topblog Ivoire blogs

05/11/2013

"Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu !"

« Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » : on aurait aimé entendre les propos de Jésus sur le Royaume qui arrachent ce cri d’émerveillement à un de ses auditeurs !
Pourtant la réponse du Seigneur résonne comme une sérieuse mise en garde, car cet interlocuteur juif – tout comme l’auditeur chrétien que je suis - fait partie des premiers invités à ce « grand dîner ». Il ne suffit pas de s’émerveiller devant les conditions du repas messianique ; il faut surtout veiller à ne pas repousser l’invitation lorsqu’elle se présente.
Nous espérons tous jouir un jour du bonheur du ciel, mais… après avoir fait le tour des joies terrestres, et épuisé toutes les possibilités que nous offre notre humanité ! Les occupations présentées comme excuses pour ne pas avoir à répondre à l’invitation, n’ont rien d’extravagant ou de peccamineux : il s’agit d’activités normales de la vie. Pourtant, la parabole dénonce qu’elles peuvent constituer un dangereux obstacle à la participation au Royaume. 
Les invités n’ont pas été surpris à l’improviste : ils avaient été avertis, et lorsque selon la coutume le serviteur vient leur signifier le début des festivités, il auraient dû accourir sans tarder. La désinvolture avec laquelle ils repoussent l’invitation qui leur est faite, est une forme subtile de mépris envers celui qui leur fait l’honneur de les convier. 
On comprend la colère de cet homme, qui ne décommande pas pour autant son repas : puisque les invités étaient indignes, d’autres profiteront de ce qui leur était destiné. Non seulement « les pauvres, estropiés, aveugles et boiteux » - bref : les déshérités de la vie, les exclus de la convivialité sociale - sont « invités », mais ils sont « amenés » par le serviteur jusqu’à la salle des fêtes. On imagine sans peine que ceux qui n’ont rien à perdre, se font moins prier et répondent avec bien plus d’empressement à cette invitation inespérée !
Profitant de l’effet de surprise de ce dénouement inattendu, Jésus interprète lui-même la parabole en s’identifiant à un des personnages : « Je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner ». C’est donc lui le Maître de maison qui convoque en vain les invités de la première heure - entendons Israël. Mais l’endurcissement du peuple de la première Alliance, qui n’a pas voulu reconnaître le temps où Dieu le visitait, son refus obstiné d’entrer dans le Royaume promis, va en ouvrir les portes à tous les exclus, c'est-à-dire à tous les païens qui se convertiront à l’Evangile.
Cette parabole vaut pour les Juifs du temps de Jésus, mais aussi pour nous chrétiens d’aujourd’hui. Qui d’entre nous n’a pas un jour ou l’autre refusé une sollicitation de l’Esprit sous prétexte que nous étions trop occupés, trahissant ainsi que nous nous sommes bel et bien appropriés les activités que le Seigneur nous a confiées ? La première invitation nous est parvenue, et nous y avons répondu le jour de notre baptême ; mais nous tenons-nous prêts à chaque instant pour la convocation définitive ? Sommes-nous disposer à tout quitter pour répondre à l’appel du Seigneur quand il viendra ?
« Attends le Seigneur Israël, nous exhorte le Psalmiste maintenant et à jamais ». Et il nous indique le chemin pour garder notre cœur dans cette attitude de paisible vigilance : « Je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins ni merveilles qui me dépassent. Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère ». L’humilité ne consiste pas à prétendre que nous ne sommes bons à rien ; mais plutôt à accomplir ce que le Seigneur attend de nous dans la reconnaissance pour la confiance qu’il nous témoigne, et dans la simplicité d’un cœur tout tourné vers lui et prêt à lui répondre au moindre appel. « Vers toi j’ai les yeux levés, vers toi qui es au ciel. Comme les yeux de la servante vers la main de sa maîtresse, nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu, attendent sa pitié » (Ps 123[122]).

« Seigneur, de quoi nous rassasierons-nous au repas dans ton Royaume, sinon de la l’Esprit de charité que tu nous donneras en surabondance ? Apprends-nous à vivre dès à présent dans la communion fraternelle, plus soucieux du bien commun que du nôtre ; alors nous ne serons ni surpris, ni dérangés par ton appel, qui ne fera que confirmer l’orientation que nous aurons donnée à notre vie, sous la conduite de ta grâce. Plutôt que de “contrister l’Esprit” (cf. Ep 4, 30), accorde-nous de “le laisser jaillir” (cf. Rm 12, 11) pour ton service et celui de nos frères. »
 
Père Joseph-Marie - Famille de Saint Joseph

00:05 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

03/11/2013

Zachée

Zachée est sans doute un des personnages les plus connus et aussi les plus sympathiques des évangiles. Pourtant on ne peut pas dire que ce soit un homme très fréquentable – du moins au départ de son itinéraire. Il est non seulement collecteur, mais « chef des collecteurs d’impôts » c’est-à-dire l’intermédiaire entre les receveurs de taxes et l’administration romaine. Ce poste était fort envié, car il permettait de brasser pas mal d’argent ; mais celui qui l’occupait était ipso facto exclu de la société civile et religieuse juive, en tant que collaborateur direct de l’occupant. 
Saint Luc nous apprend qu’il « était de petite taille » : était-ce pour compenser un complexe d’infériorité qu’il avait consenti à ce métier peu honorable, mais qui lui donnait un pouvoir exorbitant sur son entourage ? Était-ce pour se venger des quolibets qu’il avait dû endurer durant son enfance ? Quoi qu’il en soit, sa petite taille lui joue à nouveau un mauvais tour puisqu’elle l’empêche de voir la route où Jésus va passer. On imagine sans peine les rires sarcastiques et revanchards de la foule qui, à la vue du petit homme, se ressert encore davantage pour l’empêcher de se glisser au premier rang. 
« Il courut en avant et il grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là » : c’est probablement la détermination et l’astuce de Zachée, associées à l’absence de respect humain, qui le rendent sympathique malgré tous les antécédents qui plaident contre lui. La scène a quelque chose à la fois de cocasse et de bon enfant : un homme adulte, perché maladroitement sur un arbre et cherchant à se cacher dans les frondaisons qui s’étendent au-dessus de la route. La foule l’a bien sûr remarqué et ne manque pas de se moquer bruyamment de lui, trop heureuse de voir s’exposer au ridicule celui qu’elle redoute en d’autres circonstances.
La surprise vient de la réaction de Jésus, qui va faire basculer le récit. Loin de se joindre aux sarcasmes et aux mépris de la foule, Notre-Seigneur s’arrête et pose sur Zachée un regard amusé certes, mais bienveillant. Jésus « lève les yeux » comme pour cueillir un fruit mûr et ouvre le dialogue avec lui : « “Zachée descends vite” : tu veux t’élever, te grandir aux yeux de tous pour compenser ta petite taille mais ce n’est pas ainsi que tu pourras me rencontrer. Le Dieu que tu as trahi et que pourtant tu cherches dans ton cœur, n’est pas dans les hauteurs : “devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même” (Ph 2, 7-8), il est descendu jusqu’à toi, il se tient même en dessous de toi pour ne pas t’humilier comme le font tes concitoyens ; et il vient jusqu’à toi pour mendier ton hospitalité : “aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi” ». 
« Il faut que » : étonnante nécessité, à laquelle fera écho cet autre parole de Jésus Ressuscité aux disciples d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Messie souffrit tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24, 26) Cette halte du Seigneur dans la maison de Zachée, juste avant sa Passion, résume tout son ministère : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Notre-Seigneur n’a pas dit « celui qui était perdu », mais « ce qui était perdu ». Qu’avait donc perdu Zachée, sinon la grâce, dont le péché l’a privé ? « Il fallait » que le Fils de l’homme descende dans notre humanité, pour nous rendre la vie filiale que nous avions perdue par nos fautes. 
Surpris de voir le Maître « lever le regard » vers lui, Zachée esquisse un geste de recul, cherchant à s’enfoncer plus profondément dans la frondaison. Mais lorsque Jésus lui intime de descendre pour l’accueillir, il n’ose en croire ses oreilles ; cependant l’ordre du Maître s’impose à lui, et fou de joie il descend à toute vitesse de son perchoir pour rejoindre Jésus et l’introduire dans sa maison. 
Jamais dans tout son récit, saint Luc ne précise que les pharisiens reçoivent Jésus à leur table « avec joie ». Or dans le troisième évangile - appelé encore « l’évangile de la joie » - celle-ci trahit toujours la présence de l’Esprit Saint. Pensons en particulier à l’atmosphère de joie et même d’allégresse spirituelle, qui préside à la rencontre de Marie et d’Élisabeth dans l’épisode de la visitation (Lc 1, 39-56). Serait-ce donc que l’Esprit habite davantage le cœur du pécheur Zachée que celui des chefs religieux, ces hommes réputés « justes » en raison de leur stricte observance de la loi ? Ce n’est certes pas le péché qui a attiré l’Esprit Saint dans le cœur de Zachée ; mais force nous est de constater que ce ne sont pas davantage les œuvres des pharisiens qui les sanctifient. 
La joie résulte du repos de l’âme dans un bien aimé et ardemment désiré. Telle est la joie de Zachée, qui s’est laissé toucher par les propos de Jésus dont il a entendu les enseignements à l’abri des regards indiscrets. Il s’est pris à aimer ce rabbi dont les paroles de miséricorde ont transpercé son cœur. Aussi brûlait-il secrètement du désir de le voir. Lorsqu’en s’invitant chez lui, Jésus vient au devant de ce désir, Zachée ouvre son cœur à la grâce, et l’Esprit manifeste immédiatement sa présence, non seulement par la joie qui l’envahit, mais aussi en le libérant de son avarice et en lui donnant accès à la liberté du don. 
Telles ne sont pas les dispositions intérieures des pharisiens, plus préoccupés de saisir le moindre motif de critique, voire de condamnation dans les propos et les agissements de ce rabbi qui leur fait de l’ombre. Loin de brûler d’amour pour Jésus, c’est plutôt la flamme de la haine qui embrase leur cœur. Devant l’enthousiasme des foules, leur aversion ne fait que croître, et leur tristesse morbide se transforme en rage meurtrière. Comment pourraient-ils « recevoir Jésus avec joie » ? 
Le secret de Zachée, c’est d’avoir su distinguer clairement sa malice objective, dont il avait bien conscience, et la bienveillance - bien plus objective encore - de Jésus, dont il s’est perçu aimé, non pas malgré ses fautes, mais à cause de son péché. Se convertir ne signifie pas changer de vie de manière volontariste, mais se laisser trouver par Jésus, qui désire être l’hôte de nos cœurs. Ce n’est que dans la mesure où nous accueillons « le salut dans notre maison », que le Seigneur « par sa puissance, nous donnera d’accomplir tout le bien que nous désirons, et qu’il rendra active notre foi ». 

« Seigneur, tu poses ce même regard de tendresse à chaque instant sur chacun de nous ; un regard porteur du même message d’espérance. “Tu fermes les yeux sur nos péchés pour que nous nous convertissions et que nous puissions croire vraiment en toi” (1ère lect.). Tu ne désires rien d’autre que de nous voir participer à ta gloire, en nous donnant part à ta vie dans l’Esprit (cf. 2nd lect.). Ce n’est pas nous qui te cherchons, mais c’est toi qui vient au-devant de nous en mendiant notre hospitalité. Aujourd’hui, moi aussi, comme Zachée, je veux te recevoir avec joie, toi qui es venu pour me combler de la grâce que j’avais perdue et que je peux enfin retrouver en toi. »
 
Père Joseph-Marie - Famille de Saint Joseph

13:50 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

02/11/2013

"Le mauvais riche et le pauvre Lazare"

Luc 16.19/31

Certains supposent que ce texte n’est pas une parabole mais un récit authentique. Il est évidemment impossible de trancher d’une manière absolue, et chacun peut adopter l’hypothèse qui lui convient. En tout cas, le simple fait que la question soit posée, met en évidence le réalisme du récit.

Comme chaque fois, il fait naître en nous des images, que nous diviserons en tableaux. Nous pouvons les placer dans le cadre qui nous convient.

Le premier va se situer dans une luxueuse villa. Nous pouvons y placer des scènes de festins ! Y ajouter des musiques que nous aimons, des costumes de soirées, cela à notre goût. Nous pouvons encore y faire évoluer toute une compagnie légère et insouciante peut être aussi un peu avinée !

Deuxième tableau : rendons-nous dehors, devant la maison, nous pouvons y apercevoir, non loin de la belle porte, un mendiant qui gît à même le sol, en compagnie d’un chien ou de plusieurs, tout comme les SDF de nos villes.

L’air est chargé d’odeurs festives, nos oreilles perçoivent des échos de la musique, compagne fidèle de toutes les fêtes.

C’est ce contraste douloureux entre la misère et le luxe que Jésus veut mettre en évidence, il veut par ce moyen, provoquer et même contraindre à la réflexion et préparer le tableau suivant.

Troisième tableau : C’est un enterrement. Le défunt n’a pas d’ami, pas de tombeau, pas de discours. Peut être ses chiens suivent-ils de loin ? Les hommes se débarrassent en silence d’un problème nommé Lazare, il n’est plus gênant, il sera vite oublié…

Pour cette occasion, tout comme autrefois Elisée ouvrit les yeux de son serviteur 1, Jésus ouvre les notre pour que nous puissions un instant voir l’invisible. Des anges sont là qui, nous dit le maître, conduisent l’âme du mendiant dans ce lieu que Jésus appelle le « sein d’Abraham ».

Rien ne nous interdit de croire que son arrivée en une telle compagnie fut fêtée comme il se doit ! Lazare était connu, il a un nom, un nom qui signifie : Dieu mon aide…

Nom prophétique, s’il en est !

Quatrième tableau : C’est le tour du riche d’être conduit au cimetière, cet homme n’a pas de nom. Pour des générations de lecteurs de la Bible, il est resté « le mauvais riche », et pour Dieu il en est de même, son nom n’est écrit nulle part. Nous le savons bien, devant la mort tous les hommes sont égaux, avec ou sans nom elle nous guette, sans faire la moindre préférence. Mais, où les choses varies, c’est sur l’habillage qu’on lui donne.

L’enterrement fut somptueux. Discours, fleurs, mines attristées, un très bel enterrement en somme, une dernière fête, un dernier hommage, avant de se partager à partager l’héritage ! Il y a là tout le monde. Les notables, les anciens combattants, le maire et même le préfet, les autorités civiles et religieuses, croyants et mécréants, tous sont là ! Hommage lui est rendu par de beaux et longs discours… Mais… pas d’anges, pas le plus petit ange, rien ! Jésus ne nous montre rien, c’est normal, là, il n’y a rien à recevoir.

Cinquième tableau : L’instant d’après, nous voilà pour un instant transportés dans le séjour des morts. Spectateurs et auditeurs silencieux, nous voyons et entendons des choses étranges ! Heureusement, le Seigneur nous tient par la main, seuls nous aurions très peur.

L’ex-riche sans nom, est là. Il scrute un horizon lointain, met la main sur ses yeux, pour préciser sa vision, et ce qu’il voit l’émeut au plus haut point. Il aperçoit Lazare « son SDF », il le reconnait bien ! Il l’a si souvent croisé en sortant de chez lui, même de temps à autre, grand seigneur, il lui jetait quelques monnaies… Lazare est « dans le sein d’Abraham » il est heureux serein, apaisé, il a visiblement tout ce que lui, l’ex-riche n’a pas, n’a jamais eu. Qu’il n’a jamais pu avoir et qu’il n’aura certainement plus jamais !

Nous sommes invités à écouter un dialogue surréaliste entre le ciel et l’enfer, le patriarche et le déchu ! Celui-ci, pour qui la prière n’a jamais été que dominicale 3, fait une tentative. Il interpelle Abraham ! Sa voix est forte, vibrante de sincérité, peut être même, y a-t-il une larme dans cet appel d’outre tombe !

Quel est donc le sujet de cette requête ? Abraham devrait, selon notre pauvre riche, envoyer Lazare pour qu’il se mette à son service et lui rafraîchisse la langue ! Cela de toute urgence ! La repentance n’est pas en ce lieu de tourment. Même là, cet homme se croit encore supérieur, et a l’outrecuidance de requérir les services, gratuits de « son » ex EDF ! On croit rêver… N’avons-nous pas là, une sorte de définition de ce que sera l’enfer ? Un lieu ou des hommes, incapables de la moindre repentance, seront rassemblés, et ou ils mettront en commun leurs haines, leurs vanités, leur orgueil etc…

Le patriarche ainsi interpellé, explique : Non ! La chose est impossible. Elle ne dépend pas de lui. Même si Lazare le souhaitait, il ne pourrait pas le faire, un abîme est entre eux ! D'ailleurs, lui, le riche, devait comprendre : il a eu la récompense de son choix : les plaisirs sur la terre. Il les a tous eu, sauf un : Celui de partager avec Lazare ! Maintenant c’est au tour de Lazare d’être heureux… La justice est satisfaite. De toutes manières, un abîme les sépare, rien de moins. Un abîme qui a été creusé sur la terre à coup de fêtes, d’insouciances, d’indifférences, d’impiétés. Cet abîme c’est lui, le riche-pauvre, qui l’a empêché de voir la misère et le dénuement complet de son voisin !

Cela est vrai aussi pour tous les autres « riches-pauvres » qui vivent insouciants… cet avertissement sans frais est adressé à tous les hommes : Attention vous creusez votre propre abîme !

Ne pouvant plus penser efficacement à lui, notre homme, un peu tardivement il est vrai, se met à penser aux autres ! Ô pas à tous les autres ! Non à ses cinq frères ! Petit cercle de famille, anciens compagnons de réjouissances ! Nous pouvons aussi voir en eux des frères en religion, en philosophie, en politique, en sport…que sais-je encore ? Lazare, toujours lui, devrait revenir sur la terre pour expliquer à ses frères, ses cinq frères, pas plus, quelle a été son erreur et leur décrire la conséquence dramatique !

Ses cinq frères suffisent à son inquiétude. Et les autres ? En fait, il ne les a jamais connus, pas même vus, ils étaient transparents, comme Lazare ! Pourquoi existeraient-ils maintenant, En enfer, nous l’avons dit, point de repentance, point de changements, l’homme est figé, telle la femme de Lot, changée en statue de sel à jamais stérile !

Le dialogue s’arrête là, le rideau tombe, et nous laisse seul avec nous même et nos réflexions ! Jésus, laisse ses auditeurs juifs face au père qu’ils revendiquent si haut et si fort ! Nous avons, disent-ils haut et fort, Abraham pour père ! Quand à nous, Jésus nous laisse face à sa parole, il nous suggère de bien réfléchir au fait que notre vie est unique, qu’il n’y a pas de nouvelle chance. Il est, lui notre seule chance.

Ce riche est en réalité pauvre, ces richesses ont été rongées pas la teigne et la rouille ! De quoi sommes-nous riches ?

Lazare était un pauvre riche ! Riche de sa confiance en Dieu. Cette confiance, c’est son nom ! Dieu soit mon aide ! Ce qui caractérise cet homme, ce qui lui confère une identité connue dans le monde entier, c’est cette confiance en Dieu qui aurait fait ricaner les riches s’il avait pu en témoigner. Il a perdu sa vie ? Non, il semait pour l’éternité, le riche aussi, mais pas la même semence ! Et nous, quelle semence jetons-nous dans le champ de notre vie ?

Ce qu’un homme sème, il le moissonne !

Daniel QUINTIN

http://www.eglisesencevennes.com/multimedia/articles/lazare.html

11:27 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |