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18/09/2013

"Etre des instruments au service de la construction du Royaume de Dieu"

Soyons francs : « Quels sales gamins ! ». Mais cette exclamation fait également sourire car nous avons tous fait partie, d’une façon ou d’une autre, d’une de ces bandes qui traînent sur la place du village après l’heure de l’école, qui s’interpellent et qui rivalisent. Quel village en effet n’est pas symboliquement coupé en deux : « le-Haut » et « le-Bas » ? Ligne d’identification plus que de démarcation. Chaque bande trône impérialement sur un des bancs de la place et cherche à organiser l’espace de jeu. En vain. Quand ceux « d’en-Haut » sortent les flûtes et appellent à la danse, ceux « d’en-Bas » boudent l’invitation. A leur tour, ceux « d’en-Bas » prennent l’initiative et entonnent des chants de deuil, mais ils ne trouvent personne pour jouer aux funérailles. Et de s’accuser mutuellement d’un manque honteux de coopération, d’un refus obstiné de reconnaître ses erreurs, d’un orgueil empêchant d’accepter comme bons les jeux organisés par l’autre banc. Au final, personne ne joue. « Ils sont assis » nous dit Jésus, leur vie spirituelle est à l’arrêt.

Ainsi Jésus voit-il ses contemporains. Plus préoccupés d’eux-mêmes que du bien commun, ils se chamaillent et invoquent une litanie de bonnes raisons pour ne pas suivre Jean-Baptiste qui ne peut être qu’un possédé puisqu’il vit comme un ascète au milieu d’un peuple profitant de l’abondance de ses richesses. Ils pontifient encore sur les raisons de ne pas écouter Jésus, un glouton et un ivrogne, puisqu’il s’attable chez les pécheurs, bien loin de l’attitude religieusement correcte.

Du haut de notre XXIème siècle, l’anecdote ferait sourire si la situation avait évoluée. Mais l’homme n’a pas changé. Nous n’avons pas changé. Notre monde continue d’ergoter, de ressasser ses bons motifs de s’entêter loin des chemins de la raison, de justifier ses égarements en jetant des accusations et des excuses par delà la place du village. 

Cette situation ne peut cependant pas être source de découragement : dire que l’homme n’a pas changé, est aussi dire que les conditions sont les mêmes qu’au temps des Apôtres. C’est donc dire également que ce refus obstiné n’est pas un empêchement à vivre l’Évangile. Car nous n’enseignons pas une philosophie ou une théorie quelconque, nous annonçons Jésus ressuscité ! Nous ne cherchons pas à clore les débats ni à faire taire les esprits raisonneurs, nous proclamons la venue du Royaume. Nous n’essayons de convaincre personne, nous disons que nous avons fait un choix pour la personne de Jésus. Nous avons choisi de mettre Jésus au centre de notre vie, et cela change tout, cela fait notre joie. Cela empêche que nous restions assis sur les bancs convenus des disputes rituelles. On peut nous accuser d’être des mauvais joueurs, des empêcheurs de tourner en rond, notre propos n’est ni dans un raisonnement ni dans une querelle, il est dans le dialogue d’amour que nous voulons entretenir avec notre Seigneur, par toute notre vie et quoi que cela nous coûte. Une chose est de chercher à répondre aux questions de notre temps, une autre est de se laisser entraîner dans la spirale verbeuse de l’esprit du monde.

Ainsi, au-delà de tout ce vacarme infantile, le témoignage de vie des chrétiens rejoint les pauvres, les petits, les publicains, ceux qui n’attendent pas leur salut d’un savoir mais d’un sauveur. Voilà l’essentiel, dont Jésus se réjouit.

Seigneur Jésus, fais que nous ne soyons plus prisonniers de nos jeux. Les tenant pour une réalité de la plus haute importance, nous passerions à côté de l’essentiel. Garde-nous de vouloir t’attirer sur nos cours de récréation quand tu nous attends sur les chemins de l’enfance spirituelle. Des gamins effrontés que nous sommes, tu veux faire des enfants épanouis qui savent reconnaître la sagesse quand elle se manifeste et qui ne craignent pas de la proclamer quand ils l’ont rencontrée. En ce jour, fais en nous ce que tu dis. Empare-toi de nous, habite chacune de nos paroles, illumine de ton Esprit chacun de nos actes, pour que nous soyons de dociles instruments au service de la construction de ton Royaume. Par notre élan, que nos contemporains découvrent la joie de te suivre et se lèvent. Que par toute notre vie, nous aidions à ce que « la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de tous ses enfants ».
 
Frère Dominique - Famille de Saint Joseph

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17/09/2013

"Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi"

Nous trouvons dans l’Évangile trois morts ressuscités visiblement par le Seigneur, mais des milliers invisiblement… La fille du chef de la synagogue (Marc 5,22s), le fils de la veuve de Naïm et Lazare (Jean 11)…sont le symbole des trois sortes de pécheurs que le Christ ressuscite aujourd’hui encore. La jeune fille était encore dans la maison de son père…; le fils de la veuve de Naïm n’était plus dans la maison de sa mère, mais pas encore dans le tombeau…; Lazare était enseveli…

Il y a donc des gens dont le péché reste dans le cœur, mais qui ne l’ont pas commis en acte… Ils ont consenti au péché, le mort est à l’intérieur de l’âme, il n’est pas encore transporté au-dehors. Or, il arrive souvent…que des hommes fassent cette expérience en eux-mêmes : après avoir entendu la parole de Dieu, le Seigneur semble leur dire : « Lève-toi. » Ils condamnent le consentement qu’ils ont donné au mal, et ils reprennent souffle pour vivre dans le salut et la justice… D'autres, après le consentement, vont jusqu'à l’acte ; ils transportent le mort qui était caché dans le secret de leur demeure et l’exposent devant tous. Faut-il désespérer d’eux ? Le Sauveur n’a-t-il pas dit à ce jeune homme : « Je te l’ordonne, lève-toi » ? Ne l’a-t-il pas rendu à sa mère ? Il en est ainsi de celui qui a agi de la sorte : s’il est touché et remué par la parole de vérité, il ressuscite à la voix du Christ, il est rendu à la vie. Il a pu faire un pas de plus dans la voie du péché, mais il n’a pas pu périr pour toujours. 

Quant à ceux qui s’enchaînent dans des habitudes mauvaises au point de leur ôter même la vue du mal qu’ils commettent, ils entreprennent de défendre leurs actes mauvais, ils s’irritent quand on les leur reproche… Ceux-là, écrasés sous le poids de l’habitude du péché, sont comme ensevelis dans le tombeau… Cette pierre placée sur le sépulcre, c’est la force tyrannique de l’habitude qui accable l’âme et ne lui permet ni de se lever ni de respirer…

Écoutons donc, frères très chers, et faisons en sorte que ceux qui vivent, vivent, et que ceux qui sont morts, revivent… Que tous ces morts fassent pénitence… Que ceux qui vivent, conservent cette vie, et que ceux qui sont morts se hâtent de ressusciter.

Saint Augustin (354-430), évêque et docteur de l'Église - L'Evangile au quotidien

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15/09/2013

"Le Christ m’a pardonné"

« Le Christ m’a pardonné ». Saint Paul donne, dans la deuxième lecture, le thème des textes de ce dimanche : nous célébrons la miséricorde du Seigneur.

La première lecture semble pourtant trancher avec la douceur du pardon de Dieu, elle peut même paraître choquante. Que le péché d'’idolâtrie soit une abomination aux yeux de Dieu est une chose, mais que la Bible nous montre le Bon Dieu pris d’une violente colère en est une autre…

Nous devons cependant dépasser cette difficulté sous peine de faire de l’acte pénitentiel un acte de soumission servile devant la puissance écrasante d’un dieu tyrannique. Pour cela, il nous faut ouvrir L’Ancien Testament comme une invitation à entrer dans une lente pédagogie. Ces textes écrits il y a 30 ou 40 siècles portent en effet la marque d’une conception de Dieu qui se disait par des anthropomorphismes. Ce regard s’est peu à peu affiné jusqu’à comprendre que la colère de Dieu est dirigée contre le péché et non contre l’'homme pécheur.

Par ailleurs le péché d’'idolâtrie de cet épisode de l’'Exode rappelle fortement le périple du fils cadet de la parabole, dont le départ de la maison paternelle est lié à l’image imparfaite qu’il avait de son père et de leur relation. Au cours d’un voyage douloureux et purificateur, comme le fut l’'Exode pour le peuple saint, le visage de la Miséricorde est pleinement révélé au fils prodigue.

Et nous ne sommes pas différents d’eux. Il est nécessaire que la Miséricorde nous soit révélée car, nous explique Jésus, nous ne sommes pas conscients de notre état. Nous nous croyons en bonne santé, alors que nous ne le sommes pas : notre relation à Dieu et aux hommes est malade. Jésus nous le montre dans les trois paraboles de la Miséricorde.

Intéressons-nous d’abord au fils prodigue. Il désire profondément vivre une relation juste et vivifiante avec son père, mais il reste centré sur lui-même. La relation à son père l’intéresse, mais pour le profit personnel qu’il peut en tirer. Sa recherche d’une relation filiale est réduite à une demande d’argent. Si bien qu’il demande sa part d’héritage, sans se soucier de l’effet d’une telle demande sur son père ou sur son frère. Son père, quant à lui, respecte la liberté de son fils et ne le retient pas. Le voici donc qui part, au loin, rechercher ce qu’il avait chez lui. A ce stade de l’histoire, il croit encore que le désir qui l’habite est orienté vers les biens matériels. Il cherche donc à les posséder, il rêve d’une vie facile et glorieuse.

Puis une famine survint dans le pays. Cette calamité montre qu’'on ne peut pas fuir indéfiniment sans être rattrapé par la réalité. On ne peut jamais s'’isoler car nous vivons dans un monde de relations ; on ne peut jamais se satisfaire des biens matériels, une faim plus profonde se réveille toujours un jour ou l’'autre.

La faim qu’il ressent n’a rien d’un repentir radical. Il cherche encore dans les biens matériels, il regarde vers les caroubes que mangent les porcs : « Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien ». La faim qu’'il ressent est donc bien une faim liée à la relation. Car rien ne l’empêchait de se servir lui-même dans l’'auge des porcs, les gardiens de porcs ne sont pas sous étroite surveillance habituellement. Sa souffrance vient du fait que personne n’'avait le souci de lui, personne ne l'’aidait à rassasier sa faim.

C’est alors qu’il pense à son père. Sa chance est là, la victoire est déjà acquise. La relation n’est pas encore renouée, mais déjà, par son imagination, il parle à son père. Son raisonnement est simple : Les ouvriers ont du pain car ils le méritent par leur travail. N’'ayant pas su trouver la relation juste qui lui aurait attiré l’'attention de son père, il décide de renoncer à son statut de fils et de se présenter comme ouvrier. Il cherche à attirer l’'amour de son père, tout au moins le mériter désormais.

En cela, il n’est pas très éloigné des pensées de son frère. Son aîné est également prisonnier d’un esclavage. Celui du travail.

La scène se passe au soir du retour du fils prodigue. Le fils aîné rentre de sa journée de travail, quand « il entendit la musique et les danses ». L’'indice est saisissant. Voilà un homme qui n’a jamais voulu être attentif à ses moindres désirs, même les plus légitimes. Il s’est bâti un code de vie extrêmement rigide, auquel il lui fallait être absolument conforme. Le pire est qu’'il l’a fait croyant plaire à son père.

Il est évident que dans de telles conditions de vie, la colère gronde dans son cœoeur depuis longtemps et ne cherche qu'’une occasion pour s’'exprimer. Ce soir, la rencontre est trop brutale, il explose : « tu ne m’'as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis ». La question porte-t-elle vraiment sur le chevreau ? Probablement pas. Ce sont ses amis qui lui font défaut, des amis pour faire la fête. En a-t-il seulement ? Esclave de son travail, il a négligé toute relation. Il en souffre et le reproche maintenant à son père pour qui il travaille.

Dans la prison qu’ils se sont construite, les deux frères partagent le même fantasme. Le cadet voit les ouvriers manger à leur faim, l’aîné voit le cadet faire la fête. Mais aucun des deux ne voit l’'amour gratuit d’un père bienveillant qui court à leur rencontre. Pour les deux, l’'attitude du père est en effet identique. Il sort. Il sort de sa maison et va vers eux. Il court vers le cadet, il supplie l’'aîné. Il veut les faire entrer dans sa joie.

Il nous faut nous interroger maintenant sur le projet de Jésus qui raconte cette histoire. Plutôt ces histoires, car nous en avons lu trois. Pourquoi lire ensemble l’histoire de la brebis égarée, de la drachme perdue, et celle du fils prodigue ? Qu’'y a-t-il de commun entre un mouton, une pièce de monnaie et un jeune insensé ? Rien. La brebis est sans intelligence, comme le jeune homme, mais elle n’a pas péché ; le jeune homme était perdu, mais la pièce d’'argent ne se perd pas elle-même, c’est nous qui la perdons. Par ces paraboles, Jésus ne cherche pas à attirer l’'attention sur le désir de conversion du pécheur, mais sur le désir de Dieu de nous faire miséricorde. Dans les trois paraboles, Dieu laisse tout pour courir à la recherche de celui qu’il a perdu. Dieu a le désir de nous sauver, il en a l’initiative, il le veut et il le fait.

C’'est ce qu’'a compris saint Paul qui a été rétabli dans sa condition de fils par la miséricorde du Seigneur. « Le Christ m’a pardonné » s’exclame-t-il. Que nous ayons conscience de l’amour de Dieu pour nous ne suffit pas à nous libérer de nos esclavages ; vouloir partager l’'intimité de sa maison ne rompt pas les chaînes de nos idolâtries. Seul le Christ peut nous sauver. Seul son amour est capable d’'agir et de transformer nos vies.

Cessons donc de considérer les complications de nos cœoeurs malades pour nous tourner avec admiration et reconnaissance vers la source de notre salut, rendons gloire à celui qui nous a aimés alors que nous étions encore ses ennemis, acclamons celui qui veut nous recréer dans sa miséricorde alors que nous méconnaissons son visage. Proclamons avec l’'Église en fête notre joie d’'être rétablis dans son Alliance : « Honneur et gloire au roi des siècles, au Dieu unique, invisible et immortel, pour les siècles des siècles. Amen ».

Frère Dominique - Famille de Saint Joseph

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14/09/2013

"Passer des commérages malveillants à l’amour pour le prochain"

Les commérages tuent comme des armes et encore davantage. C’est sur ce concept que le Pape François est revenu ce matin, vendredi 13 septembre, lors de la Messe célébrée dans la chapelle de Sainte-Marthe. En commentant la lecture du jour, tirée de la lettre à Timothée (1, 1-2. 12-14) et de l’Evangile de Luc (6, 39-42), le Pape a souligné que le Seigneur – après avoir proposé ces jours derniers des attitudes telles que la douceur, l’humilité et la magnanimité – « nous parle aujourd’hui du contraire », c’est-à-dire « d’une attitude odieuse envers notre prochain », celle que l’on a quand on devient « le juge de son frère ».

Le Pape François a rappelé l’épisode évangélique dans lequel Jésus réprimande celui qui prétend ôter la paille de l'œil de l’autre, sans voir la poutre qu’il a dans le sien. Ce comportement, se sentir parfaits et donc en mesure de juger les défauts des autres, est contraire à la mansuétude, à l’humilité dont parle le Seigneur, « à cette lumière qui est si belle et qui se trouve dans le pardon ». Jésus, a souligné le Saint-Père, utilise « un mot fort : hypocrite ». Et il a souligné : « Ceux qui vivent en jugeant leur prochain, en parlant mal de leur prochain sont hypocrites. Car ils n’ont pas la force, le courage de regarder leurs propres défauts. Le Seigneur ne s’étend pas beaucoup sur cela. Ensuite, plus avant, il dira : celui qui a dans son cœur la haine contre son frère est un meurtrier. Il le dira. L’apôtre Jean le dit lui aussi très clairement dans sa première lettre : celui qui hait son frère marche dans les ténèbres. Celui qui juge son frère est un meurtrier ». Donc, a-t-il ajouté, « chaque fois que nous jugeons nos frères dans notre cœur, ou pire quand nous en parlons avec les autres, nous sommes des chrétiens meurtriers ». Et cela, « ce n’est pas moi qui le dit, mais le Seigneur », a-t-il précisé, en ajoutant que sur ce point il n’y a pas de place pour les nuances : si tu parles mal de ton frère, tu tues ton frère. Et chaque fois que nous faisons cela, nous imitons le geste de Caïn, le premier meurtrier ».

En rappelant combien, ces jours-ci, on parle des guerres qui provoquent des victimes dans le monde, en particulier parmi les enfants et qui obligent un grand nombre de personnes à fuir à la recherche d’un refuge, le Pape François s’est demandé comment il est possible de penser avoir « le droit de tuer » en parlant mal des autres, de déchaîner « cette guerre quotidienne des commérages ». En effet, a-t-il dit, « les médisances vont toujours dans la direction de la criminalité. Il n’existe pas de médisances innocentes. Et cela est l’Evangile pur ». Donc « en cette époque où nous demandons tant la paix, un geste de conversion est peut-être nécessaire ». Et aux « non » contre tout type d’arme, nous disons « non également à cette arme » qu’est la médisance, parce qu’elle « est mortelle ». En citant l’apôtre Jacques, le Pape a rappelé que la langue « est faite pour louer Dieu ». Mais, a-t-il ajouté, « quand nous utilisons notre langue pour parler mal de notre frère et de notre sœur, nous l’utilisons pour tuer Dieu », car l’image de Dieu est dans notre frère, dans notre sœur ; nous détruisons « cette image de Dieu ».

Le Pape a conclu en invoquant « pour nous, pour toute l’Eglise, la grâce de la conversion de la criminalité de la malveillance en humilité, en mansuétude, en magnanimité de l’amour envers son prochain ».

2013-09-14 L’Osservatore Romano

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13/09/2013

"Celui qui est bien formé sera comme son maître"

« Le disciple n'est pas au-dessus de son maître. » Pourquoi juges-tu, alors que le Maître ne juge pas encore ? Car il n'est pas venu juger le monde, mais lui faire grâce (Jean 12,47). Entendue dans ce sens, la parole du Christ devient : « Si je ne juge pas, ne juge pas non plus, toi qui es mon disciple. Il se peut que tu sois coupable de fautes plus graves que celui que tu juges. Quelle ne sera pas ta honte quand tu en prendras conscience ! »

Le Seigneur nous donne le même enseignement dans la parabole où il dit : « Qu'as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère ? » Il nous convainc par des arguments irréfutables de ne pas vouloir juger les autres, et de scruter plutôt nos cœurs. Ensuite il nous demande de chercher à nous libérer des désirs déréglés qui y sont installés, en demandant cette grâce à Dieu. C'est lui, en effet, qui guérit ceux qui ont le cœur brisé et nous délivre de nos maladies spirituelles. Car si les péchés qui t'accablent sont plus grands et plus graves que ceux des autres, pourquoi leur fais-tu des reproches sans te soucier des tiens ?

Tous ceux qui veulent vivre avec dévotion, et surtout ceux qui ont la charge d'instruire les autres, tireront nécessairement profit de ce précepte. S'ils sont vertueux et sobres, donnant par leurs actions l'exemple de la vie vécue selon l’Évangile, ils reprendront avec douceur ceux qui ne sont pas encore résolus à agir de même.    

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église _ L'Evangile au quotidien

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12/09/2013

"La grâce vient de la contemplation de la souffrance de Jésus"

 

La Vierge Marie, dont on fête le Saint Nom aujourd’hui, était au centre de l’homélie du Pape François ce jeudi matin lors de la messe célébrée à la Maison Sainte-Marthe. Selon le Pape, la « douceur » de Marie et « l’humanité souffrante » de Jésus sont les deux « pôles » vers lesquels un chrétien doit regarder pour réussir à vivre ce que l’Evangile demande.
Pour François, l’Evangile est exigeant et demande des « choses fortes » à un chrétien : la capacité à pardonner, la magnanimité, l’amour pour ses ennemis, donner sans rien attendre en retour,... Pour réussir à les mettre en pratique, il existe une seule manière : « contempler la Passion et l’humanité de Jésus » et imiter l’attitude de sa mère la Vierge Marie.
« Le doux nom de Marie » est un aspect qui revient dans la prière, une douceur « dont on a besoin aujourd’hui pour comprendre les choses que Jésus demande ». A la question que tout chrétien peut se poser : « comment faire pour appliquer cela ? Comment puis-je m’y préparer ? », la réponse est « claire » pour le Pape : « nous ne pouvons pas le faire avec nos efforts : seule une grâce peut le faire en nous ».
Contempler la souffrance de Jésus

Cette grâce passe par un chemin précis : « seulement penser à Jésus ». « Si notre cœur, si notre esprit est avec Jésus, le triomphateur, poursuit François, celui qui a vaincu la mort, le péché, le démon ; alors nous pouvons faire ce que demande Jésus lui-même : la douceur, l’humilité, la bonté, la tendresse, la mansuétude, la magnanimité. C’est la grâce qui vient de la contemplation de Jésus ».
Cette contemplation doit se tourner vers un événement particulier de la vie de Jésus : sa Passion, son « humanité souffrante ». Et le Pape de conseiller à chacun : « penser à son doux silence, voilà ce que sera votre effort. Lui fera le reste, tout ce qui manque ». Mais pour cela, il faut « cacher ta vie en Dieu, avec le Christ ». Pour François, contempler la souffrance de Jésus est l’unique voie pour être de bons chrétiens.

2013-09-12 Radio Vatican

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"aimez vos ennemis"

Jésus ne nous demande pas de maîtriser la violence qui est en nous ni de renoncer à nous venger. D'autres le font. Il ne nous rappelle pas non plus que Dieu veut pardonner à tous les hommes. Nous le savons bien, nous qui avons déjà bénéficié de son pardon. Jésus va beaucoup plus loin : « aimez vos ennemis ». Assurément, cet amour dépasse nos capacités humaines !

Mais voyons la question du point de vue de l’humanité. La demande de Jésus apparaît alors très réaliste car elle tient compte du fait que dans le monde il existe trop de violence, trop d’injustice, et que par conséquent on ne peut dépasser cette situation qu’en lui opposant un plus d’amour, un plus de bonté. Ce « plus » vient de Dieu : sa miséricorde, faite chair en Jésus, qui seule peut faire basculer le monde du mal vers le bien, à partir de notre consentement à vivre ce commandement du Seigneur.

C’est à ce prix que nous sortirons du cercle vicieux de la violence qui tient l’humanité prisonnière. La vengeance appelle indéfiniment la vengeance et la surenchère de violence. Le Seigneur nous montre ainsi l’issue que nous cherchons : le pardon libère l’homme et rend possible l’exercice de la seule vraie justice : celle qui respecte la dignité de chacun, celle qui fonde la paix, celle que Dieu exerce et qu’il nous invite à exercer, en véritables « fils du Très-Haut ».

Il est pourtant une résistance à vaincre pour accomplir la volonté de notre Seigneur. Il demande en effet : « à celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre » (faut-il se résigner au mal ?), et encore : « ne réclame pas à celui qui te vole » (faut-il laisser le mal arriver à ses fins ?). Si nous comprenons bien qu’il nous faut renoncer à la rancune et à la vengeance, devons-nous accepter également de renoncer à la justice ? 

Il n’en est pas question. Le pardon s’oppose bien à la rancune et à la vengeance, mais il ne s’oppose pas à la justice. Cependant la justice doit être complétée par le pardon qui guérit les blessures et qui rétablit en profondeur les rapports humains perturbés. Réclamer au voleur ce qu’il a pris est la simple justice. Ne pas le faire est lui apprendre, en transformant le vol en don, que le chemin de la fraternité est encore accessible et toujours préférable. A quoi bon voler celui qui est prêt à offrir et à accueillir ? A quoi bon se faire des ennemis quand la fraternité peut être vécue ? Pardonner construit donc une humanité plus profonde et plus riche, capable de refléter l’amour inconditionnel de Dieu pour les hommes. C’est aussi ce que nous laisse entrevoir Jésus quand il dit : « votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut ».

C’est ainsi qu’il nous faut accueillir l’affirmation de Jésus : « Donnez, et vous recevrez une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous ». Il ne s’agit pas de redouter que Dieu refuse de nous pardonner, nous avons expérimenté que son pardon est premier. Mais pardonner comme Dieu nous y invite, nous aide à pénétrer le mystère de son amour pour nous. C’est par le pardon que Dieu nous apprend à aimer comme lui-même aime. Nous aurons ainsi de moins en moins de mal à nous exposer à son pardon et à l’accueillir dans sa plénitude. La mesure dont nous nous servons pour les autres, servira aussi pour nous. 

L’enseignement que nous donne Jésus en ce jour est donc radicalement nouveau et unique. Il est à lui seul une vraie révolution, la révolution de ceux qui choisissent de lutter contre le mal en n’utilisant que les armes de la vérité et de la charité. Ces moyens ne sont pas des moyens humains, ils ne sont accessibles qu’à ceux qui se confient eux-mêmes, uniquement et sans réserve, à la bonté miséricordieuse de Dieu. Aussi, Seigneur, donne-nous d’accueillir ton pardon de manière à ce qu’il renouvelle la face de la terre. Manifeste que nous sommes les « fils du Très-Haut ». Donne-nous d’être miséricordieux comme toi seul est miséricordieux.

 

Frère Dominique - Famille de Saint Joseph

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