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28/08/2013

"Malheureux êtes-vous"

Avec l’évangile d’aujourd’hui, nous terminons notre progression à travers les invectives de Jésus aux pharisiens.Jésus continue à dénoncer leur hypocrisie : « Vous ressemblez à des sépulcres blanchis à la chaux : à l’extérieur, ils ont une belle apparence, mais l’intérieur est rempli d’ossements ». Autrement dit : « Vous êtes sans le savoir porteur de la mort et cela est visible à la façade que vous vous donnez. Loin de tromper les apparences, votre blancheur extérieure, faisant penser aux sépulcres blanchis, met au contraire en évidence votre intérieur mortifère ».C’est bien l’inflexion des pharisiens vers la mort et non pas vers le Royaume que Jésus dénonce ici. Voilà comment ils se sont fermés les portes du Royaume des cieux.Et le comble est que par cette apparence blanchie, privée des couleurs de la vie, ils répandent autour d’eux la mort qu’ils portent en eux-mêmes. Voilà l’essence de la seconde apostrophe que Jésus leur adresse. Avec elle, les invectives du Maître atteignent un sommet : « Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes ».Cette accusation d’homicide repose, d’une part, sur une action et, d’autre part, sur des paroles. D’un côté, les pharisiens bâtissent « les sépulcres des prophètes » et décorent « les tombeaux des justes » ; d’un autre, ils disent : « Si nous avions vécu aux jours de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour verser le sang des prophètes ».En fait, ce n’est pas en tant que fils de leurs aïeux que les pharisiens se retrouvent homicides, mais c’est parce qu’ils sont homicides que l’on peut reconnaître en eux les descendants de leurs pères.L’hypocrisie résulte ici dans l’hommage apparent rendu aux prophètes assassinés par les pères. En effet, pourquoi construire ou décorer les tombeaux des prophètes ? Pour honorer les prophètes ou pour se disculper d’être comme ses pères ? En réalité, Jésus accuse les pharisiens de détourner l’honneur rendu aux prophètes au profit de leur déclaration d’innocence, laquelle va de pair avec la condamnation de leurs pères. Autrement dit, chez les pharisiens, la disculpation appelle l’inculpation.Celui qui ne reconnaît pas son péché se retrouve dans l’obligation de l’attribuer à un autre. L’accusation ici se double d’un mensonge et tout mensonge dissimule une volonté de meurtre. Voilà l’homicide !A l’inverse d’une telle attitude, faisons notre cette supplication de saint Augustin qu’il adresse au Seigneur dans un passage de ses Confessions : ‘‘ La maison de mon âme est étroite pour vous recevoir, élargissez-la. Elle tombe en ruines, réparez-la. Çà et là elle blesse vos yeux, je l’avoue et le sais; mais qui la balayera ? A quel autre que vous crierai-je : « Purifiez-moi de mes secrètes souillures, Seigneur, et n’imputez pas celles d’autrui à votre serviteur (Ps XVIII, 13-14)?» « Je crois, c’est pourquoi je parle; Seigneur, vous le savez (Ps CXV, 10). » « Ne vous ai-je pas, contre moi-même, accusé mes crimes, ô mon Dieu, et ne m’avez-vous pas remis la malice de mon cœur Ps XXXI, 5)? » « Je n’entre point en jugement (364) avec vous qui êtes la vérité (Job IX 2,3).» « Et je ne veux pas me tromper moi-même, de peur que mon iniquité ne mente à elle-même (Ps XXVI, 12).»

Frère Elie - Famille Saint Joseph

12:19 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

11/08/2013

"Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées"

La liturgie de ce 19ème dimanche du temps ordinaire aborde un point particulièrement important pour notre vie et notre témoignage chrétiens. Que de fois n’entendons-nous pas dire autour de nous : « En quoi la venue de votre Christ a-t-elle changé la face du monde ? » Assurément, les hommes poursuivent leurs guerres fratricides ; aujourd’hui comme hier ils prônent l’injustice au mépris du droit des plus faibles ; la paix universelle demeure une utopie. Et pourtant dans la foi nous savons que tout a changé depuis que Jésus ressuscité a inauguré le Royaume : « la nuit de la délivrance pascale » (1ère lect.) annonce le retour glorieux et définitif du Seigneur. Il est venu dans la chair, il demeure au cœur de l’Église par son Esprit, « il viendra dans la gloire, juger les vivants et les morts ; et son Règne n’aura pas de fin ».
Certes, la plupart d’entre nous meurent « sans avoir connu la réalisation des promesses ; mais nous l’avons vue et saluée de loin » (2nd lect.). Notre foi est précisément fidélité à cette promesse, à cet à-venir qui oriente toute notre vie, et fait de nous d’infatigables pèlerins du Royaume. Chaque Eucharistie relance notre marche : Jésus y vient vers nous, pour nous attirer à sa suite, nous qui sommes « des étrangers et des voyageurs sur cette terre », en recherche « d’une patrie meilleure, celle des cieux » (Ibid.). Jour après jour, nous pouvons poursuivre notre route et accélérer le pas sur le chemin d’éternité, dans la mesure même de l’accueil que nous réservons, dans la foi, au Christ ressuscité. Car « la foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère et de connaitre des réalités qu’on ne voit pas » (Ibid.). A condition bien sûr que ce soit une foi vivante et agissante par la charité (cf. Ga 5, 6), c'est-à-dire brûlante d’un ardent désir de communion, « car là où est notre trésor, là aussi sera notre cœur ».
La vie chrétienne authentique est une vie toute tendue vers le Seigneur qui vient, vécue dans une attente ardente de son retour : « Maranatha ! Viens Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 20). C’est bien ce que nous enseigne Jésus lui-même dans l’Évangile de ce jour, qui se présente comme une suite d’exhortations insistantes à la vigilance : « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur Maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Tenez-vous prêts ».
Cette attente n’est pas pour autant passive : « l’intendant fidèle et sensé » est celui « que son maître, en arrivant, trouvera à son travail ». La tâche qui lui est confiée, n’est autre que le service de la charité, à l’exemple de son Seigneur. D’ailleurs à son retour, celui-ci reprendra au milieu des siens, sa place de serviteur : « il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour ». Telle est bien la logique du Royaume annoncée par le Christ : « les rois des nations païennes leur commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien, je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22, 25-27).
A l’image de son Maître, le chrétien est appelé à devenir serviteur de la charité, en se mettant au service de ses frères dans la gratuité d’un amour désintéressé, ne cherchant rien d’autre que de hâter l’avènement du Royaume en obéissant à la Parole de son Seigneur. Pour garder une telle orientation de vie au milieu des sollicitations du monde, il est indispensable de « tendre vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, nous sommes morts avec le Christ, et notre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, notre vie, alors nous aussi nous paraîtrons avec lui en pleine gloire » (Col 3, 2-4).
Le plus sûr moyen d’échapper à la triple convoitise dont parle Saint Jean - « les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l’orgueil de la richesse » (1 Jn 2, 16) - est encore de nous désencombrer de ce qui risque de nous détourner du Royaume, que « notre Père a trouvé bon de nous donner » : « vendez ce que vous avez, nous conseille Jésus, et donnez-le en aumône ». En clair : ne vous considérez pas propriétaires de vos biens, mais comme des « intendants fidèles et sensés », soyez responsables de ce qui vous est confié ; ayez le souci de vivre la dimension de partage, comme il convient au sein d’une même famille, puisque vous êtes « de la maison de Dieu » (Ep 2, 19). C’est ainsi que nous témoignerons à notre mesure, de la nouveauté déconcertante qui a surgi en ce monde depuis que le Christ ressuscité a répandu son Esprit de charité dans le cœur de ceux qui croient en lui.
L’Église ne fait mémoire des événements fondateurs de son histoire, que pour mieux orienter sa marche vers Dieu. Comme le disait joliment le Bienheureux pape Jean XXIII : « L'Église n'est pas un musée d'archéologie, mais la fontaine au milieu du village qui donne l'eau vive aux hommes d'aujourd'hui, comme elle l'a donnée à ceux d'autrefois ». Cette eau vive n’est autre que la charité, dont les hommes ont soif, aujourd’hui comme hier, mais que seul le Christ peut leur donner, ainsi que ceux qui croient en son amour : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : “Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur” » (Jn 7, 38).

« Seigneur accorde-nous une grâce de vigilance intérieure ; que nous puissions t’attendre avec une sainte impatience, comme on attend le retour d’un enfant, d’un ami, d’un époux. Que l’espérance de ton retour imminent nous garde éveillés dans la foi, et animés d’un zèle ardent au service de nos frères. »

Père Joseph-Marie - Famille de Saint Joseph

13:13 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

08/08/2013

"Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant"

1. Dieu intervient dans la vie de l’homme ; il se fait présent, il est continuellement en recherche de cet homme qui se perd, qui ne fait pas le bon choix... Dans la première lecture de la liturgie d’aujourd’hui, on peut voir clairement la pédagogie de Dieu au cours du temps : « je les ai pris par la main pour les faire sortir d’Egypte », ils ont rompu mon alliance, mais « je mettrai ma Loi au plus profond d’eux même ; je l’inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple » « je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés. » (Jer 31,31-34)
Ne doutons jamais de l’amour du Seigneur, lui qui renouvelle inlassablement son alliance d’amour avec nous, dans l’eucharistie, dans la confession...

2. Au début de l’histoire du Salut, Dieu intervient de façon externe. Il fait sortir d’Egypte le peuple choisi. Dans un deuxième temps, il nous dit que l’alliance n’est pas un pacte extérieur à nous, mais que nous l’aurons inscrite dans notre cœur. Nous n’avons plus besoin de l’enseigner de génération en génération, car elle est au-dedans de nous, au plus profond de nous-même.

3. Mais l’Évangile nous révèle à quel point Dieu habite en nous. Dans la profession de foi de Pierre : « tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant » Jésus reconnaît l’intervention du Père : « Heureux es-tu Simon, ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Dieu, qui habitait déjà dans le cœur de Pierre, lui révèle la Vérité sur Jésus. C’est Dieu, lui-même, qui œuvre dans le cœur et l’intelligence de Pierre, pour lui faire comprendre et voir cette réalité et être capable de l’affirmer. On voit bien que cela est une grâce, car quelques minutes après, l’humanité pure de Pierre ressort et Jésus lui dira « arrière Satan, tu es un obstacle sur la route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu » Mt 16,23.
L’homme est entre les deux : les désirs fortement humains, l’horreur de la souffrance, et en même temps cette soif infinie de Dieu.

Dialogue avec le Christ
Seigneur, donne-nous la grâce d’être ouverts toujours à toi, pour que nos pensées soient de plus en plus semblables aux tiennes. Je ne veux pas être un obstacle sur ton chemin d’amour envers l’homme. Au contraire fais de moi un instrument de ta paix, de ton amour, de ta présence entre les hommes.

Résolution
J’essayerai de me rappeler plusieurs fois dans la journée, que Dieu habite en moi. Et je lui demanderai qu’il agisse en moi et à travers moi.

Catholique.org

11:44 Écrit par Nicou | Commentaires (0) |  Facebook | |

01/08/2013

"Le Royaume des cieux"

Il y a, dans le lac de Tibériade, de nombreuses espèces de poissons. Certaines vivent en bancs et remplissent les filets que les pécheurs lancent depuis leurs barques à fond plat. Jésus connaît bien la manœuvre, pour l’avoir observée chez ses amis et peut-être pour l’avoir pratiquée. L’habitude est de ramener le produit de la pêche sur la plage et d’en faire le tri, assis en rond près du rivage, chacun rejetant les pièces trop jeunes ou les espèces qui ne doivent pas être consommées.

Jésus connaît donc bien tout ce petit monde et ses coutumes. Il y puise le support d’une nouvelle parabole pour nous révéler le Royaume. Aujourd’hui, il le compare en effet à un de ces filets que l’on jette et qui ramène toutes sortes de poissons. Après avoir médité la parabole du bon grain et de l’ivraie, nous ne sommes pas surpris de voir traités sur le même pied les bons et les mauvais. Les bons poissons comme les mauvais sont ramenés au bord.

Ici, évidemment, la symbolique est inversée, puisque la mer est le lieu de vie des poissons alors que dans la culture biblique elle désigne le royaume de la mort ; et les poissons qui sont sortis de l’eau le sont pour leur mort, alors que nous entrons dans le Royaume pour vivre de Dieu et en Dieu. Mais nous retiendrons que tous les poissons gagnent le rivage à la même enseigne, de même que le bon grain et l’ivraie arrivent ensemble au jour de la moisson, nourris par le même sol et le même soleil. Mais cette fois-ci, Jésus insiste fortement sur le jugement final. Les mauvais poissons retournent à la mer, à la mort, dans la fournaise ardente. Le Royaume est peut-être caché, mais il est manifestement important de le découvrir avant qu’il ne soit trop tard.

La chute de cette histoire n’est cependant pas implacable. La série de paraboles que nous avons traversée ces jours derniers a dévoilé de nombreux secrets du Royaume qui nous font percevoir que la parole de Jésus n’agit pas comme une menace mais comme un avertissement. « Avez-vous compris tout cela ? » demande-t-il. Avez-vous compris que vous êtes à l’orée d’un monde nouveau, dont la logique lui est propre, dont l’accès est réservé aux cœurs purs, à ceux qui sont prêts à tout miser sur Dieu, à ceux qui sont prêts à travailler toute une vie pour trouver la perle rare ? « Oui », répondent les disciples, unanimes. Ce n’est pas la réponse de ceux qui redoutent la fournaise mais le choix de ceux qui désirent la vie.

Cela nécessite de travailler comme un maître de maison avisé. Il y a beaucoup de travail en effet, car il faut tirer de l’ancien le nouveau à venir. Jésus n’est pas venu abolir, faire table rase du passé, il est venu accomplir, porter à leur perfection les promesses du passé. Nous n’avons donc pas à espérer changer nos vies comme on reçoit un nouvel équipage. Nous avons à travailler pour tirer de cette vieille pâte humaine dont nous connaissons les limites et les défauts, la substance qui nourrira un élan nouveau. Nous avons à relire les alliances et les ruptures, nos combats et nos fuites, pour déchiffrer l’appel du Seigneur et trouver à dépasser l’ancien pour permettre l’actualisation du nouveau. Au terme de ces paraboles, nous avons appris que notre cœur et notre intelligence sont les garants de notre trésor, nous avons à en tirer l’orientation nouvelle de notre vie à la suite du Christ. Nous aurons alors accompli la dernière parabole, celle du scribe devenu disciple parce qu’il s’est mis à l’école du Royaume des Cieux.

Seigneur Jésus, fais de nous ce « scribe devenu disciple du Royaume des cieux ». Toi le jardinier de la Résurrection, sois notre maître, fais nous être en plénitude. Que toutes nos œuvres contribuent à édifier ton Royaume et soient une hymne à la louange de ta gloire.
 
Frère Dominique - Famille de Saint de Joseph

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