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02/11/2013

"Le mauvais riche et le pauvre Lazare"

Luc 16.19/31

Certains supposent que ce texte n’est pas une parabole mais un récit authentique. Il est évidemment impossible de trancher d’une manière absolue, et chacun peut adopter l’hypothèse qui lui convient. En tout cas, le simple fait que la question soit posée, met en évidence le réalisme du récit.

Comme chaque fois, il fait naître en nous des images, que nous diviserons en tableaux. Nous pouvons les placer dans le cadre qui nous convient.

Le premier va se situer dans une luxueuse villa. Nous pouvons y placer des scènes de festins ! Y ajouter des musiques que nous aimons, des costumes de soirées, cela à notre goût. Nous pouvons encore y faire évoluer toute une compagnie légère et insouciante peut être aussi un peu avinée !

Deuxième tableau : rendons-nous dehors, devant la maison, nous pouvons y apercevoir, non loin de la belle porte, un mendiant qui gît à même le sol, en compagnie d’un chien ou de plusieurs, tout comme les SDF de nos villes.

L’air est chargé d’odeurs festives, nos oreilles perçoivent des échos de la musique, compagne fidèle de toutes les fêtes.

C’est ce contraste douloureux entre la misère et le luxe que Jésus veut mettre en évidence, il veut par ce moyen, provoquer et même contraindre à la réflexion et préparer le tableau suivant.

Troisième tableau : C’est un enterrement. Le défunt n’a pas d’ami, pas de tombeau, pas de discours. Peut être ses chiens suivent-ils de loin ? Les hommes se débarrassent en silence d’un problème nommé Lazare, il n’est plus gênant, il sera vite oublié…

Pour cette occasion, tout comme autrefois Elisée ouvrit les yeux de son serviteur 1, Jésus ouvre les notre pour que nous puissions un instant voir l’invisible. Des anges sont là qui, nous dit le maître, conduisent l’âme du mendiant dans ce lieu que Jésus appelle le « sein d’Abraham ».

Rien ne nous interdit de croire que son arrivée en une telle compagnie fut fêtée comme il se doit ! Lazare était connu, il a un nom, un nom qui signifie : Dieu mon aide…

Nom prophétique, s’il en est !

Quatrième tableau : C’est le tour du riche d’être conduit au cimetière, cet homme n’a pas de nom. Pour des générations de lecteurs de la Bible, il est resté « le mauvais riche », et pour Dieu il en est de même, son nom n’est écrit nulle part. Nous le savons bien, devant la mort tous les hommes sont égaux, avec ou sans nom elle nous guette, sans faire la moindre préférence. Mais, où les choses varies, c’est sur l’habillage qu’on lui donne.

L’enterrement fut somptueux. Discours, fleurs, mines attristées, un très bel enterrement en somme, une dernière fête, un dernier hommage, avant de se partager à partager l’héritage ! Il y a là tout le monde. Les notables, les anciens combattants, le maire et même le préfet, les autorités civiles et religieuses, croyants et mécréants, tous sont là ! Hommage lui est rendu par de beaux et longs discours… Mais… pas d’anges, pas le plus petit ange, rien ! Jésus ne nous montre rien, c’est normal, là, il n’y a rien à recevoir.

Cinquième tableau : L’instant d’après, nous voilà pour un instant transportés dans le séjour des morts. Spectateurs et auditeurs silencieux, nous voyons et entendons des choses étranges ! Heureusement, le Seigneur nous tient par la main, seuls nous aurions très peur.

L’ex-riche sans nom, est là. Il scrute un horizon lointain, met la main sur ses yeux, pour préciser sa vision, et ce qu’il voit l’émeut au plus haut point. Il aperçoit Lazare « son SDF », il le reconnait bien ! Il l’a si souvent croisé en sortant de chez lui, même de temps à autre, grand seigneur, il lui jetait quelques monnaies… Lazare est « dans le sein d’Abraham » il est heureux serein, apaisé, il a visiblement tout ce que lui, l’ex-riche n’a pas, n’a jamais eu. Qu’il n’a jamais pu avoir et qu’il n’aura certainement plus jamais !

Nous sommes invités à écouter un dialogue surréaliste entre le ciel et l’enfer, le patriarche et le déchu ! Celui-ci, pour qui la prière n’a jamais été que dominicale 3, fait une tentative. Il interpelle Abraham ! Sa voix est forte, vibrante de sincérité, peut être même, y a-t-il une larme dans cet appel d’outre tombe !

Quel est donc le sujet de cette requête ? Abraham devrait, selon notre pauvre riche, envoyer Lazare pour qu’il se mette à son service et lui rafraîchisse la langue ! Cela de toute urgence ! La repentance n’est pas en ce lieu de tourment. Même là, cet homme se croit encore supérieur, et a l’outrecuidance de requérir les services, gratuits de « son » ex EDF ! On croit rêver… N’avons-nous pas là, une sorte de définition de ce que sera l’enfer ? Un lieu ou des hommes, incapables de la moindre repentance, seront rassemblés, et ou ils mettront en commun leurs haines, leurs vanités, leur orgueil etc…

Le patriarche ainsi interpellé, explique : Non ! La chose est impossible. Elle ne dépend pas de lui. Même si Lazare le souhaitait, il ne pourrait pas le faire, un abîme est entre eux ! D'ailleurs, lui, le riche, devait comprendre : il a eu la récompense de son choix : les plaisirs sur la terre. Il les a tous eu, sauf un : Celui de partager avec Lazare ! Maintenant c’est au tour de Lazare d’être heureux… La justice est satisfaite. De toutes manières, un abîme les sépare, rien de moins. Un abîme qui a été creusé sur la terre à coup de fêtes, d’insouciances, d’indifférences, d’impiétés. Cet abîme c’est lui, le riche-pauvre, qui l’a empêché de voir la misère et le dénuement complet de son voisin !

Cela est vrai aussi pour tous les autres « riches-pauvres » qui vivent insouciants… cet avertissement sans frais est adressé à tous les hommes : Attention vous creusez votre propre abîme !

Ne pouvant plus penser efficacement à lui, notre homme, un peu tardivement il est vrai, se met à penser aux autres ! Ô pas à tous les autres ! Non à ses cinq frères ! Petit cercle de famille, anciens compagnons de réjouissances ! Nous pouvons aussi voir en eux des frères en religion, en philosophie, en politique, en sport…que sais-je encore ? Lazare, toujours lui, devrait revenir sur la terre pour expliquer à ses frères, ses cinq frères, pas plus, quelle a été son erreur et leur décrire la conséquence dramatique !

Ses cinq frères suffisent à son inquiétude. Et les autres ? En fait, il ne les a jamais connus, pas même vus, ils étaient transparents, comme Lazare ! Pourquoi existeraient-ils maintenant, En enfer, nous l’avons dit, point de repentance, point de changements, l’homme est figé, telle la femme de Lot, changée en statue de sel à jamais stérile !

Le dialogue s’arrête là, le rideau tombe, et nous laisse seul avec nous même et nos réflexions ! Jésus, laisse ses auditeurs juifs face au père qu’ils revendiquent si haut et si fort ! Nous avons, disent-ils haut et fort, Abraham pour père ! Quand à nous, Jésus nous laisse face à sa parole, il nous suggère de bien réfléchir au fait que notre vie est unique, qu’il n’y a pas de nouvelle chance. Il est, lui notre seule chance.

Ce riche est en réalité pauvre, ces richesses ont été rongées pas la teigne et la rouille ! De quoi sommes-nous riches ?

Lazare était un pauvre riche ! Riche de sa confiance en Dieu. Cette confiance, c’est son nom ! Dieu soit mon aide ! Ce qui caractérise cet homme, ce qui lui confère une identité connue dans le monde entier, c’est cette confiance en Dieu qui aurait fait ricaner les riches s’il avait pu en témoigner. Il a perdu sa vie ? Non, il semait pour l’éternité, le riche aussi, mais pas la même semence ! Et nous, quelle semence jetons-nous dans le champ de notre vie ?

Ce qu’un homme sème, il le moissonne !

Daniel QUINTIN

http://www.eglisesencevennes.com/multimedia/articles/lazare.html

11:27 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

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