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31/12/2013

"Le verbe était la vraie lumière"

Nous sommes au terme de l’octave de Noël, et l’Eglise nous invite à revenir au cœur du mystère de l’Incarnation en méditant à nouveau le Prologue de saint Jean, que la liturgie nous avait proposé le jour de Noël. Ce jour-là nous avons contemplé la Lumière du Verbe déferlant sur notre monde plongé dans la nuit, et proposant à tous ceux qui ont soif de vérité, de renaître d’eau et d’Esprit, afin de devenir enfants de Dieu. Aujourd’hui nous méditerons plutôt les effets de la descente de la Parole divine au cœur de nos vies puisque tel est le fruit de la solennité de Noël. En choisissant de commencer le Prologue de son évangile par les mêmes mots que ceux du premier livre de la Bible, saint Jean affirme clairement son intention d’écrire une nouvelle Genèse ; ou plutôt d’expliciter ce qui dans la première demeurait encore caché en Dieu, et qui nous est maintenant révélé dans le Christ. Lorsque « au commencement » Dieu créa le ciel et la terre, il le fit par sa Parole toute-puissante. « Dieu dit : “Que la lumière soit” et la lumière fut. Dieu sépara la lumière des ténèbres » (Gn 1, 3-4). Dieu crée par sa Parole toute-puissante, par ce Verbe dont saint Jean nous précise qu’il « était depuis toujours auprès de Dieu » ; bien plus : qu’il « était Dieu ». « Il était au commencement auprès de Dieu », poursuit l’évangéliste ; « par lui, tout s’est fait et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui ». Ce Verbe est l’expression parfaite du Père, l’effigie de sa substance, « l’image du Dieu invisible » (Col 1, 15) en qui le Père se dit tout entier. Dieu n’est pas un Etre solitaire, mais une Trinité de personnes unies dans un éternel dialogue d’amour. Lorsque d’un commun accord elles décident de créer le monde, les Trois ne suscitent pas un jardin d’agrément pour leur propre distraction ; mais dès « le commencement », Dieu en créant les univers s’adresse à l’homme qui constitue la finalité de toute son œuvre, et qu’il a fait « à son image et à sa ressemblance » (Gn 1, 26), c’est-à-dire conscient et libre, capable de parler et d’aimer. Hélas le cœur de nos premiers parents s’est perverti lorsqu’ils ont accueilli le discours mensonger du Serpent, celui que Jésus désigne comme « le menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44), celui qui fut « homicide dès les origines » (Ibid.). Dès lors Adam n’est plus dans la lumière et sa parole n’est plus véridique ; à la confiance filiale succède la défiance et la peur : « J’ai entendu ton pas dans le jardin et j’ai eu peur » (Gn 3, 10) ; l’amour fraternel fait place à l’accusation : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! » (Gn 3, 12) ; bientôt la haine meurtrière assombrira l’horizon des rapports humains : « Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua » (Gn 4, 8). La parole de l’homme n’est plus à l’image de celle de Dieu : elle est devenue double, hypocrite, mensongère ; au lieu de dévoiler la vérité, elle la recouvre, l’occulte, la déforme. La parole n’est plus source de partage, communication de richesse, échange de vie, expression de l’amour ; elle est affirmation d’un pouvoir, manipulation de l’opinion, violence mentale, semence de mort. Comment pourrions-nous conduire la création de son achèvement naturel à son accomplissement surnaturel selon le plan de Dieu, nous qui avons laissé défigurer en nous son image ? Comment « notre cœur double et notre langue mensongère » pourraient-ils prolonger l’œuvre de la création sans la trahir ? Nous voulons la paix et nous n’enfantons que la guerre ; nous désirons la communion dans l’unité et nous n’engendrons que la division par nos paroles qui sèment la zizanie. Mais grâce soit rendue à Dieu notre Père et à son Fils Jésus-Christ ! Emu de compassion devant le triste état de notre humanité et devant notre impuissance, Dieu nous a d’abord donné la Loi afin que nous puissions à nouveau discerner entre le bien et le mal. Puis, « à la plénitude des temps, il envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi afin de racheter les sujets de la loi, afin de nous conférer l’adoption filiale » (Ga 3, 4-5). « Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce : après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ ». En lui nous sommes restitués à l’image de Dieu, capables de nous parler en vérité et de nous aimer dans la charité. Car le Verbe Lumière est venu dans notre monde éclairer tout homme : « Tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu », frères de Jésus-Christ. En lui nous sommes à nouveau capables d’aimer Dieu notre Père « en Esprit et vérité » (Jn 4, 23) et de vivre entre nous dans la paix et l’unité, comme il convient au sein de « la famille de Dieu » (cf. Ep 3, 19). « Loué sois-tu Père de nous avoir envoyé ton Verbe de lumière pour qu’il fasse la vérité dans nos vies. Loué sois-tu ô Christ d’avoir pris chair de notre chair pour faire resplendir ta gloire au cœur de nos ténèbres. Loué sois-tu ô Esprit Saint de conduire nos pas sur les chemins de la charité à l’école de l’Evangile. O Trinité Sainte, qui nous avez fait la grâce de nous créer à votre image afin que nous puissions vivre de votre vie et partager votre sainte compagnie, ne permettez pas que nous demeurions à l’ombre de la mort, enfermés dans la prison du mensonge et de la haine, alors que s’est levé le Soleil de justice et que brille l’astre de l’Amour. Que « l’onction sainte de celui qui nous a consacrés » (1ère lect.) porte en nous son fruit de louange, afin que la création tout entière puisse entamer par nos voix le chant nouveau de sa reconnaissance (Ps 95) ». Père Joseph-Marie

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29/12/2013

Les saints innocents

La fête des saints Innocents nous ramène à la question de Dieu face à la souffrance et au mal. Pourquoi Dieu n’intervient-il pas pour sauver ces enfants innocents ? Pourquoi laisse-t-il les soldats d’Hérode les assassiner ? Douloureuses interrogations… Comment effectivement ne pas rendre Dieu responsable, même indirectement, de ce massacre ! Comment ne pas voir en lui un Dieu injuste quand il permet à son Fils d’être sauvé alors qu’il ne fait rien pour ces enfants de Bethléem ! Attention à ne pas trop vite nous faire le juge de quelqu’un qui nous dépasse infiniment par ce qu’il est et par ce qu’il réalise. De plus, poser la question du mal à Dieu comme Créateur et Seigneur du monde, nous le savons bien, conduit à de multiples frustrations et à des conflits dans notre rapport avec Dieu voire même peut nous amener à la négation pure et simple de Dieu. Le mal et la souffrance obscurcissent l’image de Dieu et ce parfois de façon radicale, lorsqu’on est confronté au drame quotidien de tant de souffrances sans qu’il y ait eu faute, et de tant de fautes sans peines adéquates en retour. C’est ici qu’il est important de situer l’épisode du massacre des enfants de Bethléem sur l’horizon de la finalité de l’Incarnation du Fils de Dieu. Si celui-ci se trouve épargné grâce à l’intervention de Joseph inspiré par l’ange, c’est pour que ne soit pas mis en échec le salut de Dieu et que tous nous puissions être sauvés. Jésus est ici « sauvé » en vu de l’Heure de sa Passion où lui aussi traversera la mort pour la vaincre par le surcroît d’amour et de miséricorde dont il viendra l’habiter. A travers sa propre souffrance, accompagnant le don de sa vie par amour pour nous, le Fils unique nous sauvera. Tel est l’amour de Dieu envers l’homme, l’amour envers le « monde » : c’est l’amour sauveur. C’est d’ailleurs dans cet amour que ces enfants sont sauvés de façon anticipative. La mort des enfants innocents de l’évangile nous rappelle que le salut est lié étroitement au problème de la souffrance parce que sauver signifie libérer du mal. Parce qu’ils sont innocents, leur mort ne peut être qu’unie au sacrifice d’amour de Jésus sur la croix, lui l’Innocent, qui fait de toutes les morts innocentes des offrandes parfaites de charité consumées dans le feu de son Amour divin. C’est en ce sens que ces enfants sont de véritables martyrs. Comment ne pas penser à tous ces enfants innocents qui aujourd’hui encore souffrent ou meurent injustement, victimes d’avortements, de violences physiques ou morales… L’Ennemi semble pouvoir tuer et détruire à son gré. Mais il ne sait pas que la mort où il envoie ses victimes est déjà resplendissante de la Vie de celui qui l’a traversée pour en triompher par sa Résurrection. Lui qui est la Résurrection et la Vie accueille chacun de ces petits à qui il s’est uni par son sacrifice d’amour dans sa paix et dans sa gloire. Mieux que de rendre Dieu responsable de tous les maux du monde, il serait plus fécond de revenir à notre propre responsabilité de rendre manifeste avec l’aide de la grâce divine le triomphe de la Vie et de l’Amour divin au cœur de la culture de mort et de haine véhiculée par notre monde. Dans son encyclique Evangelium Vitae, Jean-Paul II exhortait : « Il est urgent de se livrer à une mobilisation des consciences pour mettre en œuvre une grande stratégie pour le service de la vie. Nous devons construire tous ensemble une nouvelle culture de vie. » « Seigneur, puisqu’en ce jour les saints Innocents ont annoncé ta gloire, non point par la parole, mais par leur seule mort, fais que toute notre existence témoigne de ce que notre bouche proclame : la foi dans le triomphe de ta résurrection et de ta vie. » Homelie.fr

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25/12/2013

"Le Verbe s'est fait chair"

Aux récits de la Nativité fait suite dans la liturgie « du jour » le prologue de l’évangile selon saint Jean. L’événement a été raconté : un Enfant nous est né. Les anges l’ont proclamé : Il est le Sauveur, le Fils du Très-Haut. Saint Jean réfléchit sur la portée de l’événement, son sens pour l’Histoire, pour chaque homme. Prenons trois simples dimensions de ce passage si riche et dense 1. Recommencer. « Au commencement était le Verbe » (v 1) : c’est le premier verset de l’évangile selon saint Jean. La venue sur la terre du Fils de Dieu est un nouveau commencement. Après l’Incarnation, rien ne sera plus comme avant. Le Royaume des cieux sur terre est inauguré, la semence est plantée, elle va grandir jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ce que tout soit récapitulé par Lui dans le Père. Noël est le jour de l’espérance ! Le Pape François le redisait dans un récent Angélus (15 décembre 2013) : la joie fait partie de la vie chrétienne ! Car, avec Jésus, il est toujours possible de recommencer. Jésus est le commencement et recommencement de toutes les choses. 2. Accueillir. « à toux ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, ceux qui croient en son nom... » (v 12). Jésus est chez lui dans l’univers tout entier : au Ciel qui est sa demeure, dans la Création car « par lui tout a été fait ». Il ne demande pas la permission aux animaux et aux plantes pour régner sur eux. Mais pour habiter dans le cœur humain, il veut être accueilli librement. La créature humaine accueille librement l’avènement du Fils de Dieu en son cœur par la foi en son Nom. La vie publique de Jésus le confirmera : c’est là où ses interlocuteurs ont la foi qu’il accomplit des miracles 3. Contempler. « Le Verbe (...) a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire » (v 14). Ce que l’on fait le plus souvent devant un nouveau-né est tout simplement d’admirer sa simplicité, son calme, la gratuité de sa vie. C’est peut-être pour cela, finalement, que Jésus a voulu venir comme un simple nouveau-né. La première attitude vis-à-vis de lui, avant de l’écouter, d’analyser ses gestes, de s’émerveiller devant ses miracles, c’est tout simplement de l’admirer, de le contempler. C’est cela sa gloire, la grandeur de sa petitesse. Dialogue avec le Christ Seigneur, en ce jour je renouvelle ma foi en toi. Tu es venu dans le monde, pour moi, je veux t’accueillir comme mon Sauveur. Je voudrais te contempler. Tu es ma joie. Résolution Prendre un moment aujourd’hui pour contempler Jésus dans la crèche. Catholique. org

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08/12/2013

"Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint"

La nouvelle logique de la foi est centrée sur le Christ. La foi dans le Christ nous sauve parce que c’est en lui que la vie s’ouvre radicalement à un Amour qui nous précède et nous transforme de l’intérieur, qui agit en nous et avec nous… Le Christ est descendu sur la terre et il est ressuscité des morts ; par son incarnation et sa résurrection, le Fils de Dieu a embrassé toute la marche de l’homme et demeure dans nos cœurs par l’Esprit Saint. La foi sait que Dieu s’est fait tout proche de nous, que le Christ est un grand don qui nous a été fait, don qui nous transforme intérieurement, nous habite, et ainsi nous donne la lumière qui éclaire l’origine et la fin de la vie, tout l’espace de la marche de l’homme.

Nous pouvons ainsi comprendre la nouveauté à laquelle la foi nous conduit. Le croyant est transformé par l’Amour, auquel il s’est ouvert dans la foi, et dans son ouverture à cet Amour qui lui est offert, son existence se dilate au-delà de lui-même. Saint Paul peut affirmer : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi », et exhorter : « Que le Christ habite en vos cœurs par la foi » (Ga 2,20; Ep 3,17). Dans la foi, le moi du croyant grandit pour être habité par un Autre, pour vivre dans un Autre, et ainsi sa vie s’élargit dans l’Amour. Là se situe l’action propre de l’Esprit Saint. Le chrétien peut avoir les yeux de Jésus, ses sentiments, sa disposition filiale, parce qu’il est rendu participant à son Amour, qui est l’Esprit. C’est dans cet Amour que se reçoit en quelque sorte la vision propre de Jésus. Hors de cette conformation dans l’Amour, hors de la présence de l’Esprit qui le répand dans nos cœurs, il est impossible de confesser Jésus comme Seigneur (cf Rm 5,5; 1Co 12,3).

Pape François 

 

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