topblog Ivoire blogs

14/01/2014

"il enseignait en homme qui a autorité"

Toute la première partie de l’évangile de saint Marc est dominée par l’affrontement entre Jésus et le démon. En fait, le conflit était annoncé dès les tout premiers versets de l’évangile : à peine Jésus est-il baptisé et confirmé par le Père comme son Fils bien-aimé, que « l’Esprit le pousse au désert durant quarante jours pour y être tenté par Satan » (Mc 1, 11-13). Voilà donc le motif de la venue du Verbe dans la chair : affronter et vaincre l’antique Ennemi qui tient l’humanité en son pouvoir. Jésus vient de rassembler autour de lui ses premiers disciples, « aussitôt » il se rend avec eux à un rendez-vous : quelqu’un l’attend à la synagogue de Capharnaüm ; ou plutôt Notre-Seigneur s’y rend pour provoquer une confrontation, pour ne pas dire un affrontement. L’autorité de la parole du Maître ne laisse pas indifférent : « on était frappé » en plein cœur. La Parole de Jésus, comme un glaive à deux tranchants, fait la vérité et révèle la présence de l’esprit du mal qui est obligé de se manifester. Entre la lumière et les ténèbres, la conciliation est impossible : « Es-tu venu pour nous perdre ? ». L’« esprit mauvais » ne s’y est pas trompé : il lui a suffi d’entendre quelques mots de l’enseignement de ce Rabbi pour comprendre que ce « Jésus de Nazareth » menace son pouvoir. De plus il a bien perçu que c’est pour le débusquer que Jésus est venu ce matin à la synagogue. Aussi, se sachant visé, il contre-attaque violemment en déclinant l’identité présumée de son adversaire : « Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu ! » Ce cri trahit le désarroi de l’Ennemi du genre humain en présence du Fils de l’homme, tout rayonnant de la gloire du Verbe. Le père du mensonge en est tellement bouleversé, que dans son trouble il proclame publiquement la vérité ! Celui qui depuis un triste matin de genèse tient les hommes en son pouvoir, pressent bien qu’avec Jésus, il a à faire à un adversaire autrement plus redoutable que le premier Adam ! Derrière le pluriel : « Que nous veux-tu ? », c’est tout le monde des ténèbres qui s’exprime et qui affirme son droit sur l’humanité qui a consenti à ses avances. Evitant le piège dans lequel était tombée la femme au Jardin d’Eden, Jésus refuse tout dialogue avec le Menteur. Il se contente de « l’interpeller vivement » et d’ordonner avec autorité à l’esprit de quitter les lieux : « Silence ! Le temps où tu trompais les hommes par tes mensonges et tes sophismes est révolu. L’Heure de la revanche de Dieu est venue : je suis la lumière du monde devant qui les ténèbres devront reculer ; je suis la vérité devant laquelle toute langue se taira ; je suis le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs devant qui tout genou fléchira. Sors de cet homme que j’ai créé à mon image et à ma ressemblance et dont je veux faire le temple de ma gloire ! » A l’instant même, et sans qu’il puisse opposer la moindre résistance, l’esprit mauvais est littéralement expulsé du malheureux possédé. Les assises du royaume des ténèbres sont ébranlées car « lorsqu’un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté ; mais qu’un plus fort que lui survienne, il lui enlève l’armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles » (Lc 11, 21-22). Nous ne sommes sans doute pas « possédés », Dieu merci ! Mais qui oserait prétendre n’avoir aucune complicité avec « l’Ennemi » ? La Parole toute-puissante du Seigneur nous rejoint aujourd’hui pour prendre autorité sur tout « esprit mauvais » qui nous « tourmente », nous empêchant de vivre dans la cohérence de nos engagements baptismaux. « “Seigneur de l’univers. Devant toi j’épanche mon cœur. Si tu veux bien te pencher sur ton serviteur humilié, te souvenir de moi, ne pas m’oublier et me libérer”, afin que toute ma vie te soit consacrée. Que “ta servante (ton serviteur) trouve grâce devant toi et puisse te servir dans la paix” (cf. 1ère lect.) “en te rendant gloire pour ta victoire” (cf. Ct évangélique) ». Père Joseph-Marie_homélies,.fr

00:05 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

12/01/2014

Le Baptême de Jésus

La liturgie nous propose aujourd’hui un voyage étonnant. La première lecture s’ouvre en effet sur ce verset d’Isaïe : « voici (…) mon élu en qui j’ai mis toute ma joie », et l’évangile se termine sur cette parole du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour ». Ces deux versets désignent évidemment la même personne, leurs différences nous enseignent le chemin qu’il y a de la prophétie à son accomplissement. Prenons cet itinéraire à son départ. La lecture du livre d’Isaïe nous donne un portrait magnifique du Messie (Isaïe l’appelle le Serviteur). Il est celui que Dieu soutient, celui en qui il a mis toute sa joie. Il est la lumière des nations, il est l’Alliance de Dieu avec son peuple. Tous ces qualificatifs sont très forts. Le Serviteur est quelqu'un dont la vocation concerne tout homme, sa mission répond à l’espérance qui habite le cœurs de tous les hommes ; pour bien montrer cette universalité, Isaïe appelle ces cœurs les « iles lointaines » qui « aspirent à recevoir [les] instructions » du Messie. En chaque homme subsiste l’espérance du salut, le Serviteur est venu la réveiller. À peine avons-nous lu ces quelques versets, que nous prenons la mesure de notre entreprise. Le serviteur n’est pas un personnage qui puisse être envisagé indépendamment de sa mission. Or cette mission coïncide exactement avec le projet de Dieu sur nous. Faire le portrait du Messie annonce la grandeur de l’œuvre de Dieu. Cette vocation est remarquable : « il fera paraître mon jugement en toute fidélité ». Ainsi, en contemplant le Serviteur à l’œuvre, en nous émerveillant de la délicatesse de celui qui n’éteint pas « la mèche qui faiblit » et qui n’écrase pas « le roseau froissé », nous découvrons la délicatesse de l’amour de Dieu envers tout homme, nous découvrons ce projet divin que Dieu appelle « mon jugement ». Voici le jugement de Dieu sur l’humanité : « tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leurs prisons et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres ». Dieu veut redonner à tout homme sa liberté perdue, il veut tous nous rendre à nouveau capables d’aimer. En effet, saint Pierre l’explique dans la deuxième lecture, « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes », car il les regarde en son Fils unique, en Jésus-Christ. « C’est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous » ; c’est lui, Jésus, qui est le Serviteur dont le prophète disait « j’ai fait reposer sur lui mon esprit ». Tel est bien le témoignage que nous livre Jean-Baptiste et que Pierre atteste : « Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force ». Par la parole de saint Pierre, l’Église entière atteste qu’elle a vu l’accomplissement de la prophétie en Jésus-Christ. Dans l’Évangile, nous retrouvons donc Jean-Baptiste ; il est là pour accomplir sa propre mission de désigner Jésus comme le Messie. Après avoir entendu son portrait par Isaïe, nous mesurons à quel point l’événement du baptême de Jésus se passe dans l’extrême de l’obéissance et de l’humilité : voici le Sauveur du monde venant demander le baptême que Jean donne pour préparer les hommes à recevoir la grâce du salut. Or il est, lui, celui qui vient réveiller l’espérance du salut dans toutes les îles lointaines que sont nos cœurs isolés dans leurs projets d’autonomie ! Voici donc que lui qui n’a pas péché, se laisse ensevelir dans les eaux du Jourdain, c'est-à-dire dans les eaux de notre mort. Celui dont nous avons entendu qu’il « ne criera pas, [qu’il] ne haussera pas le ton » est bien l’Agneau que l’on reconnaît à sa douceur, l’Agneau que Dieu offre pour la réconciliation, selon la promesse qu’il avait faite à Abraham. Jean Baptiste ne mésestime pas la grandeur de cet événement. Il s’exclame en effet : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ». Jean Baptiste cherche ainsi à empêcher Jésus de recevoir le baptême, considérant que c’est lui-même qui a besoin d’être baptisé dans l’Esprit et non Jésus qui devrait se soumettre au rite du baptême de l’eau ! La réponse de Jésus est claire : « laisse-moi faire ». Jésus n’est soumis a aucune nécessité de recevoir ce baptême puisqu’il est sans péché et que sa mission est de ramener les pécheurs. Jésus reçoit le baptême de Jean Baptiste parce qu’il choisit de le faire. Il s’agit d’une humiliation volontaire de celui qui a décidé de se rendre solidaire des hommes. Et il le fait dans l’obéissance : « c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste ». Jésus et Jean doivent accomplir ensemble un dessein divin, qui, « pour le moment », demeure caché, mais qui se dévoilera au fur et à mesure qu’ils le réaliseront. Cette humiliation volontaire et cette obéissance nous apprennent beaucoup sur la manière dont Jésus envisage sa propre mission, sa propre identité. Il vient en effet dans le but d’accomplir les Écritures, c'est-à-dire pour réaliser les prophéties de l’Ancien Testament, notamment celle que nous avons entendue dans la première lecture. Mais en les accomplissant, il les dépasse amplement. Jésus ne réalise pas les prophéties au pied de la lettre (on le lui en demandait pas d’en faire autant), il les réalise d’une manière qui révèle pleinement l’amour de Dieu qui a suscité le projet divin annoncé par la prophétie. C’est ainsi qu’il nous sera possible de passer de la joie, « en lui j’ai mis toute ma joie » rapportait Isaïe, à l’amour paternel de Dieu, « en lui j’ai mis tout mon amour », rapporte saint Matthieu. La joie de Dieu est la joie de celui qui aime et qui ne fait qu’aimer. Ainsi, Jésus fut-il baptisé. Dès qu’il « sortit de l’eau », c'est-à-dire dès qu’il émerge de la mort dans laquelle il s’est volontairement plongé, dès qu’il rend la vie victorieuse sur la mort, mais également, dès qu’il eut franchi les eaux du Jourdain, dès qu’il entra sur la Terre Promise, « voici que les cieux s’ouvrirent ». Jésus est le nouveau Josué qui conduit le peuple de Dieu sur la Terre où Dieu l’attend, il rouvre les portes du paradis. Le monde divin est à nouveau accessible à l’homme. Ainsi l’Esprit Saint est-il donné dans sa plénitude au Messie. Puis Dieu le Père atteste en personne l’identité de son Fils. Lui seul pouvait le faire. La colombe et la voix, qui cite Isaïe, nous expliquent qu’il consacre son Fils dans la plénitude l’Esprit Saint, qu’il remet le monde entre les mains de son serviteur pour qu’il le sauve. La grande attente d’Israël est comblée, l’espérance de tout homme est satisfaite. Un sauveur nous est né, un fils nous est donné. Le temps de Noël ne peut avoir meilleure conclusion que la célébration du baptême du Seigneur. C’est en effet ainsi que nous terminons ce temps liturgique qui est le temps de la révélation de la grâce du salut en Jésus-Christ. Dans la Crèche, nous avons contemplé le Verbe fait chair, à l’Épiphanie nous avons vu la lumière du Christ illuminer les nations, au jour de son baptême, l’œuvre de Dieu se révèle dans sa plénitude : le Père veut sauver tous les hommes et confie à son Fils de leur révéler son amour. Mais ne nous méprenons pas : le temps de Noël ne s’arrête pas sur cet exposé de foi trinitaire. Que Dieu mette tout son amour en Jésus-Christ son fils unique nous enseigne que c’est en son Fils qu’il nous aime. Nous abordons donc le temps ordinaire riches de la révélation que le jugement de Dieu sur les hommes pécheurs consiste à faire d’eux ses enfants d’adoption, des fils dans le Fils. Seigneur Jésus, merci pour le temps de grâce que nous avons vécu avec toi ces dernières semaines. Nous avons vu en toi l’humanité que Dieu enfante, l’homme nouveau que nous sommes appelés à devenir. Nous avons vu briller la lumière de ton salut à la face des nations. Donne-nous de manifester fidèlement le jugement de Dieu pour tout homme : nous sommes devenus enfants de Dieu, fils dans le Fils, animés de la vie divine, envoyés vers nos frères dans la force de l’Esprit. Que ce don précieux transfigure notre temps ordinaire, qu’il soit, à chaque instant, le temps de ta grâce. Frère Dominique - homélies.fr

12:09 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

04/01/2014

"Voici l'Agneau de Dieu"

Deux disciples, accourus aux rives du Jourdain pour écouter les paroles du dernier des grands prophètes, Jean le Baptiste, se voient indiquer par celui-ci Jésus comme le Messie, l'Agneau de Dieu. Sans dire un mot, les deux hommes quittent leur Maître et sur sa parole, décident de suivre Jésus à distance, presque timides et embarrassés. C’est alors que Jésus se retourne. On devine l'émotion du Seigneur voyant ses premiers disciples venir à lui. Qui étaient-ils ? La suite du texte évangélique nous apprend que l'un d'eux était André, le frère de Simon-Pierre. Le nom du second ne nous est pas donné. Probablement s'agit-il de celui qui sera désigné tout au long de l'Evangile comme « le disciple que Jésus aimait ». Mais peut-être nous sera-t-il plus profitable de ne pas chercher ici à combler le silence sur l’identité de cet homme qui nous permet de pouvoir nous reconnaître en lui. Littéralement, l'Evangile nous dit : « S'étant retourné, Jésus les ayant admirés, suivant, leur dit… ». Jésus admire ces deux hommes qui ont commencé à mettre leurs pas dans les siens : le Fils de Dieu nous contemple, s'émerveille de nous voir engager notre liberté à sa suite… Il est beau et réconfortant de voir combien le Seigneur n’est pas indifférent au pas, aussi timides soient-ils, que nous posons derrière lui. S’étant retourné, Jésus leur demande alors : « Que cherchez-vous ? » Si un moment on avait pu croire le contraire, Jésus manifeste par cette question que c’est lui qui a bien l’initiative de l’appel de ces deux hommes. Quand on a à faire à Jésus, d’interrogeants, on devient interrogés, de « chercheurs », on se découvre « cherchés ». On en revient toujours à cette affirmation fondamentale de la première épître de saint Jean : c'est Lui, en fait, qui depuis toujours nous aime le premier (cf. 1 Jn 4,10). Par sa question : « Que cherchez-vous ? », Jésus invite ces hommes à prendre conscience et à nommer leur désir de proximité avec lui. « Rabbi (c'est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? » Ils ont pressenti que la connaissance de l'identité de ce mystérieux personnage ne se communiquerait qu'au cœur d'un compagnonnage intime. C’est bien à cela que Jésus les appelle en les invitant à une conversion du regard qui leur permettra de reconnaître peu à peu en lui, dans une communion de cœur et de pensée toujours plus grande, non pas un Rabbi comme tant d’autres mais leur Seigneur et leur Sauveur : « Ils l'accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. » Cette rencontre fut à ce point bouleversante que trois quart de siècle plus tard, l’heure de cette rencontre reste encore gravée dans les mémoires : « C'était vers quatre heure du soir ». Clairement, il y eut pour ces hommes un avant et un après. Depuis cette heure là, rien ne fut plus dès lors pareil ! Oui, nous ne sommes pas les disciples d'un système philosophique, d’une idéologie. Nous sommes des hommes et des femmes qui un jour dans leur vie ont fait, dans la foi, l'expérience de la rencontre non pas avec quelque chose mais avec quelqu’un, le « Vivant », le Christ (cf. 1 Jn 1,14), rencontre qui changea notre vie et qui lui donna une orientation totalement nouvelle ! Et c’est de cette rencontre dont nous voulons être témoins comme le fut André auprès de son frère Simon. « Seigneur fais-nous la grâce de demeurer auprès de toi, de te parler comme on s’entretient avec un ami, de communier chaque jour plus profondément à ta présence eucharistique. Transforme-nous et fais de nous des témoins de la vie nouvelle que tu veux offrir à tout homme. Puissions-nous avec l’aide de ta grâce inviter les hommes et les femmes de notre temps à ne pas avoir peur de s’approcher de toi et de marcher à ta suite. Là est le vrai bonheur ! » Frère Elie - Homélies.fr

04:17 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |