ses effets toujours actuels. Un prêtre de l'Ordre de Saint Basile, était depuis longtemps assailli d'une forte tentation. Le démon essayait de le convaincre que Jésus n'était pas présent dans l'Eucharistie. Le saint homme priait et luttait intérieurement pour vaincre les assauts du démon. Plongé dans une immense tristesse il suppliait Dieu de le délivrer de cette insidieuse tentation. Un matin, il se rend dans l'église de Lagonziano, située à trois kilomètres de Lanciano. Il commence sa messe, et arrive au moment de la Consécration. A peine a-t-il achevé les paroles dites par Jésus sur le pain et le vin, qu'aussitôt l'Hostie consacrée se change en chair humaine vivante et sanglante. On ne peut exprimer quelle est sa surprise. Son étonnement augmente quand il voit dans le calice le vin changé en Sang humain.

 Le sacristain s'en aperçoit, et ne pouvant contenir son émotion, il crie au miracle. Les fidèles accourent auprès de l'Autel pour considérer l'événement. Bientôt des prêtres et l’Évêque lui-même sont mis au courant du prodige et viennent contempler le miracle. Le prêtre ne peut pas continuer la messe. Et l’Évêque donne l’ordre de conserver l'Hostie changée en Chair et le sang contenu dans le calice.

 Cette même Hostie est conservée aujourd'hui dans une custode vitrée, et on peut y voir encore les ligaments de chair humaine d'apparence vivante bien que le fait remonte à 1200 ans. Une partie de l'Hostie conserve l'apparence du pain comme les hosties ordinaires. Par la suite le Sang dans le calice s'est coagulé en cinq petits globules du poids de seize grammes. Une autre merveille. Si vous pesez sur une balance à précision un seul globule de Sang vous notez seize grammes ; par contre, si vous en pesez à la fois deux, trois, quatre ou même tous les cinq, vous obtenez toujours les mêmes seize grammes. De temps à autre, sur la demande du St Siège, on examine à nouveau l'état des Saintes Reliques Eucharistiques, en présence des membres compétents d'une commission nommée par l’Évêque. Et toujours se vérifie l'immutabilité de l'Hostie et du poids des cinq globules du Sang. On est autorisé à visiter ces insignes Reliques, non seulement durant la dernière semaine d'octobre mais aussi pendant toute l'année.

Source : Prodiges Eucharistiques

 

21:23 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

24/03/2014

Histoire de la Papauté : Le Pape Leon XIII

Vincenzo Gioacchino Pecci, était le sixième enfant d’une famille humble de Carpineto — ville située au sud de Rome —, où il est né le 2 mars 1810.

Vincenzo a fait ses études, d’abord au Collège des Jésuites de Viterbe (1818-1824), ensuite au Collège Romain (1824-1832). Plus tard il fut élève de l’Académie des Études Ecclésiastiques (1832-1837. Il était un élève consciencieux et appliqué.

En 1837 il fut ordonné prêtre et immédiatement intégré au service papal et, comme gouverneur, il fut tout d’abord envoyé à Benavente (1838-1841) et ensuite à Perugia (1841-1843). Dans l’exécution de sa charge il se montra toujours à son avantage, par son sérieux dans le gouvernement des états pontificaux qui lui avaient été confiés et par le zèle qu’il montrait toujours à la bonne marche des affaires pontificales, sans négliger le côté sociale de toutes ses actions et décisions, ce qui le mena à créer une banque pour aider les gens pauvres. Cette situation lui procura une certaine popularité, popularité qui l’accompagnera dès lors jusqu’à sa mort.

En 1843 il fut nommé évêque et envoyé aussitôt, par le pape Grégoire XVI en Belgique, comme Nonce Apostolique. Deux ans plus tard, en 1845, il retourne en Italie, car Grégoire XVI vient de le nommer évêque de Perugia.

Le bienheureux Pie IX le fait Cardinal en 1853.

Lorsqu’il était évêque, il insista toujours beaucoup auprès de ses prêtres pour que ceux-ci conduisent et instruisent les âmes qui leur étaient confiées dans la droite ligne évangélique, en ayant toujours un grand respect envers les plus démunis.

Mais le Cardinal Pecci s’intéressait aussi à la Culture, c’est pourquoi en 1859 il fonda l’Académie Saint Thomas d’Aquin, afin d’y former de solides théologiens.

En 1860 l’état pontifical de Perugia fut annexé à la Sardaigne et une nouvelle législation — profondément séculière — était introduite par les nouveaux maîtres du pays, plus connus sous le nom de Piémontais, qui s’employaient à entraver la liberté religieuse des fidèles. Cette situation obligea Monseigneur Pecci à hausser le ton et à manifester sa désapprobation envers le nouveau gouvernement et de bien montrer que chaque citoyen devait pouvoir suivre la voie qu’il s’était choisi. Cette prise de position catégorique n’altéra pas toutefois les relations entre l’Église et l’État.

Puis, entre 1874 et 1877, le Cardinal publiera un certain nombre de Lettres Pastorales, dans lesquelles il rendait publique son désir d’un plus grand rapprochement entre le catholicisme et la culture contemporaine.

L’année 1877 sera pour Monseigneur Pecci une année particulière : En effet, il est appelé à Rome par le Pape Pie IX, mais celui-ci décède peu après. Le Cardinal Pecci est alors nommé camerlingue — il doit administrer l’Église pendant la vacance du Saint-Siège. Le 20 février 1878, après un conclave qui durera trois jours, il sera élu Pape, malgré ses ennuis de santé et prendra le nom de Léon XIII ; il était alors âgé de 69 ans.

Certains, comme dans d’autres élections, ont pensé qu’il s’agissait là d’un pontificat de transition. C’était hasardeux comme pronostique et de surcroît, douter de l’intervention de l’Esprit Saint. Le pontificat de Léon XIII fut long — presque 26 ans — et le mena jusqu’au début du XXe siècle.

Dès son arrivée sur le siège de saint Pierre, le nouveau Pape va utiliser, avec une régulière fréquence, la lettre encyclique pour rassembler ses brebis, pour les défendre avec force et courage, pour leur enseigner, non seulement les chemins de Dieu, mais aussi les chemins de la vie, cette vie sociale qu’il aimait tant à défendre, tout particulièrement vis-à-vis des tout petits, les pauvres, les exploités.

Cette prolifération d’encycliques — certains ont appelé Léon XIII le Pape des encycliques — a été très bénéfique pour l’Église, mais aussi pour les peuples, croyants et non croyants, car elles sont très hétéroclites.

Parmi ce grand nombre de documents pontificaux il y en a un qui est toujours d’actualité, tellement d’actualité que, les Papes qui ont succédé à Léon XIII non pas manquer de publier eux-mêmes des encycliques pour rappeler les 40 ans, les 100 et les 150 ans de la célèbre « Rerum Novarum », parue le 15 mai 1891, qui est, il faut le reconnaître un chef-d’œuvre, « le chef-d’œuvre » de la doctrine sociale de l’Église catholique et, très en avance pour son temps.

Avec cette encyclique était alors « inaugurée » une nouvelle étape pour l’Église : celle qui est connue sous le titre de « Magistère Social Pontifical », titre qui n’a rien de péjoratif, bien au contraire : Rerum Novarum prend sa source et ses racines dans l’Évangile, ainsi que dans la pensée experte et motivée du nouveau Pape. Cette encyclique fera le tour de la terre très rapidement et suscitera l’admiration de tous ; mais pas seulement l’admiration : l’adhésion complète et totale d’un très grand nombre de patrons d’entreprise qui ont souhaité mettre en pratique les enseignements prodigués par Léon XIII dans son encyclique. Il y a des exemples un peu partout dans le monde et en France également. Les « mauvaises langues »  appelaient ses patrons du sobriquet de « paternalistes ».

Par cette encyclique, le Pape des ouvriers, d’un ton ferme, faisait résonner dans le monde entier la voix de l’Église qui, une fois encore venait au secours des plus démunis, parlait haut et fort en lieu et place des « sans voix ».

« Cette encyclique a fait scandale parce qu'elle était novatrice vis à vis des mentalités. On concevait encore difficilement que l'Église se mêle de domaines non strictement spirituels.

Le pape Léon XIII réagit vigoureusement contre le capitalisme abusif (rappel sur la destination universelle des biens de la terre, rappel de la dignité de chaque homme et de la nécessité de la justice sociale), il met aussi en garde (de façon prophétique) contre les dangers du socialisme marxiste.

Avant Rerum Novarum, l'Église catholique n'avait comme éléments de doctrine sociale que ce qui avait été dit par Saint Thomas sur la Justice, et aussi sur la destination universelle des biens de la terre (le créateur les a destinés à tous). Mais elle s'est souvent cantonnée à considérer l'arduité du travail comme une conséquence de la faute originelle. Le patronat chrétien du XIXe siècle mettait probablement plus en avant la charité que la justice sociale et avait une attitude plutôt paternaliste » [1].

« La parution de cette encyclique marque un tournant. Léon XIII dénonce les abus du libéralisme et les injustices dont sont victimes les travailleurs. Il rejette d'autre part la solution socialiste, telle qu'il la perçoit, et vante les avantages de la propriété privée. Il préconise la collaboration et non la lutte des classes. L'encyclique prône le droit et le devoir d'intervention de l'État dans la vie économique, avant tout en faveur des défavorisés et des indigents. Léon XIII préconise l'association professionnelle qui regroupe soit patrons et ouvriers, soit ouvriers seuls. Il conclut en rappelant que la première réforme qui s'impose, c'est la restauration des mœurs chrétiennes »[2].

Mais, comme déjà signalé, Léon XIII s’intéressait aussi à la Culture et aux Sciences. Pour favoriser ces matières, il a donné une plus grande impulsion à la doctrine de saint Thomas d’Aquin et proposa, dans une autre importante encyclique — Æterni Patris — le saint Docteur comme modèle pour tous les philosophes et théologiens.

Sur le point de vue œcuménique, un grand pas fut franchit, particulièrement vis-à-vis de l’Église Orientale. L’objectif de Léon XIII était celui d’essayer et de réussir la réunification des deux Églises. La réunification ne s’est pas faite, mais en 1879, le schisme qui séparait les églises chaldéenne et arménienne de l’Église de Rome, fut aplani.

Des efforts ont été faits envers l’Église anglicane, mais, hélas, aucun résultat n’est venu des négociations entamées.

Désireux de contribuer à une meilleure approche de l’histoire, Léon XIII permit — en 1883 — que les Archives vaticanes jusque là inviolables, puissent être consultées.

Tout au long de son pontificat Léon XIII démontra son extraordinaire habileté dans le gouvernement de l’Église et ses facultés extraordinaires dans ses relations avec les autres États.

Toutefois, avec le gouvernement italien de l’époque, les relations n’ont pas été des meilleurs ; il en fut de même vis-à-vis de la France.

Avec l’Allemagne, aussi étonnant que cela puisse paraître, il réussi à convaincre ses dirigeants à ne pas poursuivre leur « chasse aux catholiques » — prêtres et laïcs —, provoquée par les lois cyniques imposées par Bismarck.

Âgé de 94 ans, le « Pape social », Léon XIII rendit son âme à Dieu le 20 juin 1903, laissant à ses successeurs et à l’humanité tout entière un extraordinaire héritage.

 

PROPHÉTIE DE LÉON XIII

Le 13 octobre 1884, après que le Pape Léon XIII eut terminé de célébrer la Messe dans la chapelle vaticane entouré par quelques cardinaux et membres du Vatican, il s'arrêta soudainement au pied de l'autel. Il se tint là environ dix minutes, comme en extase, son visage blanc de lumière. Puis, partant immédiatement de la chapelle à son bureau, il composa la prière à saint Michel avec instructions pour qu'elle soit dite partout après chaque Messe basse

Lorsqu'on lui demanda ce qui était arrivé, il expliqua qu'au moment où il s'apprêtait à quitter le pied de l'autel, il entendit soudainement des voix : deux voix, une douce et bonne, l'autre gutturale et dure ; il semblait qu'elles venaient d'à-côté du tabernacle. Comme il écoutait, il entendit la conversation suivante :

La voix gutturale, la voix de Satan dans son orgueil, criant au Seigneur : "Je peux détruire ton Eglise".

La voix douce du Seigneur : "Tu peux ? Alors, fais le donc".

Satan : "Pour cela, j'ai besoin de plus de temps et de pouvoir".

Notre Seigneur : "Combien de temps ? Combien de pouvoir ?"

Satan : "75 à 100 ans et un plus grand pouvoir sur ceux qui se mettent à mon service".

Notre Seigneur : "Tu as le temps, tu auras le pouvoir. Fais avec cela ce que tu veux".

 

Exorcisme à Saint Michel du Pape Léon XIII

La petite croix ( +) signifie que vous devez faire le signe de croix sans le prononcer

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.

Au nom de Jésus-Christ notre Dieu et notre Seigneur, par l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, de St Archange, des Saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les Saints nous entreprenons avec confiance la bataille pour repousser les attaques et les ruses du démon.

Que Dieu se lève et que ses ennemis soient dispersés ; et que fuient, devant Lui, ceux qui le haïssent.

Comme la fumée s’évanouit, qu’ils disparaissent aussi ; comme la cire fond dans le feu, qu’ainsi périssent les pécheurs devant la face de Dieu. 

V : Voici la Croix du Seigneur, fuyez puissances ennemies.

R : Il a vaincu, le Lion de la tribu de Juda, le rejeton de David.

V : Que votre miséricorde, Seigneur, s’étende sur nous.

R : Parce que nous avons espéré en vous.

Nous t’exorcisons, esprit immonde, puissance satanique, invasion de l’ennemi infernal, légion, réunion et secte diabolique, au Nom et par la Puissance de Jésus-Christ +, notre Seigneur, sois arraché de l’Église de Dieu et des âmes rachetées par le Précieux Sang du Divin Agneau.

Désormais n’aies plu l’audace, perfide serpent, de tromper le genre humain, de persécuter l’Église de Dieu, ni de secouer et de cribler, comme le froment, les élus de Dieu +

Te l’ordonne le Dieu Très-Haut ; auquel, dans ton immense orgueil, tu prétends être semblable.

Te l’ordonne, Dieu le Père +.

Te l’ordonne, Dieu le Fils +.

Te l’ordonne, Dieu le Saint-Esprit +.

Te l’ordonne, le Christ, Verbe éternel de Dieu fait chair + qui, pour le salut de notre race, perdue par ta jalousie, s’est humilié et rendu obéissant jusqu’à la mort,

Te l’ordonne le signe sacré de la Croix + et la Puissance de tous les mystères de la foi chrétienne +.

Te l’ordonne la puissante Mère de Dieu, la Vierge Marie, qui, dès le premier instant de son Immaculée Conception, a, par son humilité, écrasé ta tête orgueilleuse.

Or donc, dragon maudit et toute la légion diabolique, nous t’adjurons par le Dieu + Vivant, par le Dieu + Vrai, par le Dieu + Saint, cesse de tromper les créatures humaines, et de verser sur elles le poison de la damnation éternelle ; cesse de nuire à l’Église, et de mettre des entraves à sa liberté.

Va-t’en, satan, inventeur et maître de toute tromperie, ennemi du salut des hommes. Cède la place au Christ, cède la place à l’Église.

Humilie-toi sous la puissante main de Dieu, tremble et fuis, à l’invocation, faite par nous, du Saint et Terrible Nom de ce Jésus, que les enfers redoutent, à qui les vertus des cieux, les Puissances et les Dominations sont soumises, que les Chérubins et les Séraphins louent sans cesse en disant : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des Armées.

V : Seigneur, exaucez notre prière.

R : Et que mon cri s’élève jusqu’à vous.

V : Le seigneur soit avec vous.

R : Et avec votre esprit.

Oraison

Dieu du ciel, Dieu de la terre, Dieu des Anges, Dieu des Archanges, Dieu des Patriarches, Dieu des Prophètes, Dieu des Apôtres, Dieu des Martyrs, Dieu des Confesseurs, Dieu des Vierges, ô Dieu qui avez le pouvoir de donner la vie après la mort, le repos après la fatigue ; car il n’y a pas d’autre Dieu que vous, et il ne peut y en avoir d’autre si ce n’est vous, Créateur éternel de toutes les choses visibles et invisibles, nous Vous supplions humblement de bien vouloir nous délivrer de tout pouvoir, piège, tromperie et invasions des esprits infernaux et nous garder toujours sains et saufs. Par Jésus Christ, Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Des embûches du démon, délivrez-nous Seigneur !

Nous vous en prions exaucez-nous, par le Cœur de Jésus votre Divin Fils.

On asperge d’eau bénite l’endroit où l’on se trouve.

 

 

13:33 Écrit par Nicou dans Pape | Commentaires (0) |  Facebook | |

16/03/2014

"Relevez-vous et n'ayez pas peur !"

Faisons un rapide tour d’horizon. L’évangile d’aujourd’hui est excessif. Voici Jésus, notre Jésus de tous les jours, ruisselant de lumière. Voici Pierre, impulsif et spontané, prétendant monter une tente pour des prophètes morts plusieurs siècles auparavant. Voici ces prophètes des temps jadis devisant paisiblement avec Jésus qui se conduit comme si ces personnages faisaient partie de son quotidien. Voici enfin une nuée et une voix venant du ciel qui parle comme au jour du baptême de Jésus. Nous sommes donc à un commencement.

La liturgie, particulièrement construite en ce temps de carême, propose aussi à notre méditation un autre commencement : l’appel d’Abraham. Mais, mise à part la voix céleste, ce texte ne semble pas présenter beaucoup de traits communs avec l’évangile.

Mais comme souvent, c’est saint Paul qui est le meilleur lecteur de l’Ecriture. Il nous dit ce matin : « Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, et maintenant elle est devenue visible à nos yeux ». C’est-à-dire que la transfiguration annonce Jésus ressuscité, mais aussi la réalisation de la promesse faite à Abraham, et en lui, à tout homme.

Engageons-nous donc dans le chemin qu’ouvre saint Paul devant nous. Relisons la promesse faite à l’aurore des temps et consignée dans les pages séculaires de l’Ancien Testament. A cette époque la compréhension de Dieu et du monde invisible se disait par des figures, qui annonçaient les grandeurs à venir.

Mais, nous venons de l’entendre, le Nouveau Testament n’est pas exempt de figures. Il faut les accueillir comme elles se donnent, sans tenter de les réduire à de simples allégories visibles de choses invisibles. Moïse et Elie, la Loi et les Prophètes, tiennent vraiment compagnie à Jésus sur la montagne. Leur familiarité montre que ce n’est pas le monde spirituel qui est le référant, mais le corps du Christ. Le récit est construit autour de sa transformation, de sa transfiguration.

Cette matérialité est importante car elle dit l’accomplissement. Dans l’Ancien Testament en effet, une figure renvoie toujours à l’invisible et appelle nécessairement une deuxième figure, pour la confirmer. Ainsi Moïse et Elie sont des promesses de la résurrection à venir. Cette résurrection est annoncée par leur corps invisible. Moïse en effet a été enterré dans un lieu inconnu et inaccessible ; quant à Elie, il est monté au Ciel sur un char de feu, il n’a pas non plus de sépulture. 

Dans l’évangile, nous sommes à la fin de ce processus. Jésus nous apporte la deuxième annonce qui est la confirmation de la première. La transfiguration dévoile en effet le corps invisible du ressuscité. Jésus est le nouveau Josué, le successeur de Moïse qu’annonce le Deutéronome. En rendant visible sa gloire pour quelques moments au sommet de la montagne, Jésus nous ouvre au monde invisible, mais réel, où nous vivons tous. Montrer que Moïse et Elie y habitent, confirme la promesse qui reposait sur eux et se réalise en Jésus. En confirmant l’annonce faite dans le Premier Testament, Jésus annonce la réalisation de la Nouvelle Alliance.

Le corps du Christ apparaît ainsi à nos yeux comme la converge et l’accomplissement des Écritures. Il naît de la présence en excès des deux Testaments. D’une part la déficience de l’Ancien Testament, balbutiant la vérité de Dieu qui lui est inaccessible car trop lointaine, d’autre part la saturation du Nouveau Testament, manifestant en Jésus de la vérité de Dieu. Ce paradoxe se noue dans le corps du Christ. Il nous fait entrer dans le monde invisible : nous le voyons ruisselant de la gloire promise à nos pères.

Mais ce monde est aussi le nôtre. Jésus touche ses disciples. Il leur adresse la parole. La rupture entre les deux univers repose sur une continuité, qui invite à un nouveau type de relation. Jésus ouvre à ses disciples un monde où il est possible d’être particulièrement proches de l’histoire sainte dans son ensemble, d’être en dialogue constant et confiant avec le Père. 

C’est là le trésor qu’il nous est donné de découvrir. Nous n’avons pu le lire qu’à la lumière de la résurrection, mais Jésus lui-même savait qu’il en serait ainsi : il a prescrit le silence à ses disciples, jusqu’à la résurrection, c'est-à-dire jusqu’à ce qu’ils puissent comprendre. Jusqu’à ce qu’ils puissent lire la Croix comme excès d’inaccompli qui ouvre à la nouvelle, et ultime, création.

Ainsi Dieu nous enjoint-il d’écouter Jésus, car il annonce son passage par la Croix. Le visage de gloire ne pourra en effet être appréhendé par les disciples qu’une fois passés eux aussi par la mort et la résurrection en Jésus. Voilà pourquoi, aussi longtemps que nous sommes en route, ce visage de gloire nous reste caché. Comme nous est encore dissimulée notre propre gloire.

En ce jour où la liturgie convoque Abraham, saint Pierre et saint Paul, Moïse et Elie, en ce jour où Jésus nous donne de saisir dans son unité l’ensemble de l’histoire sainte, ne sommes-nous pas invités à nous remémorer les figures de notre passé, les moments de notre histoire sainte qui se conjuguent désormais et pour toujours au présent, comme Jésus devisant avec Moïse et Elie. Lus à la lumière de cet évangile, avec leur grandeur, mais sans éluder leurs limites ni leurs déficiences, ils nous conduisent à l’accomplissement de la promesse que Dieu nous fait personnellement en Jésus.

Certes nous leur trouverons bien des limites et des tiédeurs, elles n’ont pas l’éclat de l’expérience faite par Pierre Jacques et Jean. Mais sans ces limites, le bonheur auquel Dieu nous appelle ne serait qu’une fuite, comme celle de Pierre qui veut rester sur la montagne et toujours jouir de la présence sensible de Dieu. Si nous acceptons cette promesse, avec la confiance d’Abraham qui accepta de se mettre en route, pour son bien, ces déficiences deviendront le lieu de la révélation de Dieu. En nous le Christ prendra corps, et son visage sera celui de la compassion.

Certes, nous avons à vaincre les peurs qui nous rendent sourds à la voix du Père, dont Jésus vient de nous montrer qu’elle ne cesse de résonner. Pour monter courageusement vers notre Croix alors que la nuée se dissipe déjà et que les saints qui nous accompagnent redeviennent invisibles, il ne nous reste que Jésus, seul. Jésus qui nous parle et qui nous touche. Jésus qui nous encourage : « "Relevez-vous", ressuscitez, accueillez la gloire que le Père vous réserve, accueillez la Vie qu’il vous donne en partage ». Nous avons ainsi nos Thabor, nos rencontres intenses et toujours vivantes avec Dieu, moments de grâce sur lesquels nous appuyer pour poursuivre notre marche vers Pâque. Le carême est une route austère, mais elle une route joyeuse car Jésus marche à nos côtés. Sachons en rendre grâce, pour nous relever, et marcher, libres et confiants, dans les pas de Notre Seigneur.

 Frère Dominique - Homelie.fr

11:02 Écrit par Nicou | Commentaires (1) |  Facebook | |