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29/03/2013

"La Passion du Christ"

Venez et vous verrez » (Jn 1, 39) : cette invitation adressée par Notre-Seigneur à ses premiers disciples, prend ici tout son sens. Pour découvrir qui est Jésus, il faut oser nous mettre à sa suite sur les chemins de sa Pâque, et contempler avec les yeux de la foi, la gloire du Fils de Dieu qui resplendit au cœur même de la déréliction de sa Passion d’amour.
Mieux que tous les autres évangélistes, Jean souligne la manière dont Jésus domine ceux qui semblent disposer de lui. C’est Jésus et lui seul qui dirige les événements selon les desseins du Père, les menant à leur parfait accomplissement. Si l’évangéliste insiste ainsi sur la souveraine liberté de Notre-Seigneur, c’est pour souligner qu’il vit sa Passion comme une offrande d’amour.
Judas n’a même pas besoin de livrer son Maître : celui-ci se présente lui-même : « Qui cherchez-vous ? ». Bousculade imprévue ? Surprise devant la sérénité et la maîtrise de celui qu’ils viennent arrêter ? Ou mystérieuse terreur religieuse ? Quoi qu’il en soit, les gardes et les soldats « reculent et tombent à terre », se prosternant sans le vouloir devant la majesté de leur victime.
Comme « le Bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis », Jésus protège les siens et les met à l’abri : « Si c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci ». Saint Jean commente : « C’est ainsi que devait s’accomplir la parole que Jésus avait dite : “Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donné” ». Par contre pour lui-même, Notre-Seigneur refuse toute protection : au fougueux Simon-Pierre qui dégaine l’épée, il ordonne : « Remets ton glaive au fourreau ! La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? ».
Hanne, Caïphe, Pilate, tous sont impressionnés par la dignité et la maîtrise de soi de cet étrange prisonnier devant lequel ils n’ont d’autre recours que la violence. Mais ni les insultes, ni les menaces, ni les tortures ne viennent à bout de la paix de cet enchaîné qui se révèle infiniment plus libre que ses juges et que ses bourreaux : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en-haut ». Ces hommes ne sont que les instruments d’un dessein qui les dépasse infiniment ; par leur cruauté et leur injustice : ils sont sans le savoir les artisans de leur propre salut. « C’étaient en effet nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris » (1ère lect.).
Où est-il le dieu vengeur, castrateur, ennemi de l’homme, jaloux de son bonheur ? Que la contemplation du vrai visage de Dieu - celui qu’il nous révèle sur la Croix - purifie nos consciences de ses idoles lancinantes, chasse toute peur, pour que nous puissions accueillir le don du Père en son Fils Jésus-Christ. « Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours » (2nd lect.).
« Ils virent où il demeurait et ils demeurèrent auprès de lui, ce jour-là ; c’était environ la dixième heure » (Jn 1, 39), c’est-à-dire quatre heures de l’après-midi, l’heure de la mort de Jésus, ou plutôt l’heure où il descend dans notre mort pour la remplir de sa vie. C’est là, au pied de la Croix, qu’il nous faut demeurer avec lui, afin d’apprendre de Dieu lui-même qui nous sommes à ses yeux, le prix que nous avons pour lui. « Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé. Ce jour-là une Source jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem en remède au péché et à la souillure » (Za 12, 10. 13, 1) : que le flot de tendresse jaillissant du Cœur du Christ chasse toute culpabilité et toute angoisse devant sa souffrance et sa mort. Elles sont nôtres les blessures de l’Agneau : comment nous les reprocherait-il, puisqu’il nous les offre pour que nous y trouvions la guérison.

« Venez, faisons de notre amour comme un encensoir immense et universel, prodiguons cantiques et prières à celui qui a fait de sa Croix un encensoir à la divinité, et nous a tous comblé de richesses par son Sang » (saint Ephrem).

Père Joseph-Marie - Famille de Saint Joseph

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28/03/2013

"La Pâques du Seigneur"

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venu pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. »
Jésus sait que l’heure de sa Passion est là et il veut maintenant en révéler tout le sens aux apôtres réunis autour de lui pour le repas pascal. Jésus va effectuer sa Pâque, il va effectuer son passage vers le Père, il va souffrir sa Passion par amour pour nous afin de nous réconcilier avec le Père. Cet amour il va le vivre « jusqu’au bout » c’est-à-dire jusqu’à la mort et jusqu’à l’extrémité de l’amour. Sa passion et sa mort constitueront ainsi le service d'amour fondamental grâce auquel il libèrera l'humanité du péché

Jésus va déposer son vêtement comme il déposera sa vie entre les mains du Père, avant de le reprendre comme il ressuscitera le troisième jour. Le geste du lavement des pieds nous montre précisément que le chemin pour ressusciter et vivre de la vie divine est le chemin de l’abaissement, de l’humilité où l’homme se fait, à l’imitation du Christ, le serviteur dans la charité de ses frères en humanité. A travers les paroles qu’il lui adresse, c’est précisément cela que Jésus enseigne à saint Pierre ainsi qu’à nous tous. Le don de soi par amour qui se manifeste dans la mort à soi ouvre à la vie véritable. Le repli sur soi qui se manifeste dans la philautie (vivre pour soi dans l’amour de soi) étouffe et conduit à la mort.

Cette page d’évangile du lavement des pieds nous révèle que le christianisme est bien plus qu’une adhésion intellectuelle à un contenu de foi, qu’il est bien plus qu’une philanthropie basée sur la bonne volonté de l’homme. Cela est bien trop humain !
Le christianisme c’est l’expérience d’une foi vivante, animée par la charité qui naît de la rencontre personnelle avec Dieu qui s’est abaissé en son Fils, qui s’est fait homme, qui est venu se mettre à genoux devant moi pour me laver les pieds afin de m’élever et de me donner part à sa vie divine. Et cette expérience n’a rien d’individualiste. Elle ouvre à l’universel car elle fait naître dans la vie de celui qui la goûte le désir de se donner dans l’amour comme le Christ et de coopérer ainsi au salut du monde.

Il n’est pas fortuit que chez saint Jean, l’épisode du lavement des pieds prenne la place du récit de l’institution de l’Eucharistie tel qu’il nous est rapporté par les évangiles synoptiques. Le lavement des pieds nous donne le sens de ce que nous sommes invités à vivre à chaque Eucharistie. A chaque Eucharistie, nous avons de la part de Dieu, le témoignage d'un amour allant "jusqu'à la fin" (Jn 13, 1) et nous pouvons choisir à nouveau de nous engager sur le chemin du don dans l’amour.

La force nous en est donnée par le Christ lui-même qui se donne à nous en nourriture, qui vivifie notre pauvre amour humain par son propre amour divin. Car l’Institution de l’Eucharistie, comme le lavement des pieds, nous enseignent cette chose capitale qu'avant de vouloir se donner, avant de vouloir aimer, il faut « ouvrir son cœur pour accueillir l'amour du Christ ». C'est son amour qui nous rend capables d'aimer nos frères à notre tour : « Si je ne te lave pas les pieds, tu n’auras pas de part avec moi », autrement dit « tu ne pourras pas aimer d’un amour sauveur à l’image du mien ».

Le lavement des pieds et le sacrement de l'Eucharistie sont donc les manifestations d'un même mystère d'amour confié aux disciples et à nous tous « pour que - dit Jésus - vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous » (Jn 13, 15). C’est de cela dont nous sommes appelés à faire mémoire à chaque Eucharistie : « Faites cela en mémoire de moi ».

Faire mémoire. Il ne s’agit pas ici de se souvenir simplement d’un événement passé aussi fondateur soit-il pour notre existence chrétienne. Ce « faire mémoire » est une actualisation du mystère du don du Christ pour nous, nous donnant d’en goûter réellement et efficacement les fruits. Dans le don de l’Eucharistie, Jésus Christ a confié à l'Église l'actualisation permanente du mystère pascal, du mystère de notre salut. Par ce don, il a institué une mystérieuse « contemporanéité » entre le Triduum et le cours des siècles.

Dans l'événement pascal et dans l'Eucharistie qui l'actualise au cours des siècles, il y a un « contenu » que l’espace et le temps ne sauraient limiter puisqu’en lui est présente toute l'histoire en tant que destinataire de la grâce de la rédemption. A chaque Eucharistie, Dieu nous lave tout entier en nous incorporant à lui par la communion eucharistique. Il nous invite à accueillir son amour sauveur et à nous laisser transformer par lui afin d’en être les canaux auprès de nos frères. Oui, c’est bien dans la mesure où nous nous unirons au Cœur eucharistique du Christ, que nous lui permettrons d’opérer en nous ce débordement que nous appelons charité fraternelle.

« Seigneur, nous te rendons grâce pour le don de l’Eucharistie, signe éternel et efficace de ton amour divin pour nous. Ce don de ton amour nous soutient sur le chemin de la pleine communion avec le Père à travers toi et dans l’Esprit. Ce don de ton amour nous éduque à l’amour et nous permet de goûter déjà les prémices de la joie de ton Royaume.
En prenant le temps ce soir de t’adorer dans le Très Saint Sacrement et de méditer le mystère de la Dernière Cène, c’est l’âme remplie de gratitude que nous nous plongerons dans l'océan d'amour qui jaillit de ton cœur et que nous ferons nôtre l'hymne d’action de grâce du peuple des rachetés : « Tantum ergo Sacramentum / veneremur cernui… »

Frère Elie - Famille de Saint Joseph

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27/03/2013

"Le désespoir de Judas"

[« Judas fut pris de remords...; il rapporta les trente pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciens, en disant : ' J'ai péché en livrant à la mort un innocent. ' Ils répliquèrent : ' Qu'est-ce que cela nous fait ? Cela te regarde. ' Jetant alors les pièces d'argent, il se retira et alla se pendre. » (Mt 27,3-5)

Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Le péché impardonnable, dans ce monde et dans l'autre, c'est celui de l'homme qui, en méprisant ma miséricorde, n'a pas voulu être pardonné. C'est pourquoi je le tiens pour le plus grave, et c'est pourquoi le désespoir de Judas m'a attristé plus moi-même et a été plus pénible à mon Fils que sa trahison. Les hommes donc seront condamnés pour ce faux jugement qui leur fait croire que leur péché est plus grand que ma miséricorde... Ils sont condamnés pour leur injustice quand ils se lamentent sur leur sort plus que sur l'offense qu'ils m'ont faite.

Car c'est alors qu'ils sont injustes : ils ne me rendent pas ce qui m'appartient à moi-même, et ils ne rendent pas à eux-mêmes ce qui leur appartient. À moi on doit l'amour, le regret de sa faute et la contrition ; ils doivent me les offrir à cause de leurs offenses, mais c'est le contraire qu'ils font. Ils n'ont d'amour et de compassion que pour eux-mêmes puisqu'ils ne savent que se lamenter sur les châtiments qui les attendent. Tu vois donc qu'ils commettent une injustice, et c'est pourquoi ils se découvrent doublement punis pour avoir méprisé ma miséricorde.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l'Église, copatronne de l'Europe

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26/03/2013

"Le coq ne chantera pas avant que tu ne m'aies renié trois fois"

Saint Pierre, l'un des apôtres, fit un grand tort à son Maître, car il renia et jura qu'il ne le connaissait pas, et, non content de cela, il le maudit et blasphéma, protestant ne pas savoir qui il était (Mt 26,69s). Grand accident que celui-ci, lequel perça le cœur de notre Seigneur ! Hé, pauvre saint Pierre, que faites-vous et que dites-vous ? Vous ne savez pas qui il est, vous ne le connaissez pas, vous qui avez été appelé de sa propre bouche à l'apostolat, vous qui avez confessé qu'il était le Fils du Dieu vivant ? (Mt 16,16) Ah, misérable homme que vous êtes, comment osez-vous dire que vous ne le connaissez pas ? N'est-ce pas celui qui naguère était à vos pieds pour les laver (Jn 13,6), qui vous a nourri de son Corps et de son Sang ?...

Que personne ne présume de ses bonnes œuvres et pense n'avoir plus rien à redouter, puisque saint Pierre, qui avait reçu tant de grâces, qui avait promis d'accompagner notre Seigneur à la prison et jusques à la mort même, le renia néanmoins au moindre sifflement d'une chambrière.

Saint Pierre entendant le coq chanter se ressouvint de ce qu'il avait fait et de ce que lui avait dit son bon Maître ; et alors, reconnaissant sa faute, il sortit et pleura si amèrement que pour cela il reçut indulgence plénière et rémission de tous ses péchés. Ô bienheureux saint Pierre, qui par une telle contrition de vos fautes, avez reçu le pardon général d'une si grande déloyauté... Je sais bien que ce furent les regards sacrés de notre Seigneur qui lui pénétrèrent le cœur et lui ouvrirent les yeux pour lui faire reconnaître son péché (Lc 22,61)... Depuis ce temps-là, il ne cessa jamais de pleurer, principalement quand il entendait le coq la nuit et le matin... Par ce moyen, de grand pécheur qu'il était il devint un grand saint.   

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église

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24/03/2013

"Une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur"

Aujourd'hui, beaucoup se montrent perplexes et s'interrogent : pourquoi la vie religieuse consacrée ? Pourquoi embrasser ce genre de vie, alors qu'il y a tant d'urgences...auxquelles on peut répondre sans se charger des engagements de la vie consacrée ? La vie religieuse n'est-elle pas une sorte de gaspillage d'énergie humaine utilisable suivant les critères de l'efficacité pour un bien plus grand au profit de l'humanité et de l'Église ?... De telles interrogations ont toujours existé, comme le montre bien l'épisode évangélique de l'onction de Béthanie : « Marie, prenant une livre d'un parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux ; et la maison fut rempli par l'odeur du parfum ». À Judas qui se plaignait d'un tel gaspillage, prenant prétexte des besoins des pauvres, Jésus répondit : « Laisse-la faire ».

C'est la réponse toujours valable à la question que se posent tant de personnes, même de bonne foi, sur l'actualité de la vie religieuse... : « Laisse-la faire ». Pour ceux qui reçoivent le don inestimable de suivre de plus près le Seigneur Jésus, il paraît évident qu'il peut et doit être aimé d'un cœur sans partage, que l'on peut lui consacrer toute sa vie et pas seulement certains gestes, certains moments ou certaines activités. Le parfum précieux versé comme pur acte d'amour, et donc en dehors de toute considération utilitaire, est signe d'une surabondance de gratuité, qui s'exprime dans une vie dépensée pour aimer et pour servir le Seigneur, pour se consacrer à sa personne et à son Corps mystique. Cette vie répandue sans compter diffuse un parfum qui remplit toute la maison. Aujourd'hui non moins qu'hier, la maison de Dieu, l'Église, est ornée et enrichie par la présence de la vie consacrée... La vie consacrée est importante précisément parce qu'elle est surabondance de gratuité et d'amour, et elle l'est d'autant plus que ce monde risque d'être étouffé par le tourbillon de l'éphémère. 

 Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape 
   

 

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22/03/2013

"Saisir le Christ"

« Si la Loi appelle ceux à qui la parole de Dieu s'adresse des dieux, pourquoi dites-vous à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde : Tu blasphèmes ! parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? » De fait, si Dieu a parlé aux hommes pour qu'ils soient appelés des dieux, comment la Parole de Dieu, le Verbe qui est en Dieu, ne serait-il pas Dieu ? Si les hommes, parce que Dieu leur parle, sont rendus participants de sa nature et deviennent des dieux, comment cette Parole, par où leur vient ce don, ne serait-elle pas Dieu ?... Toi, tu t'approches de la Lumière, et tu la reçois, et tu comptes parmi les enfants de Dieu ; si tu t'en éloignes, tu deviens obscur, et tu comptes parmi les fils des ténèbres (cf 1Th 5,5)...

« Croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez et vous croirez que le Père est en moi et moi dans le Père. » Le Fils de Dieu ne dit pas « le Père est en moi et moi dans le Père » dans le sens où les hommes peuvent le dire. En effet, si nos pensées sont bonnes, nous sommes en Dieu ; si notre vie est sainte, Dieu est en nous. Lorsque nous participons à sa grâce et que nous sommes éclairés par sa lumière, nous sommes en lui et lui en nous. Mais...reconnais ce qui est propre au Seigneur et ce qui est un don fait à son serviteur. Ce qui est propre au Seigneur c'est l'égalité avec le Père ; le don accordé au serviteur, c'est de participer au Sauveur.

« Ils cherchaient donc à le saisir. » Si seulement ils l'avaient saisi — mais par la foi et l'intelligence, et non pour le tourmenter et le faire mourir ! En ce moment où je vous parle..., tous, vous et moi, nous voulons saisir le Christ. Saisir, qu'est-ce à dire ? Vous avez saisi quand vous avez compris. Mais les ennemis du Christ cherchaient autre chose. Vous avez saisi pour posséder, eux voulaient le saisir pour s'en débarrasser. Et parce qu'ils voulaient le saisir ainsi, que fait Jésus ? « Il échappa de leurs mains. » Ils n'ont pas pu le saisir, parce qu'ils n'avaient pas les mains de la foi... Nous saisissons vraiment le Christ si notre esprit saisit le Verbe.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

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21/03/2013

" Je Suis "

« Abraham, votre père, a exulté à la pensée de voir mon jour ; il l'a vu, et il s'est réjoui. » Abraham a vu le jour du Seigneur quand il a reçu chez lui les trois anges qui représentent la sainte Trinité : trois hôtes auxquels il s'est adressé comme à un seul (Gn 18,2-3)... Mais l'esprit terre à terre des auditeurs du Seigneur n'élève pas leur regard au-dessus de la chair..., et ils lui disent : « Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ? » Alors, doucement, notre Rédempteur détourne leur regard de son corps de chair pour l'élever à la contemplation de sa divinité, en déclarant : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham ait existé, moi, je suis ». « Avant » indique le passé, et « je suis » le présent. Parce que sa divinité n'a ni passé ni futur, mais existe toujours, le Seigneur ne dit pas « avant Abraham, j'étais », mais « avant Abraham, je suis ». C'est pourquoi Dieu a déclaré à Moïse : « Je suis celui qui suis... Tu diras aux enfants d'Israël : ' Celui-qui-est ' m'a envoyé vers vous » (Ex 3,14). 

Abraham a eu un avant et un après ; il est venu en ce monde...et il l'a quitté, emporté par la course de sa vie. Mais il appartient à la Vérité d'exister toujours (Jn 14,6), car pour elle rien ne commence dans un premier temps et ne se termine par un temps suivant. Mais ces incroyants, qui ne pouvaient pas supporter ces paroles d'éternité, courent ramasser des pierres pour lapider celui qu'ils ne pouvaient pas comprendre...

« Jésus se déroba et sortit du Temple. » Il est étonnant que le Seigneur ait échappé à ses persécuteurs en se cachant, alors qu'il aurait pu exercer la puissance de sa divinité... Pourquoi donc s'est-il caché ? Parce que s'étant fait homme parmi les hommes, notre Rédempteur nous dit certaines choses par sa parole et d'autres par son exemple. Et que nous dit-il par cet exemple, sinon de fuir avec humilité la colère des orgueilleux, même quand nous pouvons y résister ?... Que personne donc ne regimbe en recevant des affronts, que personne ne rende insulte pour insulte. Car il est plus glorieux, à l'exemple d'un Dieu, d'éviter une injure en se taisant que de prendre le dessus en ripostant.

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église

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20/03/2013

"Alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres"

Au fond de sa conscience, l'homme découvre la présence d'une loi qu'il ne s'est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d'obéir. Cette voix, qui ne cesse pas de le presser d'aimer et d'accomplir le bien et d'éviter le mal, résonne au moment opportun dans l'intimité de son cœur : « Fais ceci, évite cela ». Car l'homme porte une loi inscrite par Dieu dans son cœur : sa dignité est de lui obéir, et c'est elle qui le jugera (Rm 2,14-16). La conscience est le centre le plus secret de l'homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre...

Mais c'est toujours librement que l'homme peut se tourner vers le bien. Nos contemporains estiment cette liberté grandement et ils la recherchent avec ardeur : ils ont tout à fait raison de le faire. Souvent cependant ils la recherchent d'une manière qui n'est pas droite, la prenant comme la licence de faire n'importe quoi, même le mal, pourvu que cela plaise. Or la vraie liberté est un signe éminent de l'image divine en l'homme (Gn 1,26). Car Dieu a voulu le « laisser à son propre conseil » (Si 15,14) pour qu'il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, parvenir à sa perfection pleine et bienheureuse. La dignité de l'homme exige donc de lui qu'il agisse selon un choix conscient et libre... L'homme parvient à cette dignité lorsque, se délivrant de toute servitude des tendances mauvaises, par le choix libre du bien, il marche vers sa destinée et se procure les moyens appropriés, avec efficacité et au prix d'efforts ingénieux. Mais ce n'est qu'avec le secours de la grâce de Dieu que la liberté humaine, blessée par le péché, peut s'ordonner à Dieu d'une manière effective et intégrale.

Concile Vatican II

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19/03/2013

INAUGURATION DU PONTIFICAT DU PAPE FRANÇOIS

Cité du Vatican, 19 mars 2013 (VIS). Voici le texte intégral de l'homélie écrite et prononcée par le Pape François pour la messe solennelle célébrée de matin Place St.Pierre: "Je remercie le Seigneur de pouvoir célébrer la messe d’inauguration de mon ministère pétrinien en la solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie et Patron de l’Eglise universelle. C’est une coïncidence très riche de signification, d'autant que c’est aussi la fête de mon vénéré prédécesseur de qui nous sommes proches par la prière, pleins d’affection et de reconnaissance. Je salue avec affection les frères cardinaux et évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et les religieuses et tous les fidèles laïcs. Je remercie de leur présence les représentants des autres Eglises et communautés ecclésiales, de même que les représentants de la communauté juive et d’autres communautés religieuses encore. J’adresse mon cordial salut aux chefs d’état et de gouvernement, aux délégations officielles de nombreux pays du monde, ainsi qu'au corps diplomatique".
 
"Nous avons entendu dans l’Evangile que Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit. Il prit chez lui son épouse. Dans ces paroles est déjà contenue la mission que Dieu confie à Joseph, celle d’être un gardien. Gardien de qui? De Marie et de Jésus, une garde qui s’étend ensuite à l’Eglise, comme l’a souligné le bienheureux Jean-Paul II. Saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s’est consacré avec joie à l’éducation de Jésus le Christ, de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l’Eglise, dont la Vierge sainte est l'image et le modèle. Comment Joseph exerça-t-il cette garde? Avec discrétion, avec humilité, dans le silence, mais par une présence constante et une fidélité totale, même quand il ne comprenait pas. Depuis son mariage avec Marie jusqu’à l’épisode de Jésus, enfant de douze ans, dans le Temple de Jérusalem, il accompagne chaque moment avec prévenance et avec amour. Il est auprès de Marie son épouse dans les moments sereins et dans les moments difficiles de la vie, dans le voyage à Bethléem pour le recensement et dans les heures d’anxiété et de joie de l’enfantement. Il est là lors de la dramatique fuite en Egypte et dans la recherche inquiète du fils au Temple, et ensuite dans le quotidien de la maison de Nazareth, dans l’atelier où il a enseigné le métier à Jésus. Comment Joseph vécut-il sa vocation de gardien de Marie, de Jésus, de l’Eglise? Dans la constante attention à Dieu, ouvert à ses signes, disponible à son projet, non pas tant au sien propre . C’est cela que Dieu demande à David, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, Dieu ne désire pas une maison construite par l’homme, mais la fidélité à sa Parole, à son dessein. C’est Dieu lui-même qui construit la maison, mais de pierres vivantes marquées de son Esprit. Et Joseph est gardien, parce qu’il sait écouter Dieu, il se laisse guider par sa volonté, et justement pour cela il est encore plus sensible aux personnes qui lui sont confiées, il sait lire avec réalisme les événements, il est attentif à ce qui l’entoure, et il sait prendre les décisions les plus sages. En lui, chers amis, nous voyons comment on répond à la vocation de Dieu, avec disponibilité, avec promptitude, mais nous voyons aussi quel est le centre de la vocation chrétienne: le Christ! Nous gardons le Christ dans notre vie, pour garder les autres, pour garder la création! Mais la vocation de garder ne concerne pas seulement nous les chrétiens, elle a une dimension qui précède et qui est simplement humaine, elle concerne tout le monde. C’est le fait de garder la création tout entière, la beauté de la création, comme il nous est dit dans le Livre de la Genèse et comme nous l’a montré saint François d’Assise. C’est le fait d’avoir du respect pour toute créature de Dieu et pour l’environnement dans lequel nous vivons. C’est le fait de garder les gens, d’avoir soin de tous, de chaque personne, avec amour, spécialement des enfants, des personnes âgées, de celles qui sont plus fragiles et qui souvent sont dans la périphérie de notre cœur. C’est d’avoir soin l’un de l’autre dans la famille : les époux se gardent réciproquement, puis comme parents ils prennent soin des enfants et avec le temps aussi les enfants deviennent gardiens des parents. C’est le fait de vivre avec sincérité les amitiés, qui sont une garde réciproque dans la confiance, dans le respect et dans le bien. Au fond, tout est confié à la garde de l’homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. Soyez des gardiens des dons de Dieu! Et quand l’homme manque à cette responsabilité, quand nous ne prenons pas soin de la création et des frères, alors la destruction trouve une place et le cœur s’endurcit. A chaque époque de l’histoire, malheureusement, il y a des Hérode qui trament des desseins de mort, détruisent et défigurent le visage de l’homme et de la femme".
 
"Je voudrais demander, je les en prie, à tous ceux qui occupent des responsabilités dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté d'être gardiens de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement. Ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde. Mais pour garder nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes! Rappelons-nous que la haine, l’envie, l’orgueil souillent la vie. Garder veut dire alors veiller sur nos sentiments, sur notre cœur, parce que c’est de là que sortent les intentions bonnes et mauvaises, celles qui construisent et celles qui détruisent. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse! Une remarque supplémentaire: Prendre soin, garder, demande bonté, demande d’être vécu avec tendresse. Dans les Evangiles, saint Joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son âme émerge une grande tendresse, qui n’est pas la vertu du faible, mais au contraire, dénote une force d’âme et une capacité d’attention, de compassion, de vraie ouverture à l’autre, d’amour. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse".
 
"Aujourd’hui, en même temps que la fête de saint Joseph, nous célébrons l’inauguration du ministère du nouvel Evêque de Rome, Successeur de Pierre, qui comporte aussi un pouvoir. Certes, Jésus-Christ a donné un pouvoir à Pierre, mais de quel pouvoir s’agit-il? A la triple question de Jésus à Pierre sur l’amour, suit une triple invitation: Sois le pasteur de mes agneaux, sois le pasteur de mes brebis. N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service et que le Pape aussi pour exercer le pouvoir doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la Croix, il doit regarder vers le service humble, concret, riche de foi, de saint Joseph et comme lui, ouvrir les bras pour garder tout le peuple de Dieu et accueillir avec affection et tendresse l’humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles, les plus petits, ceux que Matthieu décrit dans le jugement final sur la charité, celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison. Seul celui qui sert avec amour sait garder! Dans la deuxième lecture, saint Paul parle d’Abraham, qui, espérant contre toute espérance, a cru. Espérant contre toute espérance! Aujourd’hui encore devant tant de traits de ciel gris, nous avons besoin de voir la lumière de l’espérance et de donner nous-mêmes espérance. Garder la création, tout homme et toute femme, avec un regard de tendresse et d’amour, c’est ouvrir l’horizon de l’espérance, c’est ouvrir une trouée de lumière au milieu de tant de nuages, c’est porter la chaleur de l’espérance! Et pour le croyant, pour nous chrétiens, comme Abraham, comme Joseph, l’espérance que nous portons a l’horizon de Dieu qui nous a été ouvert dans le Christ, est fondée sur le rocher qui est Dieu. Garder Jésus et Marie, garder la création tout entière, garder chaque personne, spécialement la plus pauvre, nous garder nous-mêmes. Voici un service que l’Evêque de Rome est appelé à accomplir, mais auquel nous sommes tous appelés pour faire resplendir l’étoile de l’espérance, Gardons avec amour ce que Dieu nous a donné! Je demande l’intercession de la Vierge Marie, de saint Joseph, des saints Pierre et Paul, de saint François, afin que l’Esprit Saint accompagne mon ministère et je demande à tous de priez pour moi. Amen".

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DEBUT DU PONTIFICAT DU PAPE FRANCOIS: “N'AYEZ PAS PEUR DE LA TENDRESSE”

Cité duVatican, 19 mars 2013 (VIS). Protéger avec tendresse. Voilà la vocation de chacun. C'est le message du nouveau Pape. Peut-être sa ligne de gouvernement. Clair, simple, profond, engagé. Le tout dit en italien en une vingtaine de minutes seulement. Et la Place St.Pierre reste pensive jusqu'à la fin de la célébration (vers 11h20). Le recueillement du nouveau Pape se transmet comme s'il s'agissait de “faire la ola” avec plus de 200.000 personnes qui suivent la messe de début de pontificat. “C'est un Pape ponctuel... et qui est même en avance! En tout cas, c'est vrai aujourd'hui”, dit en allemand un catholique, arrivé il y a longtemps et qui a attendu des heures devant un écran de la Via della Conciliazione,.Des milliers d'autres personnes sont en train d'arriver. Il a raison.
 
Première improvisation: la jeep est apparue Place St.Pierre vers 8h50. Debout, le Pape François, souriant, avec sa soutane blanche, sa mosette, sa croix pectorale (celle qu'il avait déjà comme évêque), et ses chaussures noires (et non plus rouges), bénissant et saluant la foule. Et les gens commencent à courir avec leurs drapeaux, leurs enfants, leurs amis, leurs malades... Le Pape François prend un bébé dans ses bras, et au grand étonnement de tous, il est aussi descendu de la papamobile. Que se passe-t-il? Il a vu un infirme et veut le prendre et le bénir. Voici comment est le nouveau Pape, l'Argentin, le premier pape américain, le premier François, déjà chef de l'Eglise catholique, qui, aujourd'hui, s'est présenté au monde et qui en peu de jours a fasciné tant de monde. Le peuple le reconnaît déjà comme le Pape “prC'est la première fois que le Pape François parcourt la place en voiture. Et les gens veulent le voir, le mieux possible... Le nouveau Pape passe et repasse oche”, “simple”, “qui est comme un père”, qui salue d'un “ bonsoir ” et qui part avec un “bon appétit”. Le Pape qui, à la première heure ce matin a téléphoné à sa terre natale, où ses compatriotes l'accompagnaient depuis la Plaza Mayo de Buenos Aires, et, téléphone en main, en direct, surprenant tout le monde, a laissé un message: “N'ayez pas peur”. Les mêmes paroles qu'en 1978 avait dit l'un de ses prédecesseurs, le Pape polonais Karol Woytila.
d'une colonnade à l'autre. C'est peut-être le parcours le plus long qu'ait fait un Pontife romain en jeep rappelant ce que fut, il y a plus de XXI siècles, le cirque de Néron, ce site où les chercheurs s'accordent à dire aujourd'hui qu'il est le lieu du martyre de Pierre, le pêcheur, le premier Pape de l'Eglise catholique, et dont les restes sont enterrés dans cette même terre. Ce qu'il reste de la scène primitive, peut-être la seule chose, est le grand obélisque, apporté à Rome depuis Heliópolis sur ordre de l'empereur Caligula. Cet obélisque autour duquel des centaines d'ouvriers ont travaillé toute la nuit pour cette date historique.
 
Aujourd'hui, vingt-et-un siècles après, les témoins sont différents, et le spectacle aussi, bien que le protagoniste soit de nouveau un "homme commun": Jorge Mario Bergoglio, argentin, 76 ans, technicien en chimie. Il a 1.165.714.000 adeptes, les catholiques à travers le monde (quasiment 1 personne sur 6). Et cette fois, dans les "gradins" se trouvent des hommes et des femmes venus de plus de 127 pays du monde, venus "parce qu'ils l'ont voulu", comme l'a dit le Saint-Siège: "Le Vatican n'invite pas les uns ou les autres, non; le Vatican les informe tous, et offre un chaleureux accueil à celui qui vient, sans favoritisme et sans repousser personne". Et ils l'ont fait: 6 rois, 3 princes héritiers, 31 chefs d'état, 11 chefs de gouvernement... Et plus de 1200 prêtres ou séminaristes et 250 évêques catholiques … Mais le chiffre qui ne peut être comptabilisé est celui des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants et des vieillards, de toute condition, foi, langue, culture, catégorie, état, opinion.
 
Sont aussi présents à la cérémonie le patriarche oecuménique Bartholomée I, le Catholicos arménien Karekin II, le métropolitain Hilarion, du Patriarcat de Moscou, l'archevêque anglican, Sentamu, le secrétaire du Conseil œcuménique de l'Eglise, Fyske Tveit,... Et 16 juifs, rabbins, des communautés hébraïques les plus importantes au monde, et des chefs d'autres religions, musulmane, bouddhiste, sikh, ou jaïniste. En haut, dans ce que l'on appelle le"bras de Charlemagne", les caméras de près de 6000 journalistes couvrent l'évènement. Certains sont là depuis l'aube. Plusieurs sont au point culminant de leur travail à Rome, suivant au jour le jour, et parmi beaucoup d'autres choses, le briefing du Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, le Père Lombardi.
 
Mais voilà que commence la cérémonie. D'abord, à l'intérieur de la Basilique, par une vénération à la tombe de Pierre par le Pape François. Pour ce moment important, il a souhaité être accompagné des 10 patriarches, des archevêques des églises principales catholiques orientales. Seulement eux. Pourquoi? Peut-être pour manifester ainsi l'universalité de l'Eglise catholique, avec ses deux rites, oriental et latin, égaux dans leur essence et dignité. C'est de la tombe de saint Pierre, que partent l'évangéliaire, le pallium et l'anneau du pêcheur.
 
Dehors, sur la Place, le Saint-Siège a placé à droite de l'autel les ecclésiastiques non concélébrants; à la gauche, les autorités politiques et civiles. Un protocole dont la première norme n'est pas la richesse, mais la beauté. Aussi dans la splendeur des cantiques, entonnés par le choeur de la Chapelle Sixtine et de l'Académie pontificale de l'Institut de Musique Sacrée, le premier chant grégorien est: "Christ est Roi!". Déjà pendant la messe, pour l'offertoire, un motet de Palestrina avait été choisi, une pièce composée pour cette célébration : "Tu es le berger des brebis". Après, d'autres mélodies, dont certaines du maestro Vitoria, en plus du chant des litanies des saints qui s'est terminée avec les trois derniers papes saints: Grégoire VII, Pie IX et Pie X.
 
Deux moments de la cérémonie sont importants avant que ne commence la messe proprement dite, les rites par lesquels Jorge Mario Bergoglio devaindra le Pape François. D'abord, l'mposition du pallium, sorte d'écharpe confectionnée en laine d'agneau et remis au Saint-Père par le Cardinal protodiacre (le même qui annonça le nouveau Pape sur le balcon, le jour de l'élection), le Cardinal Jean-Louis Tauran. Le pallium représente le soin que le Bon Pasteur doit avoir avoir son troupeau, avec ses brebis, avec l'Eglise. Ensuite, le doyen des cardinaux, Angelo Sodano, remet au Pape François l'"anneau du pêcheur", dont l'image est Pierre avec les clefs, en argent doré. C'est celui qui avait été prévu pour Paul VI qui en avait choisi un autre, et que le nouveau Pontife a souhaité utiliser. Enfin, dernier rite: celui de l'obédience au nouveau Pape, rite accompli par six cardinaux, deux par ordre. Et où sont les autres représentants du Peuple de Dieu? Les catholiques, debout, offriront ce geste d'obédience au nouveau Pape en la cathédrale St-Jean de Latran au cours d'une céré monie prévue ces prochains jours
 
La messe commence. C'est celle de la solennité du Saint-Joseph, Patron de l'Eglise universelle. Les concélébrants sont au nombre de180: des cardinaux, les patriarches des églises catholiques qui ne sont pas des cardinaux, le secrétaire du collège cardinalice, et deux prêtres, les deux Espagnols qui occupent les charges de président et de vice-président de l'Union de Congrégation des ordres franciscain (P.Carballo) et jésuite, (le P.Adolfo de Nicolas). L'Evangile est ensuite proclamé en grec, par déférence au rite oriental. Après, c'est l'homélie du Pape François, en italien. Sur la place c'est le silence. Le Saint-Père très à l'aise semble avoir toujours été le Pape. Le texte a été remis aux journalistes par le Bureau de Presse du Saint-Siège auparavant, mais avec un avis: "Ce Pape aime improviser. Soyez très attentifs!". Non, le Pape rançois finalement n'a pas improvisé. Le Pape parle de saint Joseph, le montre en exemple, pour sa vocation, sa fidélité et sa disponibilité, comment il a su écouter Dieu, et comment il est attentif à tout ce qui lui arrive... Le Pape François lie cette vocation à celle de tous, à celle de chacun, et aussi à la sienne. Et voilà qu'il conclut avec un dénouement fort: la responsabilité de garder avec tendresse la création, de ne pas détruire ce que nous avons reçu, depuis la création, jusqu'à nous mêmes, ceux qui nous entourent, spécialement les plus pauvres. "Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse", a souligné le Pape. "Parce que nous sommes tous appelés à faire briller l'étoile de l'espérance protégeons avec amour ce que Dieu nous a donné". Le nouvel Evêque de Rome a conclu son homélie en demandant de prier pour lui. Place Saint-Pierre, le silence régnait. "Nous nous sommes tus, mais le volcan en pleine ébullition est en dedans de nous", commente un jeune, l'un de ces jeunes Italiens qui sont venus jusqu'ici avec leurs enfants, et parfois des bébés. A son côté, un groupe vient du Liban et rappelle les voyages au Liban de Jean-Paul II et de Benoît XVI. "Le Pape François, viendra aussi. Nous ensommes sûrs!".
 
Après la messe, le Pape s'est dirigée vers l'image de la Vierge au pied de l'autel, pour prier. Aussitôt après, on entendait déjà les cris des gens: Francesco! Francesco! Francesco!, avec les cantiques grégoriens, et les cloches de Saint-Pierre qui "sonnent la fête". Le Saint-Père est ensuite rentré dans la Basilique, où il a retiré les ornements sacrés, et devant l'Autel de la confession, a reçu le salut des représentants diplomatiques de 132 pays et de diverses organisations présentes à la messe. Les représentations les plus importantes ont été celles de l'Argentine (avec la présidente Mme Cristina Fernández de Kirchner et 19 autres membres du gouvernement) et celle de l'Italie, avec ses présidents de la République, du gouvernement, du Sénat, du Congrès et du Tribunal.
 
Déjà, dans les jours qui arrivent, le Pape François devra résoudre le problème de répondre aux millions d'e-mails qu'il a déjà reçus. Et cela alors qu'il n'y a pas encore de direction officielle

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